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L’affaire Philippe Daudet‏

mercredi 28 décembre 2016 , par Action Française

L’année 1923 est marquée par un fait divers qui bouleverse la l’Action française. Le 27 novembre, les journaux annoncent la mort du jeune Philippe Daudet, 14 ans, fils aîné de Léon Daudet. Le 20 novembre, Philippe avait fait une fugue et aurait contacté d’abord Le Libertaire en demandant qu’on lui désigne une cible à abattre puis, après avoir été éconduit, un libraire anarchiste qui, indicateur de la police, le dénoncera aussitôt aux forces de l’ordre. Dépêchées pour l’arrêter, elles trouvent son cadavre dans le taxi censé l’amener au commissariat.

Léon Daudet crie aussitôt au complot anarcho-républicain. Le Libertaire, lui, prétend alors avoir été contacté par Philippe dès la suite de l’assassinat de Marius Plateau par une anarchiste et publie une lettre de Philippe à sa mère. Les rédacteurs du Libertaire concluent au suicide (comme le fera l’enquête officielle en septembre 1925, classant l’affaire sans suite) et prétendent que Philippe souhaitait assassiner son propre père. Les deux journaux se livrent une bataille médiatique qui fait monter les tirages, pendant que Léon Daudet accuse le libraire, manipulé par la police, d’avoir abattu son fils et pointe du doigt le chauffeur du taxi pour complicité. Un procès en diffamation s’ensuit, perdu par Daudet. Il est condamné en 1925 à 5 mois de prison.

Refusant de se remettre aux forces de l’ordre, il se barricade en 1927 avec des Camelots dans les locaux de l’Action française rue de Rome, annonçant un nouveau Fort-Chabrol avant de rendre. Il s’évadera de la Santé quelques semaines plus tard grâce aux Camelots (qui firent croire par téléphone à une grâce présidentielle au directeur de la Santé) pour s’enfuir en Belgique puis revenir, amnistié, en France en décembre 1929.