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La véritable histoire de la Chouannerie

Proclamation des insurgés de la Roche-Bernard‏

mercredi 28 décembre 2016

En 1793 les paysans du Morbihan s’insurgent contre la conscription militaire. Le 15 mars, 5000 d’entre eux se rassemblent à La Roche-Bernard et adressent une proclamation pleine de bon sens aux républicains.

"Écartez de nous le fléau de la milice, et laissez aux campagnes des bras qui leur sont nécessaires. Vous nous parlez d’ennemis qui menacent nos foyers : c’est là que nous saurons les repousser, s’ils viennent nous attaquer ; c’est là que nous saurons défendre contre eux et contre tous autres, nos femmes, nos enfants, nos bestiaux et nos récoltes, ou périr avec eux.

Rendez à nos vœux les plus ardents nos anciens pasteurs ; ceux qui furent, dans tous les temps, nos bienfaiteurs et nos amis ; qui, partageant nos peines et nos maux, nous aidaient à les supporter par de pieuses instructions et par leur exemple. Rendez-nous avec eux le libre exercice d’une religion qui fut celle de nos pères et pour le maintien de laquelle nous saurons verser jusqu’à la dernière goutte de notre sang.

Rendez à nos campagnes ceux de ces dignes pasteurs que vous retenez dans vos murs, et permettez à ceux qui se sont exilés de revenir nous distribuer les consolations dont nous avons grand besoin ; leur retour ramènera partout la paix, l’union, la concorde.

Telles sont nos principales demandes. Nous y joignons notre vœu pour le rétablissement de la royauté, ne pouvant vivre sous un gouvernement républicain, qui ne présente à nos esprits que des idées de division, de troubles et de guerres."

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Chouans : Une pratique militaire originale‏

mercredi 28 décembre 2016 , par Action Française

Bien que de même essence, la Chouannerie ne doit surtout pas être confondue avec la Vendée.

Si, en 1793, les mêmes causes produisirent les mêmes effets, les deux entités entrèrent en contre-révolution sur des modes opératoires différents. Les paysans vendéens, de tous temps attachés à leurs nobles, invitèrent ceux-ci à se mettre à leur tête, se confiant à leurs talents militaires,et finirent par constituer ce qu’on appela la Grande Armée Catholique et Royale.

Les chouans, de caractère fort indépendant, adoptèrent, eux, un style d’opération original. Là, point d’armée, point de nobles mais, dans chaque paroisse, une compagnie, avec à sa tête un capitaine élu, parfaitement autonome et, en général, très jaloux de son autorité. Ces compagnies, au début essentiellement des paysans, qui pourront comprendre aussi bien vingt hommes que cent ou plus agiront seules ou en se regroupant à plusieurs selon l’importance estimée de l’opération envisagée. La méthode d’action adoptée sera la pratique de la guerilla, se traduisant généralement par des embuscades contre les convois et les troupes bleues ou des coups de main dans les villes.

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Chouans parce que Celtes ?

mercredi 28 décembre 2016 , par Action Française

Qu’avaient-ils donc en commun - outre la foi qui fut le ciment des guerres de l’Ouest - ces hommes et ces femmes de trois provinces si particulières, pour se soulever, eux, réputés généralement lents, prudents, calculateurs même, contre le pouvoir, et le combattre, si longtemps, malgré ses armées, ses échafauds et ses pelotons d’exécution, malgré la fin de la Terreur et la décélération du sectarisme religieux ?

Qui prend la peine de superposer à une carte des pays chouans une carte de la Gaule celtique s’aperçoit que les limites de l’une recoupent étroitement celles de l’autre. Le terroir le plus fermé, cinq siècles durant, à l’influence de Rome, celui où le latin ne fut parlé que par une élite restreinte, celui où la christianisation ne s’imposa, tardivement, que le jour où les missionnaires bretons et irlandais relayèrent les efforts impuissants des évêques gallo-romains.

Faut-il s’étonner si, recherchant à travers l’Europe des mouvements qui ressemblent aux chouanneries, dans leurs origines, leur recrutement, leurs méthodes ou leur héroïsme, ils se découvrent en Ecosse, en Irlande, au pays de Galles, en Cornouailles anglaise, en Galice espagnole  ? Autrement dit chez les nations qui forment la Celtie, le pays rêvé dont les « frontières de sel » ne figurent sur aucune carte ? Celtes et Chouans, Celtes et Jacobites, Celtes et Fenians, Celtes et Carlistes ; Carlistes, Fenians, Jacobites et Chouans parce que Celtes.

S’il est un sentiment que l’âme chouanne et l’âme celte ont en commun, c’est l’amour fou de la liberté. De leur liberté. En commun aussi la haine de l’injustice, le refus qu’il soit fait violence à celles et à ceux qu’elles aiment. Une fierté qui confine à l’orgueil, mais « ce n’est pas demain que l’orgueil sera tenu pour péché chez les Celtes ». Et, en même temps, des gens pieux, respectueux de l’autre tant que l’autre les respecte, des gens paisibles qui formaient, et continuent aujourd’hui encore de former les populations les moins criminogènes d’Europe.

La chouannerie fut l’une de ces rébellions qui proclament, à la face du monde, que l’homme est libre. Libre de vivre comme il l’entend chez lui, libre de prier comme il le veut, et que cette liberté vaut de mourir pour la sauvegarder.

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