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Léon Daudet

Le talent... et le talent de discerner le talent !

mercredi 28 décembre 2016 , par Action Française

Né le 16 novembre 1867 à Paris, il est le fils aîné d’Alphonse Daudet. Il fréquentera très tôt des écrivains, journalistes ou hommes politiques que son père recevaient chez lui : Edmond de Goncourt, Maurice Barrès, Émile Zola, Ernest Renan ou Gambetta …

Il fit de brillantes études au lycée Louis-le-Grand et entame en 1885 des études de médecine qu’il mènera jusqu’au bout, thèse exceptée. Il échoue au concours de l’internat, en 1891. Sa carrière littéraire commence avec son premier roman, L’Héritier qui paraît en 1892. Son expérience des milieux médicaux lui permet d’écrire en 1894 Les morticoles.

Ecrivain, polémiste et journaliste, il laissera environ 9000 articles et 128 livres (romans, essais philosophiques, ouvrages de critique littéraire, pamphlets, livres historiques). Ses choix politiques ne l’empêcheront pas d’apprécier et de soutenir des auteurs aux idées politiques opposées. Il fait ainsi obtenir en 1919 le Prix Goncourt à Marcel Proust pour A l’ombre des jeunes filles en fleur et encensera Céline pour Voyage au bout de la nuit, ouvrage honni par les milieux nationalistes de l’époque. Résolument anticonformiste en matière d’art, il louera le talent de Picasso.

Personnage truculent, bon vivant, au tempérament sanguin et passionné, aimant la polémique jusqu’au duel, « le gros Léon » eut une vie bien remplie, assombrie cependant par la mort de son fils Philippe, à l’âge de 14 ans en 1923, dans des conditions troubles. Il meurt le 30 juin 1942 à Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône).

Ce sont ses Souvenirs, publiés avec succès de 1914 à 1921, qui lui vaudront de passer à la postérité comme écrivain. Ils fourmillent d‘anecdotes et portraits de ses contemporains comme celui de Marcel Proust :

« Vers 7 heures et demie arrivait chez Weber un jeune homme pâle, aux yeux de biche, suçant ou tripotant une moitié de sa moustache brune et tombante, entouré de lainages comme un bibelot chinois. Il demandait une grappe de raisin, un verre d’eau et déclarait qu’il venait de se lever , qu’il avait la grippe, qu’il s’allait recoucher, que le bruit lui faisait mal, jetait autour de lui des regards inquiets, puis moqueurs, en fin de compte éclatait d’un rire enchanté et restait. Bientôt sortaient de ses lèvres, proférées sur un ton hésitant et hâtif, des remarques d’une extraordinaire nouveauté et des aperçus d’une finesse diabolique. (…). C’était l’auteur de ce livre original, souvent ahurissant, plein de promesses : “Du côté de chez Swann”, c’était Marcel Proust. »

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L’affaire Philippe Daudet‏

mercredi 28 décembre 2016 , par Action Française

L’année 1923 est marquée par un fait divers qui bouleverse la l’Action française. Le 27 novembre, les journaux annoncent la mort du jeune Philippe Daudet, 14 ans, fils aîné de Léon Daudet. Le 20 novembre, Philippe avait fait une fugue et aurait contacté d’abord Le Libertaire en demandant qu’on lui désigne une cible à abattre puis, après avoir été éconduit, un libraire anarchiste qui, indicateur de la police, le dénoncera aussitôt aux forces de l’ordre. Dépêchées pour l’arrêter, elles trouvent son cadavre dans le taxi censé l’amener au commissariat.

Léon Daudet crie aussitôt au complot anarcho-républicain. Le Libertaire, lui, prétend alors avoir été contacté par Philippe dès la suite de l’assassinat de Marius Plateau par une anarchiste et publie une lettre de Philippe à sa mère. Les rédacteurs du Libertaire concluent au suicide (comme le fera l’enquête officielle en septembre 1925, classant l’affaire sans suite) et prétendent que Philippe souhaitait assassiner son propre père. Les deux journaux se livrent une bataille médiatique qui fait monter les tirages, pendant que Léon Daudet accuse le libraire, manipulé par la police, d’avoir abattu son fils et pointe du doigt le chauffeur du taxi pour complicité. Un procès en diffamation s’ensuit, perdu par Daudet. Il est condamné en 1925 à 5 mois de prison.

Refusant de se remettre aux forces de l’ordre, il se barricade en 1927 avec des Camelots dans les locaux de l’Action française rue de Rome, annonçant un nouveau Fort-Chabrol avant de rendre. Il s’évadera de la Santé quelques semaines plus tard grâce aux Camelots (qui firent croire par téléphone à une grâce présidentielle au directeur de la Santé) pour s’enfuir en Belgique puis revenir, amnistié, en France en décembre 1929.

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