L’Égypte, l’Orient, la Grèce

L’Égypte, l’Orient, la Grèce

La pyramide de Khéops vient de livrer de nouveaux secrets. Faut-il s’étonner de la fascination qu’elle suscite  ?

Une pleine page du Figaro nous a informés de la probable découverte d’une chambre inconnue dans la pyramide de Khéops. Dans un raccourci toujours passionnant quoique malhabile, l’article débute ainsi  : «  C’est un trou qui risque de faire parler de lui pendant longtemps. Il faut dire que c’est un grand trou.  » (sic) Cette formule grammaticale osée n’est pas une évocation scabreuse – mais bien le récit de la découverte d’un espace vide dans la Grande Pyramide, grâce à des technologies complexes fondées sur la mesure de «  particules très énergétiques  ».

Cette information est passionnante. Pas seulement parce que Dassault Systèmes est une des entreprises à l’œuvre dans la démarche en cours (aucun rapport avec la page du Figaro), mais parce que cette dernière Merveille du monde que reste la Grande Pyramide est un lointain neurone de notre mémoire collective.

«  L’Égypte, l’Orient, la Grèce  », tel était le titre du manuel d’histoire des années 1960 qui donnait à nos chères têtes blondes, brunes ou rousses un aperçu de nos racines successives – et donc chronologiques. La non regrettée Najat eût pu y voir ,en toute partialité, un éloge du multiculturalisme.

L’Égypte fut simplement le lieu politique durable du premier effort des hommes pour ordonner le monde dans ses dimensions sensibles et intellectuelles, matérielles et transcendantes. C’est d’Égypte que Moïse et les Hébreux sont partis pour une aventure nouvelle. C’est en Égypte que la Sainte Famille s’est un temps réfugiée avant une aventure nouvelle. C’est en Égypte que César et Marc-Antoine ont tenté l’alliance des deux parties du monde méditerranéen, espérant débuter, après Alexandre, une aventure nouvelle.

La civilisation pharaonique nous est aussi lointaine et aussi familière que l’Odyssée ou la Divine Comédie. Beaucoup ont oublié cela, mais la pyramide de Khéops les fascine. Pérennité des images. Suivons le feuilleton de la Grande Pyramide, il n’est pas qu’un exotisme. Ce passé est aussi le nôtre.

Ulysse Chollier