« Les Répu­bli­cains doivent défendre une Europe d’États-nations »
An anti-CETA sticker is pictured on an European flag during a demonstration against the so-called CETA trade deal outside the European Parliament in Strasbourg, eastern France, Wednesday, Feb.15, 2017. The European Union's parliament approved a trade deal with Canada, extolling the pact as a sign of cooperation at a time when many political forces, including U.S. President Donald Trump's administration, are trying to halt globalization.(AP Photo/Jean-Francois Badias)

« Les Répu­bli­cains doivent défendre une Europe d’États-nations »

En sep­tembre 2017 est entré en vigueur un nou­veau trai­té conclu entre le Cana­da et l’U­nion euro­péenne, dont les peuples d’Eu­rope ne connaissent que le nom : CETA, pour Com­pre­hen­sive Eco­no­mic and Trade Agree­ment. L’AECG (Accord Eco­no­mique et Com­mer­cial Glo­bal), puisque tel devrait être son nom en fran­çais, pose un redou­table défi aux démo­cra­ties du « Vieux conti­nent ». Il est en effet deve­nu l’in­car­na­tion d’une machine éco­no­mique qui échappe à ses concep­teurs, c’est-à-dire les nations, au pro­fit d’une logique entiè­re­ment mercantile.

La manière dont le trai­té est entré en vigueur est en soi extrê­me­ment cri­ti­quable. Aucun par­le­ment natio­nal n’a été en mesure de débattre de ce trai­té, négo­cié par les exé­cu­tifs et la Com­mis­sion euro­péenne. Le Par­le­ment euro­péen a certes été consul­té et a approu­vé par 408 voix contre 254 le texte, mais il ne peut pré­tendre incar­ner la volon­té des peuples, car il n’y a pas, n’en déplaise au pré­sident de la Répu­blique, de fan­tas­ma­go­rique « peuple euro­péen ». D’ailleurs, nous pou­vons prendre l’exemple de la France : seuls 16 des 74 euro­dé­pu­tés fran­çais ont voté pour. En d’autres termes, 78 % de « Non » qui ont été balayés par les autres pays. Ce sont des pays comme la Croa­tie, la Rou­ma­nie, la Slo­va­quie, l’Es­to­nie ou le Luxem­bourg – dont les repré­sen­tants ont le plus mas­si­ve­ment voté pour – qui ont fait pas­ser ce texte. La poli­tique éco­no­mique fran­çaise peut-elle accep­ter ceci, sur des sujets vitaux ?

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