Eliminer les plus économiquement faibles ?
Mercredi 3 mars 2010
J’étais hier au Salon de l’Agriculture et j’avais préparé un petit dossier sur le thème agricole avec des articles tirés de journaux divers et variés, et généralement récemment publiés. Or, l’un d’entre eux m’a intrigué et, en même temps, navré : publié dans « Les Echos » (vendredi 27 février 2010), il reprenait un article paru dans la presse danoise et mérite d’être intégralement reproduit comme il a été rédigé, sous le titre « Des économistes pour l’élimination des petites fermes au Danemark » :
« Faut-il laisser mourir les petites exploitations agricoles au Danemark ? C’est ce que pensent, selon le quotidien « Politiken », des experts danois. Après avoir annoncé un important remaniement ministériel cette semaine, le gouvernement danois a décidé un nouveau programme économique à l’horizon de 2020 dont la principale mesure concerne le passage à l’euro. Ce plan prévoit également un soutien à l’agriculture sous la forme d’un allégement d’impôts fonciers représentant 1 milliard de couronnes (environ 135 millions d’euros) pour 2011 et 2012, pour compenser les effets de la crise. Mais, pour les économistes du Conseil économique de l’environnement, cela n’est pas une bonne idée. Pour eux, la crise actuelle pourrait être une bonne chose pour ce secteur à long terme, car nombre de petites exploitations, faiblement rentables, pourraient fermer, laissant les plus grandes et les plus efficaces survivre.
« Le risque, note le conseil gouvernemental, est de remettre à plus tard les restructurations nécessaires dans l’agriculture. D’après le journal, l’aide a été décidée par le gouvernement parc que l’on redoute que, sinon, le quart des exploitations agricoles au Danemark disparaissent au cours des cinq prochaines années. Le conseil recommande pour sa part que les conditions imposées aux exploitations soient plus rigides en matière environnementale afin que Copenhague puisse répondre à ses obligations internationales. Le secteur agricole, rappelle-t-on par ailleurs, représente moins de 2 % du PIB danois et moins de 3 % de l’emploi. »
Cet article est tristement révélateur d’un système de pensée économique qui oublie les hommes et qui ne veut voir que la rentabilité comme seul critère de jugement ! Que ce soient des économistes, des experts, des conseillers gouvernementaux qui réclament, en somme, la mort des plus faibles économiquement en dit long sur l’état d’esprit de certaines élites que je n’hésite pas à qualifier de « déshumanisées » : dans leur mode de réflexion, les hommes ne sont qu’une simple variable d’ajustement, et meurent les petites exploitations agricoles pourvu que les (leurs, plus exactement…) principes de rentabilité économiques soient respectés ! Ce genre de raisonnement me met en colère mais je crains que nos gouvernants actuels ou plutôt les milieux financiers et économiques qui les soutiennent et les tiennent partagent le même état d’esprit : l’Argent plutôt que les hommes ! Triste…
C’est aussi pour cela que je suis royaliste, c’est par refus de cette déshumanisation, de cette dépersonnalisation, de cette réduction des hommes à de simples critères économiques, non que je refuse les raisonnements économiques, mais je pense que l’économie qui oublie les hommes ou les ravale au rang de statistiques ou de choses n’est pas une bonne économie. Toute économie, si elle veut répondre à sa définition première et à son étymologie grecque, doit se mettre au service des hommes, et non l’inverse ou à celui exclusif de quelques uns : c’est une question de justesse humaine et, donc, de justice sociale
Jean-Philippe Chauvin – Son Blog
Le vécu de nos paysans :
Une crise identitaire autant que financière, par Cedric Benoist
Le monde agricole se trouve coincé entre la mondialisation (prix volatils, dumping social et environnemental), les contraintes franco-européennes (en matière sociale et environnementale) et le pouvoir de la grande distribution qui a été le seul moyen trouvé pour, prétendument, limiter l’inflation. Je suis céréalier sur une exploitation de 120 hectares en pleine Beauce. Il y a cinquante ans, cette exploitation faisait vivre une famille de quatre enfants et employait quatorze salariés en moyenne. Aujourd’hui, je ne me prélève que 1 300 euros par mois ! Les contraintes administratives et environnementales sont décuplées, jamais on n’aura été autant contrôlés et transparents quant à nos pratiques. A contrario, jamais on n’aura été autant décriés ! C’est autant une crise identitaire que financière.
Je me lève pour rien, par Romain Pasquier
Au début, on pense que l’on est épargné par la crise. Puis les bulletins de paie du lait arrivent, ils sont de moins en moins gros. Les bennes de blé ne valent plus de l’or et les ventes d’animaux ne rattrapent pas les pertes. Depuis décembre, je ne me verse plus de salaire, car je dois 100 000 euros à un fournisseur et je continue à rembourser des emprunts. Alors on dilapide le peu d’épargne que l’on a, on décapitalise le cheptel bovin, on vend le matériel quitte à en louer si besoin et on cherche à baisser le plus possible les coûts de production. On va finir par demander le RSA un peu comme des miséreux et on se retrouve avec une entreprise de plus de 700 000 euros de valeur qui ne peut même plus dégager de revenu malgré toutes les subventions que l’on obtient…
Ce ne sont que des chiffres, sauf qu’on entend le téléphone sonner la peur au ventre, si c’est un créancier qui veut son argent et que je ne peux lui donner, et que ça me donne des migraines de savoir que je me lève pour rien.

2010 est déjà là, et les royalistes niçois aussi !
Cette citation de Jean François Copé résume assez bien les motivations d’une vague législative liberticide de ces dernières années que l’on peut fixer pour résumer de la loi DADVSI en 2006 à la prochaine LOPPSI 2, en passant par la déplorable HADOPI fraichement votée.
Le gouvernement de la république veut mettre en place toujours plus d’éoliennes. En effet, le Grenelle de l’environnement a pour objectif d’installer près de 22 000 éoliennes de plus, pour obtenir les 25 000 mégawatts voulus par cette réunion. Or, en partant du potentat que l’on met une éolienne par kilomètre, il faudrait 2 200 000 hectares, ce qui fait la superficie de 4 départements français. Cela amènerait donc des pollutions sonores et visuelles pour les populations.
L’Europe, gage de paix et de stabilité économique… Certes la crise est là et bien installée, voilà un grand rêve européiste qui vire au cauchemar et lorsque l’on sait que les décisions de la commission européenne sont supérieures aux règles étatiques, on se dit que les pseudos droits de l’homme ne servent à rien. Tout peuple a droit à disposer de lui-même est un de ces droits « fondamentaux » et « inaliénable »…on peut alors se demander si on ne vit pas en Absurdistan…



















