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Quelques lieux

Lucs-sur-Boulogne

mercredi 28 décembre 2016 , par Action Française

Le 28 février 1794, tuant et incendiant sur leur passage, les colonnes des généraux Cordellier et Crouzat se dirigent vers le village des Lucs-sur-Boulogne. Mais sur le chemin, ils sont attaqués et mis en fuite par les troupes de Charette. Cependant, après sa victoire, Charette, obligé de pratiquer la guérilla, doit se retirer. Martincourt, un lieutenant de Cordellier s’en aperçoit et après avoir rallié plusieurs fuyards, se dirige vers Les Lucs avec l’intention d’y exercer des représailles.

Le 28 février 1794, les Républicains, divisés en deux colonnes entrent sur le territoire des Lucs-sur-Boulogne, alors divisé en deux paroisses ; le Grand-Luc avec 2 050 habitants et le Petit-Luc, peuplé d’une centaine de personnes. Face à l’arrivée des colonnes, une partie de la population court se réfugier dans la chapelle du Petit-Luc. Mais les villageois ne sont guère en mesure de se défendre, la population présente compte principalement des vieillards, des femmes, des enfants dont 109 avaient moins de 7 ans.

La quasi-absence d’hommes adultes convainc les Républicains que ces derniers avaient participé aux combats sous les ordres de Charette. L’abbé Voyneau, curé du Petit-Luc se présente alors aux soldats sur le chemin de la Molnaie, cependant ceux-ci se saisissent de lui le torturent et l’éventrent. Matincourt décide de ne pas faire de quartier. La chapelle étant trop petite pour contenir toute la population, les soldats ouvrent le feu sur les personnes à l’extérieur, puis afin d’économiser les cartouches, lancent une charge à la baïonnette massacrant et achevant les blessés. Les survivants se barricadent à l’intérieur de la chapelle, les Républicains incendient alors l’église, puis ouvrent le feu avec leurs pièces d’artillerie ce qui provoque l’éboulement de l’édifice qui ensevelit vivant le reste des habitants.

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La Chapelle expiatoire

mercredi 28 décembre 2016 , par Action Française

Le site des monuments nationaux est caractéristique de l’aplatissement général du réel propre à notre société . Pour la Chapelle expiatoire nous lisons la phrase suivante : "Au cœur du square Louis-XVI à Paris, découvrez la Chapelle expiatoire, petite merveille de style néoclassique tardif"... et c’est tout !

C’est peu. Rendons de l"épaisseur à ce monument remarquable.

Lorsque l’ancienne église de la Madeleine fut reconstruite sur place en 1660 (au n°8 du boulevard Malesherbes) et agrandie, son cimetière, qui jusqu’alors lui avait été attenant, dut être transféré à 350 mètres de là.

Ce cimetière désaffecté le 25 mars 1794, fut acheté par un magistrat royaliste qui, habitant une maison voisine, avait pu noter les endroits où le roi et la reine avaient été inhumés. Lorsque Louis XVIII autorisa les recherches pour retrouver les corps de Louis XVI et de Marie-Antoinette, il indiqua leur emplacement. Leurs corps, une fois retrouvés, furent mis en bière, le 20 janvier 1825, et transportés le 21, dans la nécropole royale de Saint-Denis.

Louis XVIII fit élever, une chapelle, dite la chapelle expiatoire, à l’endroit où ces corps avaient été retrouvés ; l’inauguration eut lieu en 1826. L’ensemble a l’aspect d’une nécropole gréco-romaine ; il occupe tout l’emplacement de l’ancien cimetière. Il comporte un vestibule, deux portiques et une chapelle formant les quatre côtés d’un jardin rectangulaire. Admirable architecturalement, le lieu vaut aussi par sa quiétude, peu commune en cet endroit du 8e arrondissement, le long du boulevard Haussmann, entre la place de la Madeleine et la gare Saint-Lazare.

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Le cimetière de Picpus

mercredi 28 décembre 2016 , par Action Française

Le cimetière de Picpus est un des deux seuls cimetières privés de la ville de Paris, avec le cimetière des Juifs Portugais de Paris. Il a été creusé en juin 1794 au fond du jardin d’un couvent dont les religieuses, chanoinesses de Saint-Augustin, ont été chassées deux ans plus tôt par les révolutionnaires.

