Jean de France : « Seule la royau­té peut incar­ner la France »

Jean de France : « Seule la royau­té peut incar­ner la France »

Je ne ferai à per­sonne le pro­cès de man­quer de carac­tère ! Mais les ins­ti­tu­tions font la dif­fé­rence. La crise oblige à gou­ver­ner. Nos diri­geants actuels ne manquent pas de savoir-faire mais ils manquent de temps et sur­tout d’une vision de long terme. Demain, ils ne seront plus là. Or la crise que nous affron­tons est une crise de longue durée. Seule la monar­chie offre à la fois la sou­plesse et la sta­bi­li­té néces­saires pour gui­der le pays dans les temps trou­blés que nous vivons.

Cela, c’est l’argument de rai­son. Mais je pense aus­si que les Fran­çais sont atta­chés à la monar­chie et même, si l’on peut dire, qu’ils sont « en manque de Prince ». Chaque fois qu’un sou­ve­rain étran­ger vient en France, les foules suivent son dépla­ce­ment avec inté­rêt sou­vent mêlé d’une affec­tion sin­cère. Est-ce que cela peut se tra­duire, en France, dans les ins­ti­tu­tions ? Oui si l’on fait preuve de péda­go­gie, car c’est un cadre intel­lec­tuel qu’il convient d’abord d’établir.

Je prends tou­jours soin de dis­tin­guer la royau­té de la monar­chie. La royau­té exprime un lien per­son­nel, fami­lial, dynas­tique, reli­gieux, social, poli­tique. C’est un état d’esprit favo­rable à la vie et je dirais même à l’amitié. La monar­chie, c’est la forme ins­ti­tu­tion­nelle qui cor­res­pond à cet état d’esprit. Pour l’instaurer dura­ble­ment, il faut d’abord réta­blir la royau­té. Expli­quer aux Fran­çais que la France pour se redres­ser, a besoin de durée, de sta­bi­li­té. Et qu’ils ont besoin, pour se retrou­ver, d’un arbitre impar­tial qui veille à l’unité de la nation et, plus encore, leur mani­feste un amour vrai, sin­cère et tan­gible. Je pense qu’alors les Fran­çais pour­ront confondre et réunir dans une même affec­tion leur pays et le roi.

Le pays s’incarne dans son roi et même dans une famille. C’est la grande idée capé­tienne. Le prince s’inscrit dans la chaîne des temps, la grande chaîne de l’être, celle qui ne rompt pas : « le roi est mort, vive le roi ! » La conti­nui­té est assu­rée par la trans­mis­sion patri­mo­niale du royaume et des charges liées à sa ges­tion. Les inté­rêts du Prince coïn­cident avec ceux du royaume.

Le monarque incarne réel­le­ment la France dans son ensemble. Il la repré­sente non pas sur un monde abs­trait, mais d’une manière qui prend en compte les réa­li­tés phy­siques du pays. Le roi et la famille royale repré­sentent des per­sonnes dans leurs sin­gu­la­ri­tés, en tant qu’elles s’inscrivent dans un héri­tage, une trans­mis­sion, une ami­tié. Le roi a un rap­port per­son­nel, car incar­né, avec l’ensemble de ses sujets, et non pas seule­ment avec ceux qui l’ont élu, ou ceux dont il brigue le suf­frage en vue de la pro­chaine élec­tion.

Un pré­sident de la Répu­blique ne peut pas éta­blir avec les Fran­çais des rap­ports aus­si étroits. Parce que la Répu­blique n’est pas une réa­li­té tan­gible, parce qu’elle est une idée, qui ne par­vient pas à s’incarner. La Répu­blique n’est pas concrète, le Royaume l’est. Marianne est une allé­go­rie, le Prince est humain, il a un corps, une voix et un visage. Je dirais même qu’il a les pieds sur terre.

Source : www.la-couronne.org