Plus que jamais… Poli­tique d’a­bord !

Plus que jamais… Poli­tique d’a­bord !

Intro­duc­tion de l’É­tu­diant fran­çais 1

 

Il est de vieilles véri­tés qui ne dépendent de per­sonne. Elles s’im­posent à tous. L’Ac­tion fran­çaise les a for­te­ment éta­blies ; elle a mon­tré que, à les mécon­naître, c’est à soi-même que l’on fai­sait d’a­bord du mal.

 

La monar­chie en France est le moyen néces­saire de l’ordre, du pro­grès, et, par consé­quent, des réformes réelles, de toutes celles qui ne sont pas des trompe-l’œil.

 

Ordre social, ordre natio­nal, ordre éco­no­mique et moral, il y faut d’a­bord la monar­chie ins­tal­lée, le roi régnant et gou­ver­nant.

 

Qui ren­verse cet ordre se moque du public et tue la pro­pa­gande.

 

Que, au sur­plus, ce ren­ver­se­ment de l’ordre des fac­teurs natu­rels puisse être l’œuvre de roya­listes, il y a de quoi en tirer des réflexions assez amères ; car, si l’ordre et la conser­va­tion, le pro­grès et les réformes, la satis­fac­tion des tra­vailleurs et les néces­si­tés géné­rales de la pro­duc­tion étaient réa­li­sables en démo­cra­tie répu­bli­caine, la monar­chie ne ser­vi­rait plus à rien et les roya­listes ne pro­po­se­raient plus au pays qu’un orne­ment inutile, para­si­tique et coû­teux.

 

Toute appli­ca­tion réelle d’un pro­gramme social sérieux com­porte donc d’a­bord une réor­ga­ni­sa­tion poli­tique réelle ayant éli­mi­né la démo­cra­tie et réta­bli en fait la monar­chie.

 

Poli­tique d’a­bord.

 

Le véri­table fon­da­teur de la doc­trine sociale catho­lique, le mar­quis de la Tour du Pin, avait un moment dou­té de la prio­ri­té du Poli­tique :

 

C’é­tait en 1892, quand les ins­truc­tions pon­ti­fi­cales conseillaient le ral­lie­ment à la Répu­blique. Mais la réflexion et l’ex­pé­rience détour­nèrent la Tour du Pin ; elles lui firent voir et tou­cher du doigt l’er­reur de son doute tran­si­toire. Le 21 jan­vier 1909, il écri­vait à Charles Maur­ras : « J’a­per­çois dans votre œuvre, et dans elle seule­ment, la voie du salut bien repé­rée. »

 

Ensei­gne­ment auquel il est indis­pen­sable de se réfé­rer aujourd’­hui.

 

Aujourd’­hui, en effet, quelques sots, manoeu­vrés par des intri­gants sus­pects, prônent une « pro­pa­gande sociale » qu’ils opposent au « Poli­tique d’a­bord ».

 

— Sans doute, disent-ils, « Poli­tique d’a­bord » est une bonne posi­tion doc­tri­nale, mais dans la pra­tique doit lui être sub­sti­tuée une savante pro­pa­gande « sociale » en vue d’at­teindre les « masses », fin du fin, suprême objec­tif des habiles !

 

Ques­tion de tac­tique, de manœuvre encore, ajoutent ces malins ; et, ce fai­sant, assurent ces mes­sieurs, s’ils ne sont plus d’ac­cord avec l’Ac­tion fran­çaise, ils sont fidèles au « maur­ras­sisme ».

 

Le « maur­ras­sisme » a bon dos, mais Charles Maur­ras ne se laisse pas grim­per sur l’é­chine.

 

Nous avons la bonne for­tune de pou­voir publier la lettre que, voi­ci deux mois, Charles Maur­ras adres­sait à un ami ; cet expo­sé fami­lier, tout de bons sens, d’ex­pé­rience et de cal­cul ration­nel, fera peut-être réflé­chir.

L’É­tu­diant fran­çais.

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