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Enlèvement en Irak

Otages français

Un spécialiste haut placé de l’enseignement, qui a requis l’anonymat, nous a fait les trois observations suivantes à propos de l’enlèvement de nos deux confrères en Irak, prise d’otages officiellement attribuée à El-Qaïda.

La zone où l’enlèvement a été opéré, entre Bagdad et Nadjaf, est en majeure partie contrôlée par les réseaux baasistes formés surtout des anciens du Moukabirat, les services spéciaux de Saddam Hussein. Or, dans les milieux de la résistance, surtout de cette tendance, la France est considérée comme une amie de l’Irak et les Français comme des personnes à respecter, surtout les journalistes.

Il est hautement improbable que la décision soit venue de ce côté-ci. Mais dans le chaos irakien où le réseau de la police du nouveau gouvernement est infiltré par la résistance et la nébuleuse que constitue celle-ci par divers services spéciaux, on ne peut exclure deux autres hypothèses, tant que la condition posée sur la loi contre le voile n’est pas considérée comme la véritable cause du forfait.

Une manipulation de la part de ceux qui gravitent autour des services israéliens, américains ou proches de l’autorité mise en place par la coalition. « Vous voyez, dit-on ainsi aux Français, votre grande politique arabe, votre compréhension à l’égard de la cause palestinienne, votre discours sur la primauté du Droit sur la force, ne vous ont servi à rien. Rangez-vous sous la bannière américaine, comme Londres, et faites en sorte que certains pays européens proches de vous en fassent autant ». Quel bel argument pour Bush au moment où il entre officiellement en campagne : « Enfin, la communauté internationale se rallie à notre cause. »

Si les choses se détraquent et une campagne dans ce sens se développe en France dans les milieux réputés pro-Sharon ou pro-Bush, cette hypothèse ne peut être exclue comme étant la véritable explication de l’affaire.

Enfin, une opération commanditée par Téhéran ou certains milieux du régime iranien, l’ébauche d’un sordide marché avec Paris. Le bout de papier signé il y a neuf mois par l’Iran s’engageant à ne pas développer ses recherches nucléaires à objectif militaire, qui avait été présenté alors comme une “victoire” de la diplomatie européenne, est déjà totalement oublié et obsolète. Téhéran l’a mis à profit pour activer et accélérer ses activités. Tout le monde en est conscient. On sait au Quai qu’on a été ridiculisé. Les Européens s’apprêteraient à voter dans les prochains jours à Vienne puis à l’O.N.U. une motion de condamnation, voire des sanctions. Le message serait alors clair : la libération des deux otages contre une attitude “compréhensive”, un nouveau délai dans ce dossier.

On ne saura jamais, ou pas de sitôt, quelle hypothèse retenir. Ces affaires sont par définition ultra-secrètes et devraient être traitées avec la plus grande discrétion.

À ce stade, on ne peut que formuler un seul vœu, que les deux journalistes soient libérés et reviennent sains et saufs. Et qu’enfin cessent les prises d’otages, les manipulations, ce genre de crimes.

L'Action Française 2000 - 2 septembre 2004



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