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L’affaire Stavisky et le 6 février 34

mercredi 28 décembre 2016 , par Action Française

À la fin de 1933, la France est en crise : crise économique venue d’outre-Atlantique, qui ronge le tissu social du pays, mais aussi crise politique, conséquence d’un système parlementaire facteur d’instabilité ministérielle ; crise morale révélée par les multiples scandales qui éclaboussent régulièrement la classe politique de la IIIe République.

C’est dans ce contexte lourd d’inquiétudes et de menaces que, le 24 décembre 1933, un article de presse évoque une affaire d’escroquerie découverte à Bayonne et l’arrestation du directeur du crédit municipal de cette même ville, coupable d’avoir émis de faux bons pour des sommes très importantes. Que cet article paraisse dans le quotidien monarchiste L’Action Française semble fort logique : après tout, ce journal n’a de cesse de dénoncer toutes les “affaires” de la république pour mieux la décrédibiliser aux yeux d’une opinion publique pas encore totalement blasée.

En quelques jours, « le scandale de Bayonne » prend des proportions inquiétantes pour le monde parlementaire. Chaque jour amène son lot de révélations, et la liste des escrocs et des corrompus s’allonge. C’est l’Action française qui reçoit de nouveaux documents compromettants pour quelques personnalités politiques, et se fait un devoir et un plaisir de les publier. Ainsi reproduit-elle les lettres d’un ministre, Dalimier, conseillant de se procurer les fameux bons du Crédit municipal de Bayonne, et met-elle en cause le magistrat Pressard, beau-frère du président du Conseil du moment, Camille Chautemps : les premiers numéros de l’A.F. du mois de janvier 1934 fourmillent d’accusations et d’explications sur la vaste escroquerie mise en place par un certain Alexandre Stavisky, en fuite depuis Noël.

Le gouvernement essaie de noyer l’affaire mais c’est sans compter l’AF et les Camelots. Dès le 9 janvier, la Chambre est assiégée par le peuple de Paris mené par les Camelots. Tous les jours, les manifestants sont plus nombreux que la veille et la police de plus en plus nerveuse n’arrive pas à avoir le dessus. Le 27 janvier, le ministère Chautemps s’effondre dans la boue et le sang. Daladier lui succède et présente son ministère le 6 février devant la Chambre. Les patriotes se massent place de la Concorde, aux Champs-Elysées, aux Invalides, au quartier Latin, à l’Hôtel de Ville. Les Camelots du Roi sont partout, il y a aussi les J.P, les Croix de Feu, la Solidarité française, les association d’anciens combattants.

La foule menace le pont de la Concorde. Les cavaliers de la Garde chargent mais doivent faire demi-tour ; la police à pied prend leur place, les manifestants qu’elle peut entraîner et arrêter sont frappés à coups de matraque, blessés et couverts de sang. La foule arrête un bus et le brûle ; les pompiers arrivent et dirigent leurs jets contre la foule qui s’empare des lances et les retourne alors contre eux. Le barrage du pont va être emporté ; alors sans aucune sommation, les fusils-mitrailleurs se mettent à crépiter, des hommes tombent, la foule continue à avancer. Une charge de cavalerie l’arrête, aucun coup de feu n’est parti des manifestants.

Jusqu’à une heure avancée de la nuit, les charges se succèdent, comme les coups de feu.