Menu contextuel

Liens complémentaires

Informations

Lettre d'info

Recevez la lettre électronique du CRAF :


Accueil > Presse > Articles

La religion selon Sarkozy

Par Michel Fromentoux

“Divine surprise” ? Certainement pas ! Surprise tout court ? Oui. Car nous ne nous attendions guère à lire sous la plume d’un ministre de la République laïque des pages où il s’affirme de « tradition » et de « culture » catholiques, et où il dit : « On ne peut pas éduquer les jeunes en s’appuyant exclusivement sur des valeurs temporelles, matérielles, voire même (sic) républicaines »...

Voilà ce qu’a osé Nicolas Sarkozy, ministre des Finances, dans un livre d’entretiens avec le Père Verdin, dominicain, publié la semaine dernière aux éditions du Cerf sous le titre La République, les religions, l’espérance.

On aimerait pouvoir exulter. On se prend même à croire que sur une telle lancée le politicien aux dents longues va réclamer l’abrogation de la loi de 1905 de séparation de l’Église et de l’État, qui a si gravement déchristianisé la France... Erreur. M. Sarkozy veut bien aménager ladite loi, voire la faire évoluer, mais c’est en faveur ...de l’islam. Il veut que les pouvoirs publics aident les musulmans à s’organiser, à bâtir leurs mosquées, à former leurs imams.

“Discrimination positive”

L’entreprise part a priori d’une louable intention. On ne peut reprocher à un homme politique de chercher à faire vivre en paix la communauté musulmane devenue pléthorique et même à aider celle-ci à pratiquer son culte au lieu de la laisser demander cette aide à l’étranger. Seulement voilà : faire de l’islam une religion de France au même titre que le catholicisme qui a fait l’âme de notre pays, est-ce le meilleur moyen d’éviter tout affrontement entre les deux communautés ?

M. Sarkozy se chauffe du même bois que les auteurs de la loi de 1905, eux-mêmes héritiers des ancêtres de 1789. Pour lui, toutes les religions se valent, peut-être même pense-t-il, comme dit la Déclaration des Droits de l’Homme, qu’elles sont des opinions...

Si – ce qui est bien – il n’a pas honte de se dire catholique, c’est pour – et cela est moins bien – expliquer que le catholicisme, comme toute autre religion, est « utile » pour répondre à certaines questions fondamentales sur la vie, la mort, ou la vie après la mort. Nulle part il ne se réfère à l’idée de vérité objective, ni même – car il n’en faut pas tant demander à un républicain – à l’idée d’un bien objectif. Que le catholicisme ait été le bien pour la France au long des âges ne l’effleure pas. Quand il reconnaît le rôle civique et moral de l’Église, c’est en se référant aux seules années d’après 1905, donc à une époque où les engagements des catholiques (dans les aumôneries, dans les partis, dans les syndicats) étaient déjà marqués par une impossibilité (subie, puis peu à peu acceptée...) de ne plus se battre pour imprégner des vérités de la foi les institutions et les mœurs. M. Sarkozy est-il certain que l’islam se laissera aussi facilement réduire à la dose de religion que le politiquement correct pourra supporter ? 

Préférence catholique

Parler de « discrimination positive » en faveur de l’islam, c’est sauter dans l’inconnu. Une chose est de tolérer, dans toute la mesure où le bien commun l’exige, la pratique d’un culte étranger aux traditions et aux mœurs françaises. Autre chose est de vouloir mettre toutes les religions à égalité, surtout quand l’une d’elles n’a même pas de clergé hiérarchisé pour interpréter sa tradition et pour contenir ses fanatismes.

La question musulmane en France, dans l’intérêt des Français comme des musulmans eux-mêmes, appelle une politique de préférence catholique. Dire que la religion catholique mérite d’être revalorisée au nom de l’importance qu’elle a eue dans la formation de la France ne serait point du tout déclarer une guerre de religion. Ce serait même fonder, en prévision d’éventuels litiges religieux, un solide élément de référence.

Les musulmans comprendraient cette attitude, car rien n’est pire à leurs yeux et rien ne nourrit plus les prédications islamistes que le spectacle d’une nation qui fut catholique, mais qui ravale son catholicisme au simple rang d’une sensibilité parmi d’autres et qui préfère voir se corrompre ses traditions et s’avilir ses mœurs plutôt que de revenir à son Dieu. Donner leurs chances aux musulmans de s’intégrer dans la France, c’est moins encourager leur culte que leur donner des raisons de respecter leur terre d’accueil.

L'Action Française 2000 - 4 novembre 2004



Centre royaliste d'Action française

10 rue Croix-des-Petits-Champs - 75001 Paris

Mentions légales