Un héré­tique contre les droits de l’homme

Un héré­tique contre les droits de l’homme

Selon Jean-Louis Harouel, les droits de l’homme consti­tuent une véri­table reli­gion ; ils imposent une tyran­nie de l’a­mour de l’autre jus­qu’à la détes­ta­tion de soi, explique-t-il en substance.

Depuis l’a­près-guerre, les droits de l’homme ont pris une place cen­trale tant au niveau poli­tique qu’au niveau judi­ciaire, mais aus­si comme socle de notre héri­tage com­mun – une place cen­trale qui cor­res­pond à un cer­tain déli­te­ment de la nation, de nos iden­ti­tés, dont l’is­lam et l’im­mi­gra­tion sont les symp­tômes visibles. Dans son ouvrage Les droits de l’homme contre le peuple, Jean-Louis Harouel s’at­taque à ce qu’il nomme « la reli­gion sécu­lière des droits de l’homme ». Par­tant du constat de l’exis­tence d’une guerre de civi­li­sa­tion, il s’in­ter­roge sur les causes qui ont mené nos États à se sou­mettre à une immi­gra­tion de peu­ple­ment et à une reli­gion extra-européenne.

Regrou­pe­ment familial

Consa­crés en 1789, les droits de l’homme ont connu un épa­nouis­se­ment poli­tique au XXe siècle et sont aujourd’­hui consti­tu­tion­na­li­sés : en France par le pré­am­bule de la consti­tu­tion de 1946 repris par celle de la Ve Répu­blique de 1958. À cet épa­nouis­se­ment poli­tique des droits de l’homme s’a­joute un déve­lop­pe­ment judi­ciaire incar­né par le fameux arrêt Gis­ti de 1978, dans lequel le Conseil d’E­tat a don­né le droit aux étran­gers rési­dant régu­liè­re­ment en France de mener « une vie fami­liale nor­male », vali­dant ain­si, par le pou­voir des juges, le regrou­pe­ment fami­lial. Avant d’ap­pa­raître dans le cadre poli­ti­co-juri­dique, les droits de l’homme s’é­taient impo­sés comme une véri­table reli­gion, et ce dès le XIXe siècle. Saint-Simon ou Leroux n’hé­si­taient pas à pro­po­ser une reli­gion huma­ni­taire, empreinte de l’es­prit des droits de l’homme et nour­rie du mil­lé­na­risme et de la gnose par sa néga­tion de la matière, sa condam­na­tion de toute forme de règle et de struc­ture éta­blie comme la famille ou la pro­prié­té. Cette ins­pi­ra­tion est éga­le­ment mil­lé­na­riste en ce qu’elle pro­pose un salut col­lec­tif ter­restre plu­tôt qu’une rédemp­tion indi­vi­duelle et céleste, dérive que l’on retrouve dans les idéo­lo­gies tota­li­taires du XXe siècle et qui vise à entre­te­nir l’i­dée d’un monde par­fait. Le mil­lé­na­risme des droits de l’homme tend ain­si à asseoir l’é­ga­li­té contre la liber­té héri­tée de nos civi­li­sa­tions chré­tiennes, en pas­sant de l’es­pé­rance à l’u­to­pie. C’est dans le mar­xisme que s’est déve­lop­pée le plus signi­fi­ca­ti­ve­ment cette volon­té mil­lé­na­riste, et c’est sur ses ruines que les démo­cra­ties modernes déve­loppent main­te­nant des régimes dont l’al­pha et l’o­mé­ga résident dans les droits de l’homme.

Rup­ture avec le christianisme

Les droits de l’homme contre le peuple tord le cou à l’i­dée selon laquelle les droits de l’homme seraient des « idées chré­tiennes deve­nues folles ». Pour l’au­teur, il s’a­git plu­tôt d’une rup­ture avec la tra­di­tion de l’Oc­ci­dent chré­tien, qui s’est bâti sur la dis­tinc­tion entre pou­voir spi­ri­tuel et tem­po­rel. En lieu et place du chris­tia­nisme, la nou­velle reli­gion impose une tyran­nie de l’a­mour de l’autre jus­qu’à la détes­ta­tion de soi. Les droits de l’homme donnent un cadre légal à la fra­ter­ni­té et font de ce qui relève natu­rel­le­ment de la morale indi­vi­duel une obli­ga­tion publique. La bre­bis éga­rée vaut désor­mais plus que toutes les autres réunies. Non contente d’im­po­ser sa nou­velle morale, qui se confond par­fai­te­ment avec ce que cer­tains nomment les « valeurs répu­bli­caines », la reli­gion sécu­lière des droits de l’homme ins­talle un sys­tème poli­ti­co-reli­gieux coer­ci­tif, où les indi­vi­dus sont muse­lés dans une socié­té sur­ré­gle­men­tée qui sup­prime la liber­té d’ex­pres­sion, per­çue comme une forme de blas­phème et lar­ge­ment assi­mi­lée à un crime religieux.

La croix et le croissant

Des­crip­tif, cet ouvrage per­met de s’ar­mer d’un véri­table outil péda­go­gique pour com­battre l’i­déo­lo­gie reli­gieuse des droits de l’homme. Les pistes de réflexions ouvertes par l’au­teur donnent éga­le­ment à pen­ser : si le blo­cage des flux migra­toires peut appa­raître comme une évi­dence, la mise en place d’un régime déro­ga­toire dis­cri­mi­na­toire pour l’is­lam, en s’ins­pi­rant du modèle suisse, est plus ori­gi­nale. L’au­teur pré­co­nise aus­si la réap­pro­pria­tion de nos sym­boles, comme la croix qui, outre son aspect reli­gieux, fait par­tie inté­grante de la sym­bo­lique de notre culture européenne.