Menu contextuel

Liens complémentaires

Informations

Lettre d'info

Recevez la lettre électronique du CRAF :


Accueil > Presse > Articles

Souverainisme - Université du RIF

Ensemble pour la France

Par Jacques Cépoy

Les universités souverainistes sont toujours l’occasion pour des Français patriotes de multiples tendances de se rencontrer ou de se retrouver. La cinquième université, organisée par le Rassemblement pour la souveraineté et l’indépendance de la France (R.I.F.), se déroulait cette année dans le cadre fort agréable du village-vacances du Pradet, dans le Var. Le soleil, les palmiers, les pins, la piscine incitaient au farniente, mais on était venu, parfois de fort loin, pour travailler.

Vendredi 24 septembre, après le dîner, une longue séance ouvrait l’université devant un public attentif, plus nombreux que l’an dernier. D’emblée, l’ambassadeur Éric Lem, qui la présidait, évoquait la constitution européenne : « Si elle est adoptée, la France n’existe plus ». Cela donnait la mesure de l’enjeu du combat dans lequel les souverainistes sont engagés. La soirée était consacrée à divers interventions sur la situation actuelle de la France dans le monde. L’ambassadeur Albert Salon décrivait « l’entreprise américaine de démolition de la France et de la francophonie », avec force exemples.

Le professeur Gérard Lapacherie évoquait l’effondrement de la présence culturelle française dans le monde, par suite de la négligence de nos dirigeants. Sous prétexte de “dialogue des cultures” on a relativisé la culture française, a-t-il précisé. Proclamer la valeur de celle-ci, ce serait, soutient-on, montrer de l’arrogance. On sème ainsi le doute dans l’esprit des Français sur les qualités de notre langue et de notre culture.

Le commandant Bunel – qui fit parler de lui il y a quelques années pour avoir eu une autre conception de l’honneur français que le commandement militaire en Bosnie-Herzégovine – a souligné combien notre armée dépend à travers l’O.T.A.N. et le S.H.A.P.E. des Américains. Si la France prétendait s’en affranchir, elle serait traitée comme un “État-voyou”. L’orateur a aussi souligné que si la constitution européenne avait été en vigueur, la France n’aurait pas pu prendre une position indépendante de celle des États-Unis sur l’affaire irakienne.

L’Europe s’avance masquée

Plusieurs ateliers ont travaillé au cours de la matinée du 25 septembre. Le professeur Michel Clapié a ainsi dirigé celui consacré à la constitution européenne. Il a souligné la confusion volontairement entretenue sur la nature de l’Union européenne. On nous parle de “fédération d’États-nations”, mais l’expression, contradictoire en elle-même, n’a aucun sens. En fait on met en application les idées de Karl Schmitt, théoricien du IIIe Reich. On applique le modèle allemand. On entreprend de construire un “Reich européen”.

Le recteur Armel Pècheul a décrit comment la “construction européenne” a avancé « masquée ». De “sommet” en “sommet”, de traité en traité on a caché aux peuples qu’on dépossédait leur pays de sa souveraineté nationale pour le faire entrer dans un État fédéral, ou plutôt un super-État. Avec le projet de constitution, des “lois” européennes, remplaceront les directives. La Cour de justice européenne a progressivement installé sa suprématie sur les décisions de nos cours et tribunaux. Elle s’impose même à notre constitution. Et de conclure qu’il ne sera bientôt plus possible de résister par les voies légales au système mis en place. Allons jusqu’au bout de la réflexion du recteur Pècheul : il ne restera plus que l’insurrection !

Reprenant la parole le professeur Clapié a dénoncé les procédés par lesquels on cherche à effacer le peuple français pour faire apparaître un “peuple européen” qui n’existe pas : élection de députés dans des circonscriptions transnationales, dénationalisation de la Commission. Le dernier garde-fou qui subsiste, c’est le Conseil européen où chaque État est représenté. Michel Clapié a jugé que si la constitution européenne est rejetée un « traité refondateur » devra être négocié. Il ne saurait être question dans cette hypothèse, a précisé Pierre Pujo, au cours du débat, d’élaborer une nouvelle constitution.

Le travailleur avant le consommateur

L’atelier consacré à la mondialisation dirigé par Jean-Christophe Lévêque a mis en lumière les causes et les conséquences des délocalisations. 5 % de nos emplois sont menacés. Nous ne sommes qu’au début des délocalisations. L’Alsace, quant à elle, a perdu dix mille emplois depuis la fin 2003 à la suite du transfert de productions en Chine ou en Pologne. Le textile a été particulièrement touché. À partir du 1er janvier 2005, la Chine pourra librement exporter ses produits textiles en Europe. Ainsi en a décidé l’Organisation mondiale du Commerce.

M. Christian Pradeau a fait ressortir que la mondialisation conduit à une hypercompétition avec beaucoup de casse. En supprimant aveuglément les frontières, on aboutit à un désordre généralisé et à la « destructuration des solidarités ». L’activité marchande exerce son hégémonie dans le monde. Elle se prétend au service du consommateur. Mais n’est-ce pas le travailleur, le producteur, qui devrait avoir la première place ? Cela implique la restauration du politique.

L’université du Pradet a encore été marquée par les interventions de Nicolas Dupont-Aignan (voir notre numéro du 7 octobre 2004), Paul-Marie Coûteaux, Jean-Paul Bled, président du R.I.F., et Alain Bournazel, son secrétaire général. Celui-ci a insisté sur l’union des souverainistes dans la diversité de leurs origines politiques : « Ce qui importe, a-t-il dit, c’est que les souverainistes se rassemblent pour réaliser un vrai changement, et pour qu’on en finisse avec cette lancinante alternance d’une fausse droite et d’une fausse gauche qui font, à peu de chose près, la même politique, car cette politique est décidée à Bruxelles, voire à Washington. »

L’université du Pradet a été comme une veillée d’armes. Les souverainistes en sont repartis plus résolus que jamais à intensifier leur combat. À l’encontre d’une classe politique largement démissionnaire, ils croient en l’avenir de la France.

L'Action Française 2000 - 21 octobre 2004



Centre royaliste d'Action française

10 rue Croix-des-Petits-Champs - 75001 Paris

Mentions légales