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Maurras : l’anti-individualisme

mercredi 28 décembre 2016 , par Action Française

Tenter d’évoquer au travers d’un court article la vie de Maurras, si riche de combats et d ’épreuves, est une gageure. Il existe d’excellentes biographies, telle celle de Stéphane Giocanti " Maurras Le chaos et l’ordre", qui répondront à ce besoin. Contentons-nous ici de rappeler, à grands traits, ses idées essentielles.

Le premier fait qu’il faut conserver en tête c’est que le jeune Maurras arrivant à Paris, dans l’intention de devenir critique littéraire, n’est pas encore royaliste. Deux axes vont le conduire à la monarchie : l’amour de sa Provence natale, qu’il vit mieux après son départ d’Aix ; son patriotisme, qu’un voyage en Grèce anima particulièrement. Quant à l’Affaire Dreyfus, elle servit de catalyseur pour passer à l’action.

Son tempérament est celui d’un aristocrate et d’un artiste. Si son positivisme est emprunt de pragmatisme et de réalisme. Maurras n’est ni un mystique, ni un matérialiste, mais un esthète dévoué à la perfection de la culture latine et à l’esprit classique de la France d’autrefois.

Maurras est particulièrement anti-individualiste. Les hommes ont besoin les uns des autres, et c’est la société, succession de générations, qui produit les individus. La société humaine est composée de familles qui trouvent naturel de vivre en groupe. En politique, l’individualisme donne lieu à la Révolution ; en religion, à la Réforme ; et en esthétique, au romantisme. Ces trois courants sont antisociaux et doivent être condamnés.

La vie est dirigée par des lois mystérieuses. La science a découvert certaines d’entre elles se rapportant à la nature. L’histoire et l’expérience permettent d’en connaître d’autres sur les questions politiques et sociales. L’ordre semble supérieur à la liberté des individus en préservant la société de l’anarchie ; société par laquelle l’homme existe. La soumission des individus est le fruit d’un respect de la tradition commune. L’autorité vient « d’en haut » et n’est pas issue du consentement des individus, Rousseau n’est qu’un rêveur qui finalement se fera le promoteur de la force et de la violence. La forme moderne d’organisation sociale est la nation, qui a remplacé le catholicisme depuis la Réforme. La nation comporte les morts, les vivants, le territoire, ses influences, ses trésors, son langage et son esprit. La continuité est le principe de vie de la nation

La critique de la démocratie et de la République représente une part importante du travail de Maurras. Les institutions doivent être jugées non par rapport aux mérites théoriques mais au vu des résultats pratiques, or la République offre de bien mauvais résultats. Elle a sapé l’autorité, détruit les fondations de la vie sociale (la propriété, la famille, la religion), détruit l’ordre économique des corporations pour le remplacer par le néant du « laissez faire », et surtout elle a montré qu’elle était bien plus absolue que la monarchie.