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Lionel Jospin et le mariage homosexuel

Mariage homo - Jospin met la pédale douce

Par Michel Fromentoux

Il y a seulement dix ans le premier passant venu à qui vous auriez demandé son avis sur l’éventuel mariage de deux homosexuels vous aurait ri au nez. Il y a fort à parier que le peuple de France n’a point perdu son solide bon sens et qu’il considère comme une aberration ou comme un jeu d’intellectuels désœuvrés le débat qu’a provoqué M. Mamère en annonçant son intention de “marier” deux messieurs le 5 juin prochain dans la ville de Bègles dont il est le maire.

Il ne faut pourtant plus se contenter de hausser les épaules, car nous assistons une fois de plus à une vaste entreprise d’empoisonnement des cerveaux, – un matraquage bien dosé, fait de quelques “coups de pub”, de l’exploitation de faits divers, du montage en épingle de “choses qui se font”, le tout devant concourir à imposer à l’opinion une remise en cause des certitudes les plus ancrées, pour enfin culpabiliser ceux qui voudraient garder la tête froide. Qui ne se souvient de la campagne pour la dépénalisation de l’avortement : en 1972 encore les autorités morales, médicales, judiciaires, professionnelles, locales, condamnaient tout naturellement et quasi à l’unanimité le crime ; deux ans plus tard, parmi les mêmes, beaucoup avaient été “retournés” par la propagande médiatico-politique et la loi Veil était votée par des députés de droite comme de gauche qui, plutôt que de passer pour “vieux jeu” préféraient ouvrir la voie au massacre annuel de 250 000 enfants dans le sein de leur mère.

Le même cirque se mit en place dès les années 1990 pour imposer le PACS censé résoudre les difficultés matérielles des personnes voulant se livrer sans trop s’engager à tous les rapprochements de cœurs et d’épidermes qui excitent leurs désirs.

Or cela n’a pas suffi : le puissant lobby homosexuel ne se contente plus de ce gadget, il revendique désormais la reconnaissance pleine et entière devant M. le maire de cette union d’un nouveau genre. Et face à cette agitation libertaire, qui n’est en fait que l’extrême conséquence de la philosophie des Droits de l’Homme (mon désir fait la loi...), les hommes politiques sont toujours aussi minables.

À gauche, les dirigeants du parti socialiste se déculottent – pour ainsi dire – devant Noël Mamère, les Verts, Bertrand Delanoë... Dominique Strauss-Kahn s’est rallié non seulement à l’idée du mariage gay, mais aussi à l’adoption d’enfants par les homosexuels. Aussitôt, François Hollande s’est cru obligé, pour ne pas se laisser dépasser, d’annoncer qu’il allait bientôt déposer un projet de loi “ déterminant les conditions et les règles pour parvenir ” à la reconnaissance de ce “mariage” et entrouvrant une porte au sujet de l’adoption. Pour lui le mariage doit être “ ouvert à tous ” : se rend-il compte que selon sa logique on finirait par marier un jour trois ou quatre individus ensemble, ou les incestueux, ou les zoophiles... ?

Le Jospin nouveau est arrivé

Pour l’instant, les homosexuels bénéficieraient des droits de tous les autres ménages, sans la contrepartie du devoir de contribuer à l’avenir démographique de la France. Pire : ils pourraient se donner toutes les apparences de la respectabilité en élevant les enfants des autres sans se soucier du mal irrémédiable qu’ils infligeraient à ceux-ci par leur exemple d’une vie contre l’ordre naturel.

Patatras ! M. Hollande, déjà quelque peu contesté par les militants de base et même par sa propre “compagne” Ségolène Royal, vient de recevoir un magistral camouflet de la part de son prédécesseur à la tête de PS, l’ancien Premier ministre Lionel Jospin, naguère si prompt à faire voter le PACS, mais que la retraite semble avoir bonifié. Dans le Journal du Dimanche (16 mai), le voilà s’emportant contre, chez les socialistes, “ une nouvelle tendance bien pensante voire une crainte de l’imputation homophobe ”. Et de rappeler “ le sens et l’importance des institutions ” : “ le mariage est dans son principe et comme institution l’union d’un homme et d’une femme [...] On peut respecter la préférence amoureuse de chacun sans automatiquement institutionnaliser les mœurs ”. On ne saurait mieux dire, ni mieux rabattre le caquet au prétentieux François Hollande... Affaire à suivre.

À droite, on cafouille peut-être un peu moins et l’on dénonce l’initiative mameresque comme une “ provocation ”. Le ministre de Justice, Dominique Perben, a même prévenu le maire de Bègles qu’il le fera poursuivre en justice s’il persiste. Toutefois dans les déclarations de l’U.M.P., outre le fait que nul n’ose se référer à la loi naturelle, et encore moins aux traditions d’un pays chrétien, on relève mille précautions : “ selon moi ”, “ à titre personnel ”... C’est avec de telles “prudences” que l’on renforce l’adversaire.

De toute façon, ces politiciens “modérés” ont déjà tant travaillé à vider le mariage de son sens et à le dévaloriser (voire le dernier numéro de L’AF 2000 au sujet des nouvelles facilités offertes au divorce) qu’ils ne sont sûrement pas les mieux placés pour empêcher sérieusement l’une de ses caricatures d’entrer dans la loi. Restons vigilants.

L'Action Française 2000 - 20 mai 2004



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