L’importance du cimetière de Picpus est lié à sa localisation : à quelques minutes se trouve l’ancienne « place de la Nation », alors rebaptisée « du Trône renversé », où la guillotine est érigée du 13 juin au 27 juillet 1794. La Terreur y atteint son paroxysme. Cinquante-cinq personnes par jour y sont exécutées. De toutes conditions sociales, ces personnes sont condamnées par le tribunal révolutionnaire pour leur statut (noble ou religieux) ou pour délit d’opinion.

La partie nord-est du jardin de l’ancien couvent est choisie pour servir de fosses communes aux suppliciés.

Une première fosse commune est creusée et les corps décapités y sont jetés. Nobles, nonnes, marchands, soldats, artisans, ouvriers, aubergistes, etc mêlés. Une deuxième fosse est creusée quand la première est pleine. (Une troisième fosse a également été découverte en 1929 mais elle ne contenait pas de cadavres). La chapelle de l’ancien couvent est utilisée par les fossoyeurs comme bureau afin d’inventorier les vêtements dont ils dépouillaient les victimes.

Les noms des 1306 personnes qui y sont enterrées sont gravés sur deux plaques de marbre accrochées près du chœur de la chapelle. Parmi les 1 109 hommes figurent 108 nobles, 108 ecclésiastiques, 136 moines, 178 militaires et 579 roturiers. Parmi les 197 femmes, il y a 51 nobles, 23 nonnes et 123 roturières.

Parmi les femmes, seize carmélites de Compiègne, âgées de 29 à 78 ans, sont conduites ensemble à l’échafaud en chantant des hymnes. Elles seront béatifiées en 1906.

Le gouverneur des Invalides de l’époque, de Sombreuil, âgé lui-même de 76 ans, est tué pour la seule raison d’être noble. On compte aussi les poètes Jean-Antoine Roucher et André Chénier. Sur la plaque commémorant le souvenir de ce dernier, on peut lire : « servit les muses, aima la sagesse, mourut pour la vérité ».

En 1797, le jardin est acheté en secret par la princesse Amélie de Hohenzollern-Sigmaringen (épouse d’Aloys Antoine, prince souverain de Hohenzollern-Sigmaringen), car le corps de son frère, le prince Frédéric III de Salm-Kyrburg[3], guillotiné en 1794, y repose.

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La basilique de Saint Denis

mercredi 28 décembre 2016 , par Action Française

Martyrium, Abbaye royale, Nécropole royale... la basilique de St Denis est tout cela à la fois.

L’histoire de Saint-Denis commence vers 250, avec le martyre, précisément, de Saint Denis, l’évangélisateur et premier évêque de Lutèce. Décapité à Montmartre, il aurait pris sa tête dans ses mains et se serait rendu dans la cité romaine de Catulliacus, au nord de Lutèce, où il aurait été enterré.

Vers 475, sainte Geneviève fait édifier une première église, but d’un pèlerinage immédiatement très populaire, dont Dagobert, en 630, se fait le protecteur, transformant cette simple église en une abbaye royale, où il installe des moines bénédictins. Il est le premier souverain à s’y faire enterrer.

Pépin le Bref s’y fait sacrer roi par le pape en 754 : c’est lui qui aménage, sous le chœur, le martyrium où l’on vient vénérer les reliques de saint Denis. Plusieurs carolingiens s’y font enterrer.

Devenu roi, Hugues Capet, dans la volonté affichée de prendre la suite de la dynastie carolingienne, s’y fait inhumer, et l’abbaye devient ainsi officiellement la nécropole royale. Tous les rois de France y furent enterrés, sauf cinq (Philippe Ier - Louis VI - Louis XI - Charles X - Louis-Philippe).

1793 : l’année terrible des profanations

En 1793, tout comme Notre-Dame de Paris, l’abbaye est transformée en Temple de la Raison (ce qui les sauve probablement, l’une et l’autre), mais elle est affreusement vandalisée. C’est Barrère qui, le premier, demande à la Convention d’effacer les "effrayants souvenirs des rois".

Certains tombeaux sont carrément détruits (Hugues Capet). Toutes les sépultures sont profanées, et les corps qu’elles contenaient jetés pêle-mêle dans des fosses communes. Alexandre Lenoir avait réussi à faire transporter les tombeaux les plus précieux à Paris, au dépôt des Petits-Augustins, les sauvant ainsi d’une destruction certaine : rentré à Paris, Louis XVIII fera transférer tous les tombeaux à la basilique, dont il ordonnera la remise en état.

Il fut, par ailleurs, le dernier souverain français à être inhumé à Saint-Denis, son frère, Charles X, reposant en terre étrangère.

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