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Pierre Boutang

Une vie à travers le royalisme

mercredi 28 décembre 2016 , par Action Française

Pierre Boutang, né en 1916 et décédé en 1998, était à la fois un philosophe, un poète, un journaliste politique et un traducteur. Normalien, agrégé de philosophie en 1936, il participe la même année à la rédaction de l’Action Française et se révèle un fervent partisan des idées de Maurras.

Ayant participé au gouvernement Giraud en Afrique du Nord en 1943, et quoiqu’il ait fait partie des troupes alliées en Tunisie et au Maroc en 1943 et resté dans l’armée jusqu’en 1946, il est révoqué sans pension et avec l’interdiction d’enseigner après la guerre. Il se consacre alors au journalisme, collaborant à Aspects de la France et au Bulletin de Paris où, sous pseudonyme, il assure la chronique théâtrale. Cherchant à rénover le royalisme, à en articuler le message avec le christianisme, il fonde l’hebdomadaire La Nation française en 1955, où signent notamment les Hussards, mais aussi Marcel Aymé, Gustave Thibon, Armand Robin, etc. Il se veut « être à l’abri de Sartre » et des « entrepreneurs en nihilisme ».

Tour à tour, et en fonction des évènements, il va soutenir le général de Gaulle ou le combattre, en insistant particulièrement sur le modèle monarchique sur lequel repose, selon lui, la constitution de la Vème République.

Suite à des interventions diverses, notamment d’André Michelet et d’Alain Peyrefitte, il est réintégré dans l’enseignement par le général de Gaulle en 1967. Il est d’abord professeur de philosophie au lycée Turgot puis devient maître de conférences à l’Université de Brest en 1974. Il est nommé ultérieurement professeur de métaphysique à la Sorbonne, où il enseigne jusqu’en 1984, prolongeant ensuite son séminaire à son domicile de Saint-Germain en Laye jusqu’à sa mort.

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mercredi 28 décembre 2016 , par Action Française


Albert Thibaudet disait de Maurras qu’il était un continent : on pourrait en dire de même de son disciple Pierre Boutang (1916-1998), philosophe, essayiste, critique, poète, romancier, traducteur, diariste (son journal inédit fait quelque 5 000 pages) et pamphlétaire. Il fut également journaliste à L’Action Française, à Aspects de la France, et à La Nation Française.

Pour aborder l’œuvre de Pierre Boutang, le mieux, surtout pour un royaliste, est de lire Reprendre le pouvoir (Sagittaire, 1978), où Boutang réactualise et approfondit son approche de la notion de pouvoir et sa conception de la monarchie, notamment à partir d’un long article, intitulé « Court traité du pouvoir légitime à l’usage des Français d’aujourd’hui » (p. 75-112). Reprendre le pouvoir est essentiel sur la notion de légitimité, concept-clef de la philosophie politique de Pierre Boutang. On pourra évidemment poursuivre par la lecture de son maître-livre sur Maurras, La destinée et l’œuvre (Plon, 1984, La Différence, 1993) : ou la rencontre des deux plus grands philosophes politiques français du XXe siècle. Car avant d’être une biographie de Maurras, il s’agit d’une lecture du maître par un cadet de même envergure.

Enfin, il ne sera pas inutile de lire La Politique considérée comme souci (Froissart, 1948), premier traité de philosophie politique écrit dans le contexte existentialiste de l’immédiat après-guerre. On y suit Boutang dans sa découverte du souci politique par la notion paternelle d’autorité. Il y écrit des pages définitives sur ce paradoxe inhérent à la condition humaine : le fait pour l’homme de devoir vivre comme un « engagement nécessaire et absolu » « cet événement contingent et relatif », qu’est celui d’être né « dans une communauté qu’il n’a pas choisie », paradoxe qui récuse l’internationalisme et fonde le nationalisme, sans faire de ce dernier le dernier mot de l’aventure humaine.

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