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Joyeux anni­ver­saire Linux !

L’i­cône des logi­ciels libres fête ses vingt-cinq ans. Vingt-cinq ans au cours des­quels le roi Tor­valds n’a pas ces­sé de veiller sur le pro­jet qu’il avait initié.

Linux fait figure d’ex­cep­tion dans le monde de l’in­gé­nie­rie logi­cielle. Il est le seul pro­jet libre de cette ampleur à fonc­tion­ner depuis vingt-cinq ans. Linus Tor­valds, son créa­teur, le dirige encore aujourd’­hui d’une main ferme, à la manière d’un véri­table monarque. Comme tout logi­ciel libre, Linux peut être uti­li­sé, modi­fié, dupli­qué et dif­fu­sé sans aucune contrainte. Sa spé­ci­fi­ci­té vient de la pro­prié­té de la marque Linux par Linus Tor­valds. N’im­porte qui peut ins­tal­ler Linux, le modi­fier et dif­fu­ser ses modi­fi­ca­tions, mais seul Linus Tor­valds décide des modi­fi­ca­tions qui seront incluses dans le logi­ciel dési­gné par le nom de Linux. Cha­cun est en revanche libre de publier des modi­fi­ca­tions refu­sées sous un autre nom. Pour­tant, la popu­la­ri­té de Linux empêche bien sou­vent les mécon­tents de s’é­loi­gner de la branche prin­ci­pale. Cela garan­tit une cer­taine sta­bi­li­té au pro­jet Linux. 

Une monar­chie heureuse

Dès les pre­mières années du pro­jet, des cen­taines de déve­lop­peurs sont venus contri­buer libre­ment au pro­jet Linux. Cette com­mu­nau­té pro­dui­sait trop de modi­fi­ca­tions pour que Linus puisse seul les ana­ly­ser et les incor­po­rer à Linux. Il a donc déci­dé la créa­tion d’un sys­tème de lieu­te­nants, un pour chaque grande par­tie du sys­tème (son, pro­ces­seur, mémoire …). Chaque lieu­te­nant est res­pon­sable devant lui de la qua­li­té du code qu’il valide. Tout déve­lop­peur qui sou­haite contri­buer au pro­jet Linux doit envoyer ses modi­fi­ca­tions à un lieu­te­nant, qui vali­de­ra ses modi­fi­ca­tions et les regrou­pe­ra avec d’autres, afin de les pré­sen­ter à Linus. En cas de conflit entre deux lieu­te­nants, Linus tranche, avec un lan­gage sou­vent très fleu­ri. Ce sys­tème dure encore aujourd’­hui, alors que des mil­liers de déve­lop­peurs contri­buent au plus gros pro­jet libre du monde. Basés sur l’i­déo­lo­gie liber­taire du logi­ciel libre, beau­coup de pro­jets échouent faute d’une vision cohé­rente. La ges­tion de pro­jet monar­chique de Tor­valds a pro­té­gé Linux des scis­sions et des affron­te­ments d’é­gos, lui per­met­tant de dépas­ser la barre des vingt-cinq ans. Il n’est pas pour autant un tyran : il juge les modi­fi­ca­tions sous l’angle du bien du pro­jet et laisse des liber­tés par­tout où les règles ne sont pas néces­saires. Si cela n’a­vait pas été tou­jours le cas, les déve­lop­peurs seraient sim­ple­ment par­tis. Le pro­jet, aujourd’­hui, est assez stable et sérieux pour que de grandes entre­prises allouent des cen­taines de sala­riés au déve­lop­pe­ment de Linux.

Quelle suc­ces­sion ?

Le prin­ci­pal point faible de Linux est la suc­ces­sion de Tor­valds : aucun suc­ces­seur n’a été dési­gné ou ne res­sort. Il est cer­tain que sans ordre, sans chef et sans guide, la com­mu­nau­té Linux devien­dra un pauvre trou­peau. Il n’y a pas encore lieu de s’a­lar­mer : à qua­rante-six ans, le « dic­ta­teur bien­veillant » se porte bien. Néan­moins, la com­mu­nau­té Linux devrait sérieu­se­ment réflé­chir à la ques­tion. En atten­dant, joyeux anni­ver­saire Linux !