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Quelques personnages

Le chien de Prix

mercredi 28 décembre 2016 , par Action Française

Rendons hommage à ce chien condamné à mort par le fanatisme révolutionnaire !

Rue Saint-Nicaise vivait un invalide nommé Prix. Il fut accusé de "manœuvres contre-révolutionnaires" et condamné à mort le 17 novembre 1793 (27 brumaire an II). Il vivait avec un chien qui fut accusé de partager les opinions "réactionnaires" de son maître et d’aboyer de façon hostile à l’approche des "habits bleus" des soldats de la République.

Les archives nationales conservent le dossier du Tribunal révolutionnaire traitant de cette affaire, avec le procès-verbal suivant :

"Au nom de la Loi, Aujourd’hui vingt-huit brumaire, l’an deuxième de la République Française une et indivisible. En vertu d’un jugement rendu par le tribunal révolutionnaire établi par la loi du 4mars, qui condamne le nommé Prix, dit Saint-Prix, portant peine de mort, également par ledit jugement que le chien dudit Saint-Prix serait assommé, que ledit tribunal ayant envoyé les ordres en conséquence au Comité de surveillance de la section des Tuileries. Ledit comité désirant mettre à exécution ledit ordre, et en vertu de l’arrêté dudit comité, nous nous sommes transportés, nous, Claude-Charles Georges, commissaire dudit comité, accompagné du citoyen Pierre-Louis Hosteaux, inspecteur de police, dans une maison appelée "Le combat du Taureau", tenue par la citoyenne Macquart, où étant nous avons trouvé la citoyenne Macquart, et après lui avoir exhibé l’ordre dont nous sommes porteurs, en l’invitant de nous représenter ledit chien mentionné ci-dessus, à quoi elle s’est soumise, nous avons de suite requis le citoyen Bonneau, sergent de la section des Arcis, de garde au poste du Combat, pour être présent à l’exécution du dit ordre ; nous avons, au désir du tribunal, assommé en sa présence le chien du sus désigné. De tout ce que dessus, nous avons dressé procès-verbal, après en avoir donné lecture en présence des personnes sus désignées, qui l’ont reconnu véritable et ont signé avec nous : Bonneau, sergent de poste ; femme Macquart ; Georges, commissaire ; Hosteaux.

Pour copie conforme à l’original ; signé : Charvet, secrétaire."

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Les Muscadins

mercredi 28 décembre 2016 , par Action Française

Thermidor 1794, le 9, Robespierre est renversé. Il gravit le lendemain les marches de l’échafaud, soutenu par ses complices. Si la terreur se termine officiellement en tant que moyen politique, les terroristes agissent encore. Un retour au pouvoir des jacobins est loin d’être exclu, ils sont encore nombreux dans les sections des sans-culottes des Faubourgs à porter le bonnet rouge. Si la chute de Robespierre sonne le glas des espérances révolutionnaires, elle marque aussi le réveil des royalistes parisiens.

A la jeunesse jacobine, vêtue "à la sauvage", volontairement sale et volontiers ordurière ("une propreté affectée devient ridicule", écrit le conventionnel Charlier, c’est ce que les sans-culottes ont appelé ingénieusement la propreté "muscadine") s’oppose la jeunesse royaliste, élégante à l’excès, raffinée, affectant de parler un langage des plus châtiés sans toutefois prononcer la lettre "R", par haine de la révolution. Outrancièrement parfumés de musc, ils vont être surnommés "les Muscadins".

L’excentricité des Muscadins, plus qu’une simple mode, révèle leur attitude contre-révolutionnaire. Portent-ils des vestes étriquées de couleur verte ? C’est que le vert est la couleur du Comte d’Artois. Leurs cols et parements sont-ils noirs ? C’est pour rappeler la mort du Roi.

