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Cachez cette femme que je ne saurais voir !

Galavanisées par leur hantise de Donald Trump, les féministes battent des records de bêtise.

Lors de l’investiture du président des États-Unis Donald J. Trump, des centaines de milliers de femmes, relayées et appuyées par les médias et les stars d’Hollywood, ont défilé pour protester contre son élection. Cela dans le cadre d’une « marche des femems sur Washington » (Women’s March on Washington). Parmi leurs symboles ? Une femme coiffée d’un hijab fait à partir du drapeau américain. Un dessin signé Shepard Fairey, qui était déjà l’auteur du célèbre « Yes we can », souvenir déjà terni de la génération Obama et de ses amours trahies. Pour un pays qui s’est bâti sur la liberté, l’insulte de ce voile, symbole de soumission, est presque trop grosse pour être commentée.

De Washington à Téhéran

Si le phénomène des Women’s Marches a été suivi à Londres, Stockholm, Paris et même ailleurs en France, il n’y en a pas eu au Caire, ni à Riyad, Islamabad ou Téhéran. C’est le signe que, quoi qu’en disent les féministes occidentales, les préoccupations des femmes musulmanes sont différentes des leurs, voire opposées. Les féministes en marche semblent totalement déconnectées de la réalité que vivent les femmes américaines, mais plus encore de celle des femmes iraniennes. Si l’Iran n’est pas l’Arabie saoudite, il n’en demeure pas moins qu’il y existe un code vestimentaire assez strict, notamment pour les cheveux (encore que les Iraniennes soient assez rebelles de nature et laissent quelques mèches jaillir du hijab ou du tchador). C’est de cette réalité qu’est née My Stealthy Freedom (« Ma Liberté discrète »), sous l’impulsion de la journaliste Masih Alinejad, en 2014. Il s’agit d’un mouvement qui incite les Iraniennes à se prendre en photo ou se filmer sans hijab dans un geste militant. L’idée n’est pas de combattre le hijab ou l’islam mais de revendiquer la possibilité de faire un choix comme avant la Révolution islamique de 1979, quand les Iraniennes allaient à l’université tête et jambes nues.

Dans quels pays les droits des femmes sont-ils bafoués ?

De l’autre côté de la Terre, les féministes occidentales, en l’occurrence américaines, tentent de faire croire que Donald Trump est un tyran fasciste. Nous passerons sur le fait qu’il n’a, lui, organisé aucune marche sur Washington, mais qu’il participe d’un mouvement populiste et populaire auquel Bernie Sanders, adversaire et concurrent malheureux d’Hillary Clinton, n’est pas si étranger. Trump serait donc un danger pour la liberté et contre les libertés individuelles : celles des femmes, Noirs, musulmans, minorités sexuelles… Mais quels droits et libertés sont bafoués, notamment aux dépens des femmes, aux États-Unis ? Conduire, voter, boire de l’alcool, se vêtir à sa convenance, se marier, divorcer, hériter, avoir des relations sexuelles avec qui on l’entend, ester en justice ? Il ne manque absolument rien. On peut s’en réjouir ou en déplorer les excès, mais la Constitution américaine est extrêmement permissive. Les protestations, les cris, les menaces et les incendies de véhicules ne sauraient rien y changer : quel que soit le regard que l’on porte sur lui, il vaut mieux, objectivement, être une femme dans les États-Unis de Trump si l’on est progressiste comme le sont ses adversaires. Les femmes iraniennes de My Stealthy Freedom (mais pas seulement) ne s’y sont pas trompées, critiquant et repoussant cette “solidarité” voilée venue d’ailleurs, hors-sol et hors du temps. Le « choc des civilisations », théorisé par Samuel Huntington dans les années quatre-vingt-dix, semble prendre au XXIe siècle un aspect étrange, où ce qui est “progressiste” pour les uns est “rétrograde” pour les autres. Il semblerait que l’Amérique, traversée de crises et de tensions communautaires, tende à donner au monde un autre signal que celui de la liberté éclairant le monde.

Hubert Dubois