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L’esprit Camelot : la Poldévie

mercredi 28 décembre 2016 , par Action Française

À Paris en mars 1929, des députés de gauche reçurent un appel leur demandant d’intervenir en faveur des malheureux Poldèves opprimés. La capitale du pays s’appelait Cherchella ; la lettre était signée : Lineczi Stantoff et Lamidaëff. Derrière ces patronymes pseudo-slaves on pouvait lire à voix haute : « l’inexistant » et « l’ami d’A. F. », l’instigateur de cette mystification étant Alain Mellet, journaliste et membre de L’Action française.

Le canular débuta le 18 mars 1929 par l’envoi d’une lettre ronéotypée dont voici le contenu :

« Honoré Monsieur le Député,

C’est un cri à votre pitié et à votre justice que nous faisons entendre en vous suppliant de laisser toute votre attention sur les choses qui suivent.

En plein XXe siècle de lumière et de Droit, près de cent milles infortunés poldèves, esclaves modernes, halètent sous le joug de quelques dizaines de grands propriétaires terriens.

Femmes, vieillards, enfants (parce que les hommes travaillent dans les usines et dans les entreprises agricoles d’autres pays) mènent une vie misérable de bête. Aucun secours pour eux si la délivrance ne vient pas de la conscience mondiale que nous venons chercher dans votre cœur !

Certainement, nous ne sommes pas les amis des républiques soviétiques, surtout l’Ukraine par qui nous avons eu trop de souffrances, mais un pareil état de vie ne serait pas possible chez eux depuis la révolution.

Donc, honoré Monsieur le député, nous venons vous dire : aidez-nous ! Nous ne demandons par le plus petit secours en argent, mais seulement votre éminent appui moral par une lettre pour notre dossier que nous voulons présenter le mois prochain à la troisième sous-commission de la commission des droits des minorités de la Société des Nations.

Dans ce commencement de XXe siècle qui a vu éclater grandiosement le triomphe de la paix perpétuelle et de la fraternité à toujours, il faut effacer les dernières tâches immondes. La France de 1793, qui avec son glaive flamboyant a piétiné les tyrans et les rois, peut nous arracher entre les griffes des grands propriétaires affamés de sang poldèves !

Oh ! Merci, Honoré Monsieur le Député, pour votre réponse qui ira à Genève avec celle des autres collègues du parlement de la grande France de la révolution !

Pour le Comité de Défense Poldèves :

Lyneczi Stantoff

Lamidaëff »

À ce premier courrier, seuls quatre députés répondirent.Alain Mellet et ses comparses décidèrent d’envoyer une seconde missive, plus émouvante encore :

« Honoré Monsieur le Député,

Quinze jours déjà nous avions cru permis de frapper à votre conscience pour protestation contre les infamies que souffre la nation Poldève. Hélas ! Les événements ont marché ! Marché ! La révolte se fait dans deux districts déjà. Alors, pour reprézailles, la bourse du travail de Tchercherlla a été incendiée par des sanguinaires comme les fascistes d’Italie. Un cent de nos pauvres frères esclaves ont vu la mort, transpercé par la soldatesque des grands bourreaux propriétaires terriens. Il y a des filles qui ont vu la violation. Et tout cela sans jugement ! Sans jugement ! En France, quelle est l’agence de nouvelle qui a dit ces choses ? La France du refuge des proscrits paraît sous le joug méchant du parti de réaction.

Notre peuple n’est pourtant pas un inconnu pour la grande France de jadis ! Rappelez-vous des lettres de Voltaire à Constance Nepuska... C’est sous la conscience élevée du grand penseur, toujours pour les petits contre les grands, que nous plaçons notre détresse. Ah ! Nous sommes vraiment abandonnés. L’Evêque poldève n’a rien fait du tout, on dirait qu’il n’existe pas ! Seuls les honorés collègues Planche, Boutet, Chouffet, et Cazals ont répondu à notre première lettre : qu’ils sont bons ! Et comme nous leur prouverons bientôt notre reconnaissance ! Mais quatre c’est trop peu pour enreyer le sang qui coule ! De grâce, aidez-nous ! Sauvez-nous !

De grâce ! Nous traînons vos pieds à notre malheur ! Nous ne demandons pas le plus petit secours en argent. Mais, vite envoyez-nous la protestation pour notre dossier pour la troisième sous-commission de la commission du droit des minorités de la Société des Nations !

Il faut tarir l’écoulement du sang poldève !

MERCI ! MERCI !

Pour le comité de défense poldève :

Lyneczi Stantoff

Lamidaëff

Adresser les réponses à L. Stantoff, etc. »

Cinq députés répondirent et d’autres demandèrent de la documentation...