L’hom­mage mal­ve­nu ren­du à Steve Jobs

L’hom­mage mal­ve­nu ren­du à Steve Jobs

Une rue de Paris va célé­brer la mémoire du cofon­da­teur d’Apple. C’est oublier la contri­bu­tion des Fran­çais au déve­lop­pe­ment de l’informatique. 

Louis Pou­zin, Gérard Le Lann, Fran­çois Flü­cki­ger, le pro­jet Cyclades et le Mini­tel : ils sont fran­çais, ont eu un rôle majeur, sinon cru­cial, dans le déve­lop­pe­ment de l’in­ter­net moderne, mais n’ont pas de rue à leur nom. Contrai­re­ment à Steve Jobs, cofon­da­teur d’Apple, immor­ta­li­sé par le maire socia­liste du 13e arron­dis­se­ment de Paris, qui aura pro­chai­ne­ment une rue à son nom dans la capi­tale, aux abords de la Halle Freys­si­net. Sans la France, sans ces ingé­nieurs aujourd’­hui oubliés, Inter­net n’exis­te­rait pas. Peut-on en dire autant de Steve Jobs ? Rap­pe­lons le pas­sif du per­son­nage : com­mer­cial de génie, n’ayant jamais rien pro­duit par lui-même ; véri­table tyran d’en­tre­prise, ter­ro­ri­sant tout autant ses sala­riés amé­ri­cains que les esclaves chi­nois tra­vaillant pour lui ; fos­soyeur de l’in­ter­net libre, pré­fé­rant un éco­sys­tème logi­ciel fer­mé et hon­teu­se­ment cher. Le per­son­nage est bien sûr loué par tous les bien-pen­sants, les guer­riers de la jus­tice sociale et autres consom­ma­teurs de café équi­table, plus avides de confor­misme que de cohé­rence. Ils voient en lui un « vision­naire », un « inno­va­teur », un « génie par­ti trop tôt » voire même un « artiste du capi­ta­lisme ». Bigre ! En France, pays d’in­gé­nieurs de haut vol, les élus socia­listes pré­fèrent un escroc, un impos­teur et un mar­chand aux dignes arti­sans d’In­ter­net. Faire de Steve Jobs un modèle pour la jeu­nesse, c’est encou­ra­ger le pillage anglo-saxon sur l’in­ven­ti­vi­té fran­çaise. C’est gon­fler l’é­go de com­mer­ciaux déjà pleins de morgue. C’est encore un fois rabais­ser la valeur du tra­vail hon­nête et rému­né­ra­teur pour encou­ra­ger le vol, la spé­cu­la­tion et la médio­cri­té. C’est don­ner rai­son à la consom­ma­tion com­pul­sive d’ap­pa­reils mono­li­thiques, jetables lors­qu’une nou­velle ver­sion sort. Hélas, une rue à son nom a donc toute sa place dans le Paris du XXIe siècle.