Une can­di­da­ture roya­liste à la pré­si­den­tielle, est-ce pos­sible ? Par­tie 1 : la can­di­da­ture Renou­vin, en 1974 et 1981.

Une can­di­da­ture roya­liste à la pré­si­den­tielle, est-ce pos­sible ? Par­tie 1 : la can­di­da­ture Renou­vin, en 1974 et 1981.

Il y a deux semaines le quo­ti­dien La Croix consa­crait un dos­sier aux « petits can­di­dats », ceux qui ne dis­posent pas du sou­tien d’un par­ti de gou­ver­ne­ment ni de celui de puis­sances finan­cières, et évo­quait leurs dif­fi­cul­tés à récol­ter les fameux par­rai­nages qui doivent leur ouvrir le champ de l’é­lec­tion elle-même. L’oc­ca­sion pour mon compte de réflé­chir quelque peu à l’his­toire des can­di­da­tures roya­listes à l’é­lec­tion pré­si­den­tielle sous la Cin­quième Répu­blique, et d’en tirer quelques leçons pour demain plus encore qu’aujourd’hui.

En plus d’un demi-siècle de la Répu­blique fon­dée par de Gaulle, il n’y a eu, à ce jour et sans pré­ju­ger des pro­chaines échéances d’a­près 2017, qu’un seul can­di­dat effec­tif qui appar­te­nait au mou­ve­ment (au sens large du terme) roya­liste : Ber­trand Renou­vin, en 1974, sou­te­nu par la Nou­velle Action Fran­çaise (NAF) qui, sans faire un score miro­bo­lant (envi­ron 42.000 voix, soit 0,17 % des suf­frages expri­més), per­mit de faire entendre une réflexion monar­chiste sur la ques­tion et la crise de l’État sous la Cin­quième deve­nue celle des par­tis, et de prendre place dans le pay­sage poli­tique fran­çais pour quelques décen­nies. Encore aujourd’­hui, c’est vers lui, le plus sou­vent, que l’on se tourne quand on veut connaître le point de vue des roya­listes poli­tiques, y com­pris dans un récent docu­men­taire télé­vi­sé sur Emma­nuel Macron.

Bien sûr, M. Renou­vin n’a pas l’am­bi­tion de repré­sen­ter tous les roya­listes, et cela serait, au regard de la dis­per­sion de ceux-ci, une gageure bien impos­sible (et sans doute peu sou­hai­table pour lui et peu sou­hai­tée par les autres) à rele­ver : il y a, entre l’ac­tuelle Nou­velle Action Roya­liste (issue de l’an­cienne « NAF » de 1974) et l’Ac­tion Fran­çaise ou l’Al­liance Royale, peu de choses en com­mun si ce n’est l’é­ti­quette de « roya­liste » reven­di­quée par les uns et les autres groupes ou mou­ve­ments. Les roya­listes sont aus­si divers (ver­sion opti­miste) ou divi­sés (ver­sion pes­si­miste) que peuvent l’être les par­ti­sans de la Répu­blique ! Si tous vantent l’u­ni­té que peut pro­cu­rer la Monar­chie, ils n’en sont pas eux-mêmes adeptes pour leurs for­ma­tions mili­tantes et, d’ailleurs, rien d’illo­gique à cela. Dans un sens, c’est même plu­tôt une bonne chose et cela per­met d’at­teindre des publics variés, par­fois très éloi­gnés les uns des autres. Après tout, le roya­lisme vise à l’u­ni­té par la Monar­chie, mais pas à la confu­sion des dif­fé­rences et des idées…

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