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Monarchie et noblesse

mercredi 28 décembre 2016 , par Action Française

La monarchie est-elle le régime rêvé des nobles ?

Une caricature fréquente qui circule sur la monarchie est qu’elle serait un régime de privilèges, un régime taillé sur mesure pour les nobles. Là, n’est pas le sens du combat d’AF, et une connaissance de l’histoire de France amène rapidement à constater que les souverains français aimaient à recruter parmi toutes les couches de la société.

« Il (Louis VI) commença aussi à organiser l’administration du royaume avec le souci de garder l’autorité entre ses mains. C’était un homme pour qui les leçons de l’expérience n’étaient pas perdues et il ne voulait pas s’exposer à créer une autre féodalité. Aussi choisit-il pour fonctionnaires de petites gens qui fussent bien à lui et qu’il changeait souvent de place. A sa suite, les rois de France s’entoureront de roturiers bons comptables et bons légistes. Son homme de confiance, Suger, un simple moine, sera le ministre type de la royauté. »

Histoire de France, Jacques Bainville


Rendons toute de même justice à cette idée de noblesse que nos temps tristement démocratiques sont de plus en plus incapables de comprendre :

« Contrairement à ce que l’on croit habituellement, c’est la créature d’élite et non la masse qui vit « essentiellement » dans la servitude. Sa vie lui paraît sans but s’il ne la consacre au service de quelques obligations supérieure. Aussi la nécessité de servir ne lui apparaît pas comme une oppression, mais au contraire, lorsque cette nécessité lui fait défaut, il se sent inquiet, et invente de nouvelles règles plus difficiles, plus exigeantes, qui l’oppriment. Telle est la vie-discipline, la vie noble. La noblesse se définit par l’exigence, par les obligations, non par les droits. Noblesse oblige. « Vivre à son gré est plébéien ; le noble aspire à l’ordre et à la loi » (Goethe). Les privilèges de la noblesse ne sont pas, à l’origine tout du moins, des concessions ou des faveurs, mais des conquêtes. Et, en principe, leur maintien suppose que le privilégié devrait être capable de les reconquérir à tout instant, si cela était nécessaire, ou si quelqu’un les lui disputait. »

La révolte des masses, Ortega y Gasset