S’ils arborent, inévitablement dix sept boutons de nacre c’est bien évidemment en l’honneur de l’orphelin de la prison du Temple, Louis XVII. Leurs long cheveux tressés en cadenettes pendants des deux côtés de leurs joues sont bien utiles pour amortir les coups de gourdin, de sabre ou de hachoir que l’on prend parfois dans les bagarres contre les sans-culottes. Quant à l’énorme cocarde tricolore qu’ils fixent à leur chapeau, elle peut en un instant, grâce à un subtil mécanisme, se métamorphoser en une resplendissante cocarde blanche.

Ils sont près de 3000 à Paris, recrutés principalement parmi les étudiants, les garçons de courses et les employés de commerce. Dans leur quartier général du Palais Royal, ils paradent, lisent et commentent les gazettes royalistes, se réunissent au café de Chartres, leur état-major, ou à celui de la Foi, l’ancien café des chevaliers de St Louis, d’où ils partent par bandes écumer le pavé parisien. Malheur au sans-culotte avéré, au terroriste non repenti qui les croise, plus d’un de ces "culs-crottés" goûtera du "rosse coquin", le gourdin ferré des Muscadins. De véritables batailles rangées ont parfois lieu entre révolutionnaires et royalistes, après lesquelles la police ramasse morts et blessés.

Le développement et la hargne des Muscadins sont tels que bien vite, les sans-culottes se trouvent ramenés dans les limites de leurs faubourgs. Le gouvernement commence à craindre une réaction royaliste. Les 12 et 13 vendémiaire 1795, 25000 royalistes prennent les armes à Paris. Les combats font rage. Les insurgés, repoussés, sont écrasés au canon sur les marches de l’Eglise Saint-Roch par un jeune général, Bonaparte. Le mouvement royaliste est laminé, les chefs se terrent, les Muscadins sont cassés par la police et les sections "loyalistes". Les Muscadins ancêtres des Camelots du Roi ? On ne peut en toute honnêteté franchir le même pas même si la filiation politique est évidente.

Il faut cependant souligner le courage, la volonté, la foi et "l’esprit camelot" avant l’heure dont fit preuve la jeunesse royaliste muscadine. Le rôle politique incontestable qu’elle joua pendant cette période troublée mérite en tous cas [...] d’être rappelé.

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Jean-Baptiste Biaggi, résistant et membre de l'Action française

mercredi 28 décembre 2016 , par Action Française

A l’image des jeunes lycéens qui manifestèrent le 11 novembre 1940, c’est de l’Action française que vinrent les premiers résistants. Des noms comme ceux d’Estiennes d’Orves ou du maréchal Leclerc sont dans toutes les mémoires. D’autres, moins connus et innombrables, prouvent qu’il était possible, si ce n’est logique, d’être résistant quand on était royaliste.

Jean-Baptiste Biaggi, officier de la Légion d’honneur, croix de guerre 39/45, médaille de la Résistance, médaille des Évadés, capitaine dans les commandos de France, est de ceux-ci. En septembre 2002, Pierre-Alexandre Bouclay recueillait ses propos pour Aventures de l’Histoire #12

Comment avez-vous connu l’Action française ?

Jean-Baptiste Biaggi : dans mon petit village de Cagnano, en Corse, il y avait un curé, Ange Giudicelli, qui était maurrassien. Il y avait aussi un marin retraité abonné à l’Action Française. Je lisais donc l’Action Française, malgré l’interdiction du Vatican. Ensuite j’ai été étudiant d’Action française et délégué de l’Action française à la faculté de droit. et c’est moi qui à ce titre, faisais le discours de bienvenue de Charles Maurras qui tous les ans, venait présider le banquet des étudiants d’Action française. J’assistais régulièrement à ses conférences.

Quel fut votre parcours dans la Résistance ?

