Le Pape de l’ouverture

Le Pape de l’ouverture

Le pape François tient à laisser sa marque dans tout l’édifice de la chrétienté. Pas un domaine où il n’agit à sa manière (qui est moins la lente transformation des cœurs et des esprits que l’affirmation d’une volonté assez roide et ombrageuse), tâchant à chaque fois de bouleverser suffisamment la donne pour qu’aucun retour en arrière ne soit possible.

La diplomatie vaticane n’est pas en reste et François se veut le grand artisan de la réconciliation avec la Chine communiste.

Mais sur quelle base ? En novembre 2016, le Vatican n’avait pas hésité à désavouer « des ordinations épiscopales conférées sans mandat pontifical à des prêtres de la communauté non-officielle de l’Église catholique en Chine continentale. », l’église non-officielle c’est-à-dire la “vraie”, pas la Patriotique (l’Association patriotique catholique chinoise), inféodée au Parti. Sans rentrer dans le détail, brumeux, de ce désaveu, la formule avait alors frappé par sa manière de reconnaissance officieuse de l’église prétendument officielle…

Alors, le Vatican va-t-il brader plusieurs dizaines d’année de fidélité douloureuse à Rome, c’est-à-dire des milliers d’années de travaux forcés, d’assignation à résidence, d’interdiction d’exercer telle ou telle profession – et des milliers de martyrs ? Une fois encore, alors que le pape François ne jure que par l’horizontalité du pouvoir et la qualité des réflexions synodales délocalisées, le point de vue des catholiques locaux ne paraît pas avoir été pris en compte. Que craignent-ils ? Moins la tutelle, habitués qu’ils sont à la persécution, que les variations de la doctrine. Benoit XVI avait déjà œuvré au rapprochement, à sa manière discrète, n’éprouvant pas le besoin d’apparaitre systématiquement comme celui qui ouvre grand les portes et fait souffler un vent nouveau dans la vieille et vénérable maison (déjà habitée par l’Esprit, qui s’y connait en souffle). Mais le pape François veut aller vite, et le faire savoir. Va-t-il ranger les catholiques dissidents sous la coupe du Parti communiste, faisant bon marché de son idéologie au prétexte que la miséricorde des cœurs transcende toute doctrine ?

Léon XIII croyant acheter les faveurs de la république française, ou Pie XI sacrifiant les Cristeros ont eux aussi cru assurer la grandeur de l’Église en faisant bon marché de ses fidèles, de leurs luttes et de leurs avertissements.