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Mgr LE COMTE DE PARIS, DUC DE FRANCE à L’ACTION FRANÇAISE : « MON CŒUR EST AUX FRANÇAIS, MON ÂME À LA FRANCE. »

mercredi 28 décembre 2016 , par Action Française

C’EST UN IMPORTANT ENTRETIEN QUE Mgr LE COMTE DE PARIS, DUC DE FRANCE, A BIEN VOULU ACCORDER À L’ACTION FRANÇAISE POUR SON NUMÉRO D’ÉTÉ QUI RESTERA DANS LES KIOSQUES DURANT TOUT LE MOIS D’AOÛT. ALORS QUE NOTRE SOCIÉTÉ SE DÉLITE, LA PAROLE ROYALE EST UN SIGNE D’ESPÉRANCE.

L’ACTION FRANÇAISE : Monseigneur, la France est elle d’après vous confrontée à une crise d’identité ?

Mgr LE COMTE DE PARIS, DUC DE FRANCE : La liberté n’est pas née en 1789, mais il est vrai qu’elle a, cette année là, changé de sens. Auparavant ce mot, souvent pluriel dans son acception, évoquait les franchises et privilèges que chaque communauté humaine, ville, ordre ou corporation avait été amenée, à travers le temps, à négocier avec son seigneur ou son suzerain. Ces libertés étaient autant de chartes ou contrats d’engagements réciproques, écrits ou non écrits, dont la somme constituaient la France et, par opposition aux Empires despotiques, un modèle d’État de droit qui savait évoluer avec le temps.

Faute d’avoir su renégocier ces libertés en 1789 pour se réformer de gré à gré, sous l’arbitrage du Roi qui les y invitait depuis des années, les corps constitués en furent réduits à s’auto-dissoudre devant la nouvelle définition de la liberté, inspirée de l’idéologie philosophique du temps des « Lumières », rattachant le concept de liberté à l’individu et non plus au groupe. Cette nouvelle liberté n’est pas contractuelle ni négociable. Elle s’affirme comme créatrice et comme objet du politique.

Nous nous trouvons aujourd’hui dans la même situation bloquée de 1789. Si l’on ne parvient pas, dans l’urgence, à faire évoluer la société comme la prise de conscience des Français, nous risquons de reproduire les mêmes terrifiants schémas de 1793 en laissant libre cours à des débauches d’énergie destructrices. On ne pourra pas alors arrêter des torrents qui dévalent les rues.

Ainsi nous assistons à une crise existentielle de la démocratie, cornaquée par l’idéologie d’une gauche en morceaux, sans aucune stratégie à long terme pour un avenir viable pour tous, tandis qu’une minorité de corps constitués tient à défendre ses privilèges et ses acquis d’un autre temps, maintenus par des prébendes injustifiées et scandaleuses qui, pourtant, fondent au dangereux soleil de la mondialisation. Tandis qu’une large majorité de Français, silencieuse et souffrante, veut travailler et justifier, à ses propres yeux, sa volonté de vivre.

La laïcité vous semble-t-elle avoir assez de consistance pour refondre le pacte social et pensez vous possible de revenir sur les lois « sociétales » ? Qu’avons nous besoin de cette nouvelle religion nihiliste d’État, que l’on tente de nous imposer dés le plus jeune âge en maternelle ? Alors que la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État était nécessaire et suffisante. Nécessaire sûrement, possiblement inspirée de ce que disait Louis XIV : « Ce qui appartient aux consciences, à chaque conscience, relève du domaine privé, qui n’est pas du domaine de l’État. » Qu’avons-nous besoin de ces théories abscons du « genre », inventées outre-atlantique et que l’on veut imposer aux très jeunes, alors que la Nature, plus sage, nous indique le respect de la diversité ? Qu’avons nous besoin de parler un dialecte arabe, alors que le plupart des jeunes ne savent ni lire ni écrire le français en sixième ? Et l’on se rend compte que le multiculturalisme est un leurre dangereux, dont le résultat serait une « bouillabaisse » sans espoir et l’éradication des racines de notre civilisation. L’État n’a pas vocation à diriger nos consciences, ni le droit de restreindre nos libertés, bien que cette liberté s’arrête là où commence celle de l’autre… […]

Propos recueillis par François Marcilhac - LA SUITE ICI