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Le cimetière de Picpus

mercredi 28 décembre 2016 , par Action Française

Le cimetière de Picpus est un des deux seuls cimetières privés de la ville de Paris, avec le cimetière des Juifs Portugais de Paris. Il a été creusé en juin 1794 au fond du jardin d’un couvent dont les religieuses, chanoinesses de Saint-Augustin, ont été chassées deux ans plus tôt par les révolutionnaires.

L’importance du cimetière de Picpus est lié à sa localisation : à quelques minutes se trouve l’ancienne « place de la Nation », alors rebaptisée « du Trône renversé », où la guillotine est érigée du 13 juin au 27 juillet 1794. La Terreur y atteint son paroxysme. Cinquante-cinq personnes par jour y sont exécutées. De toutes conditions sociales, ces personnes sont condamnées par le tribunal révolutionnaire pour leur statut (noble ou religieux) ou pour délit d’opinion.

La partie nord-est du jardin de l’ancien couvent est choisie pour servir de fosses communes aux suppliciés.

Une première fosse commune est creusée et les corps décapités y sont jetés. Nobles, nonnes, marchands, soldats, artisans, ouvriers, aubergistes, etc mêlés. Une deuxième fosse est creusée quand la première est pleine. (Une troisième fosse a également été découverte en 1929 mais elle ne contenait pas de cadavres). La chapelle de l’ancien couvent est utilisée par les fossoyeurs comme bureau afin d’inventorier les vêtements dont ils dépouillaient les victimes.

Les noms des 1306 personnes qui y sont enterrées sont gravés sur deux plaques de marbre accrochées près du chœur de la chapelle. Parmi les 1 109 hommes figurent 108 nobles, 108 ecclésiastiques, 136 moines, 178 militaires et 579 roturiers. Parmi les 197 femmes, il y a 51 nobles, 23 nonnes et 123 roturières.

Parmi les femmes, seize carmélites de Compiègne, âgées de 29 à 78 ans, sont conduites ensemble à l’échafaud en chantant des hymnes. Elles seront béatifiées en 1906.

Le gouverneur des Invalides de l’époque, de Sombreuil, âgé lui-même de 76 ans, est tué pour la seule raison d’être noble. On compte aussi les poètes Jean-Antoine Roucher et André Chénier. Sur la plaque commémorant le souvenir de ce dernier, on peut lire : « servit les muses, aima la sagesse, mourut pour la vérité ».

En 1797, le jardin est acheté en secret par la princesse Amélie de Hohenzollern-Sigmaringen (épouse d’Aloys Antoine, prince souverain de Hohenzollern-Sigmaringen), car le corps de son frère, le prince Frédéric III de Salm-Kyrburg[3], guillotiné en 1794, y repose.