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Traité modificatif européen

Non, c'est toujours non !

Par Pierre Pujo

Nicolas Sarkozy a obtenu ce qu'il voulait. Les vingt-sept membres de l'Union européenne ont signé à Lisbonne le 20 octobre un "traité simplifié" remplaçant le traité constitutionnel que les Français avaient rejeté le 29 mai et les Hollandais le 1er juin 2005 mais devant lequel les Anglais et les Italiens, les Allemands, les Espagnols et les Polonais rechignaient. En dehors des européistes fanatiques le texte de la Constitution européenne estampillée par l'Académie française n'a suscité aucun enthousiasme chez les Européens. Chaque État n'avait cherché qu'à sauvegarder ses intérêts nationaux. Plusieurs d'entre eux ont obtenu des clauses de sauvegarde sur tel ou tel point que, pour sa part, la France n'a pas réclamées. Notre pays a accepté la création d'un super-État européen qui la dépossède de sa souveraineté. Il s'est fait le champion d'un "traité simplifié" qui reprend les dispositions essentielles de la défunte constitution.

Dans le nouveau texte on a supprimé tout ce qui relève des orientations politiques, économiques et sociales pour ne conserver que les institutions et leur agencement. On a supprimé le drapeau et l'hymne européens, les symboles et maintenu la nomination d'un président de l'Union pour une durée de cinq ans. La Commission pourra continuer à édicter des textes qui auront force de loi en France. La Cour de justice européenne pourra en imposer le respect ; un droit européen se substituera aux différents droits nationaux. Le Parlement ne sera plus composé que de la représentation des länder d'une Europe fédérale car la constitution simplifiée a été calquée sur la constitution allemande.

Un ministre des Affaires étrangères sera élu également pour cinq ans et on ne voit pas comment son action pourra s'harmoniser avec celle de la politique française et du Quai d'Orsay. La France ne pourra plus conduire la politique extérieure de son choix. La France devra s'aligner sur la politique américaine et s'intégrer à l'O.T.A.N. , ce qui est déjà en cours. Une opération comme celle de la libération cet été des infirmières bulgares détenues en otages par M. Khadafi, ne sera plus possible car la France aura perdu son autonomie.

Les médias et les européistes dont ils sont les porte-parole se réjouissent bruyamment en répétant que l'Europe sort de l'impasse. Ils encensent M. Sarkozy par la même occasion. Des socialistes reprochaient à la Constitution d'être trop libérale dans son inspiration, mais l'Europe supranationale qui résultera du nouveau traité le sera tout autant et même atlantiste. Les socialistes hésitent sur la position à adopter et peinent à choisir une ligne commune: rejet du texte, abstention ou demande d'un nouveau référendum. La constitution ayant été rejetée par reférendum, seule une nouvelle  consultation populaire pourra effacer celle de 2005, en bonne logique démocratique ! Pour tous les patriotes français, en tout cas, les arguments pour le "non" conservent leur valeur, le référendum de mai 2005 n'est pas aboli. "Non", c'est toujours "non".



Centre royaliste d'Action française

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