You are currently viewing Nico­las Hulot, ministre éco­lo­giste dans une Répu­blique qui ne l’est pas…
|

Nico­las Hulot, ministre éco­lo­giste dans une Répu­blique qui ne l’est pas…

La nomi­na­tion de Nico­las Hulot au minis­tère de la tran­si­tion éco­lo­gique était une rumeur insis­tante depuis mar­di soir avant de deve­nir une réa­li­té ce mer­cre­di : c’est, comme le disait un com­men­ta­teur, une « belle prise » pour le pré­sident, mais il n’est pas cer­tain que cela plaise beau­coup aux notables socia­listes de Nantes et de Rennes, atta­chés de façon vis­cé­rale à la construc­tion d’un nou­vel aéro­port inter­na­tio­nal à Notre-Dame-des-Landes. Car l’ac­cep­ta­tion de M. Hulot laisse entendre que le pro­jet n’est plus, en tant que tel, d’ac­tua­li­té, et, désor­mais, c’est vers un réamé­na­ge­ment de l’ac­tuel aéro­port de Nantes-Atlan­tique que l’on se dirige, ce qui paraît plus rai­son­nable et moins coû­teux, tant sur le plan finan­cier qu’en­vi­ron­ne­men­tal. Per­son­nel­le­ment, je me réjouis, si l’in­for­ma­tion se confirme (1), de l’a­ban­don d’une struc­ture aéro­por­tuaire qui ris­quait de dévas­ter le der­nier exemple de bocage tra­di­tion­nel de l’Ouest du pays : au-delà des espèces de flore et de faune ain­si sau­vées, c’est aus­si la sau­ve­garde d’un pay­sage qui, jadis habi­tuel en Bre­tagne, est deve­nu excep­tion­nel, voire unique sur une telle super­fi­cie de près de 3.000 hec­tares.

Néan­moins, M. Hulot pour­ra-t-il faire face aux nom­breux groupes de pres­sion finan­ciers et éco­no­miques (de Veo­lia à Vin­ci) qui, aujourd’­hui, semblent mener le jeu en Répu­blique ? En aura-t-il les moyens et sera-t-il sou­te­nu par les ins­tances de l’État et par un gou­ver­ne­ment qui ne brille pas vrai­ment par sa colo­ra­tion éco­lo­gique ? A moins que le pré­sident Macron décide d’en­ga­ger une véri­table poli­tique de tran­si­tion, de l’État-béton à « l’État-beauté » comme le disait joli­ment un ami roya­liste écri­vain et poète ? En fait, les mois à venir répon­dront pro­ba­ble­ment à cette ques­tion, et il n’est pas assu­ré qu’elle soit com­plè­te­ment positive.

La suite