Jean-Baptiste Biaggi : Durant la guerre, j’ai combattu, j’ai été blessé. Déclaré inapte à tout service, j’ai passé ma convalescence à Marseille, où je marchais avec deux cannes. C’est là que, par hasard, je rencontre Alain Griotteray. Nous sympathisons et il me demande d’organiser des passages de courriers, de renseignements vers l’Afrique du Nord. A partir de 1942, j’ai organisé le passage par l’Espagne de volontaires. Je continuais aussi à fournir du renseignement. Vous savez, le renseignement, c’est beaucoup plus utile qu’un petit meurtre à la sortie d’un métro parisien. Et puis ça ne provoque pas de représailles sur la population. On se fait prendre, on est fusillé, tout au plus avec ses complices. Mais le charcutier du coin et l’institutrice du village voisin, ils n’ont rien.Je suis allé quelques fois à Vichy, pour faire du renseignement. J’y ai rencontré un ancien camarade de Droit, Joseph Barthélémy, devenu ministre de la Justice de Vichy. Il m’a dit : "A Vichy, il y a plus de résistants que partout ailleurs !"

Ensuite, j’ai été arrêté et mis dans un train de déportation vers Bergen-Belsen. De ce train, je me suis évadé, grâce au corset médical qui me maintenait depuis mes blessures au ventre et au dos. Grâce à l’abbé Le Meur, et à la complicité d’un gardien du camp qui voulait déserter, j’ai remplacé les baleines du corset par des scies à métaux et un tournevis.J’ai ensuite organisé une évasion massive du convoi. Durant le transport, nous sommes quarante-cinq à avoir tenté et réussi l’évasion ! Pour cela, nous avons dû maîtriser les autres prisonniers qui menaçaient de nous dénoncer aux SS ! J’ai repéré le meneur, j’ai saisi mon tournevis, le lui ai mis sur le ventre et je lui ai dit : "Maintenant tu fermes ta gueule ou je te crève !" Il a compris. A cinq, nous avons gagné un petit village, où nous avons été hébergés et cachés par le jeune curé de la paroisse. Puis nous nous sommes procurés de faux papiers grâce à ce curé et au maire corse du village ! Nous avons même dormi dans les salons de la préfecture !De retour à Paris, j’ai repris mes activités à Orion jusqu’à la fin de la guerre. Puis j’ai rejoint les Commandos de France.

La doctrine maurrassienne a-t-elle influencé votre engagement dans la résistance ?

J.-B. Biaggi : c’est véritablement la haine des Allemands qui a motivé mon engagement. L’amour de mon pays martyrisé par ceux que nous appelions "les Boches", et la germanophobie en soi. Il n’y a pas eu de complication dialectique ou intellectuelle, comme chez certains qui ne résistent qu’à partir de 1941 par pure stratégie idéologique. Nous avons eu l’instinct de la Résistance, car Maurras nous avait parfaitement formés. Les Allemands étaient chez nous ; ils ne devaient pas y rester. Donc il fallait les chasser. C’est ce à quoi nous nous sommes employés. Nous avons tenté de toutes nos forces, de chasser les envahisseurs. Ce dont nous avions conscience, c’est de l’intérêt supérieur du pays. C’est ça, le fond de la doctrine maurrassienne. Que Maurras ait eu une autre méthode que nous pour remédier à la crise, c’est conjoncturel. Je le dis très franchement et même fièrement : j’ai toujours été maurrassien ; je le suis toujours resté ; et à mon âge, je crois bien devoir vous dire que je le resterai toujours. La Résistance était un réflexe patriotique. L’école politique qui enseignait le patriotisme au plus haut degré, c’était l’Action française.

Un dernier mot sur Maurras ?

J.-B. Biaggi : Il faut raconter une anecdote de Marcel Jullian répondant à un proche du général De Gaulle qui, après la victoire, lui reprochait son attachement à Maurras, coupable d’intelligence avec l’Allemagne : "Vous avez très mal choisi, monsieur. Maurras avait toutes les formes possibles de l’intelligence, sauf celle là !"

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