La lucidité d'un communiste

14 mars 2011

Jeudi 10 mars 2011 - Lettre à Pierre Laurent, secrétaire national du PCF Front national : nos renoncements l'ont fait roi ! Cher Pierre, L’abandon du combat de classes et de l’engagement des communistes et des progressistes en France et en Europe, ont laissé un vide dans les couches populaires. La classe ouvrière est abandonnée. [...]

Jeudi 10 mars 2011 - Lettre à Pierre Laurent, secrétaire national du PCF
Front national : nos renoncements l'ont fait roi !
Cher Pierre,

L’abandon du combat de classes et de l’engagement des communistes et des progressistes en France et en Europe, ont laissé un vide dans les couches populaires. La classe ouvrière est abandonnée. Les employés, les ingénieurs-cadres-techniciens sont négligés pour le plus grand profit du capitalisme mondialisé qui peut ainsi étendre sa domination et ses ravages. Le spectre géopolitique qui émerge d’une telle situation est connu. La paupérisation de masse et la crainte du déclassement a leur pendant : l’abstention, le vote protestataire, populiste et xénophobe, autant de cris de la désespérance.

Tel est, selon moi, ce qui s’est déjà produit le 21 avril 2002. J’avais parlé, à l’époque, après le résultat de Robert Hue, de « dépôt de bilan du Colonel Fabien ». L’hypothèse du scénario 2012 avec le Front national et Marine Le Pen est à prendre au sérieux. (Lire la suite…)

L’EUROPE DU CHÔMAGE

11 mars 2011

Fin janvier, le commissaire européen à l’emploi, László Andor, admettait que l’UE faisait face à une « reprise sans création d’emplois », alors que l’Organisation internationale du travail (OIT) a prévenu que la situation pourrait ne pas s’améliorer cette année. Effectivement, le taux moyen de chômage parmi les «27» s’est établi à 9,6 % pour [...]

Fin janvier, le commissaire européen à l’emploi, László Andor, admettait que l’UE faisait face à une « reprise sans création d’emplois », alors que l’Organisation internationale du travail (OIT) a prévenu que la situation pourrait ne pas s’améliorer cette année.

Effectivement, le taux moyen de chômage parmi les «27» s’est établi à 9,6 % pour l’année 2010. (Lire la suite…)

ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC LE PRINCE JEAN DE FRANCE : "CONSOLIDER LE TISSU SOCIAL"

10 mars 2011

Monseigneur, quel bilan tirez-vous de la publication d’Un Prince français, quinze mois après sa parution ? Le livre s’est vendu à quelque 10 000 exemplaires. Comme toujours, les ventes ont été très fortes dans les six premiers mois. La couverture médiatique a été bonne et un quart des ventes s’est effectué dans le cadre des [...]

Monseigneur, quel bilan tirez-vous de la publication d’Un Prince français, quinze mois après sa parution ?
Le livre s’est vendu à quelque 10 000 exemplaires. Comme toujours, les ventes ont été très fortes dans les six premiers mois. La couverture médiatique a été bonne et un quart des ventes s’est effectué dans le cadre des conférences que j’ai données à Paris, en province ou à l’étranger (j’ai fait deux conférences en Belgique). Pour un premier livre, je suis content, d’autant qu’on peut multiplier ce chiffre par deux ou trois pour avoir le nombre de lecteurs. Après mon mariage et la naissance de Gaston, ce livre m’a permis de rester présent en posant un cadre intellectuel à mon action. Loin de tout extrémisme, il reflète ce que doit être la position d’un prince : équilibrée, au service du pays. C’est ce qu’ont retenu, à mon sens, aussi bien les Français que les journalistes, comme l’ont montré deux émissions récentes, sur France 2 («Prise directe») et sur Canal Plus. J’ai en quelque sorte planté le décor. Réflexion et action sont intimement liées, d’autant que le livre est le fruit de dix ans de déplacements. Il ne s’agit pas d’une réflexion éthérée : une matière concrète a servi de base à son élaboration. Il convient désormais d’engager une action dans un domaine où le prince est à sa place.

Que vous ont apporté vos rencontres avec les Français ?
J’ai cherché tout d’abord à délivrer des messages précis sur un certain nombre de sujets. Ces messages devenaient de plus en plus clairs au fur et à mesure que je les exposais et que je recueillais les réactions des Français.

Ces rencontres m’ont également permis de mieux connaître le public qui s’intéresse à la monarchie. Durant mes dix années de déplacements dans le pays, j’ai pu établir de nombreux contacts qui ont eu un effet démultiplicateur. A Bordeaux, comme à Paris, j’ai parlé devant plus de quatre cents personnes. Certaines étaient convaincues, d’autres moins. J’ai rencontré la France dans toute sa diversité. J’ai pu engager un vrai dialogue avec des Français de toutes conditions socio-professionnelles et culturelles, de toutes origines aussi. Ils sont de plus en plus nombreux à réfléchir non seulement à l’avenir du pays, mais également au rôle d’un prince, éventuellement d’un roi, parce que le monde politique a du mal à répondre à leurs attentes, faute de leur donner des perspectives enracinées dans un véritable projet. Il y a de moins en moins de liant : pensons à l’isolement des personnes âgées, au sort des exclus. Chacun vit dans sa bulle : il suffit de voir les personnes dans les transports en commun. Un prince peut être ce liant que recherchent les Français : d’une part, l’histoire de ma famille rejoint notre histoire commune ; d’autre part, mes orientations visent à consolider le tissu social. (Lire la suite…)

Le cynisme de M. Trichet face aux salariés européens.

10 mars 2011

Il y a quelques jours, lors d'un entretien télévisé, M. Trichet, président de la Banque Centrale Européenne, déclarait qu'une augmentation des salaires en Europe serait « la dernière bêtise à faire », ce qui n'avait qu'à peine ému la presse et l'Opinion, blasée depuis longtemps devant tant d'outrecuidance et d'assurance de la part des oligarques [...]


Il y a quelques jours, lors d'un entretien télévisé, M. Trichet, président de la Banque Centrale Européenne, déclarait qu'une augmentation des salaires en Europe serait « la dernière bêtise à faire », ce qui n'avait qu'à peine ému la presse et l'Opinion, blasée depuis longtemps devant tant d'outrecuidance et d'assurance de la part des oligarques qui dirigent l'Union européenne. Le débat sur les salaires n'est pas nouveau et un rapport présenté à la Commission européenne il y a quelques années déjà évoquait sans beaucoup de précaution la « nécessité » de baisser les salaires en Europe pour des raisons de compétitivité : nous y sommes, d'ailleurs, puisque les salaires des fonctionnaires dans plusieurs pays de l'Union, et en particulier de la zone euro, ont déjà diminué, de 5 % en Espagne et au Portugal à 14 % en Irlande et 25 % en Roumanie (le salaire moyen d'un prof y est inférieur à... 300 euros ! Oui, 300 euros mensuels !) ; quant à la France, les salaires des fonctionnaires y sont gelés depuis l'an dernier tandis qu'un quart des salariés (environ 6 millions de personnes), principalement dans le privé, touchent moins de 750 euros mensuels. Il n'est pas interdit de discuter ces conditions salariales, me semble-t-il, y compris en cherchant des alternatives à des hausses qui pourraient peut-être (évitons les affirmations trop péremptoires en ce domaine), si elles ne s'accompagnaient pas de contreparties ou de choix des salariés eux-mêmes sur la charge ou le temps de travail, s'avérer contreproductives sur le plan de l'emploi. Mais, encore faut-il qu'il y ait discussion honnête et que chaque partie négociatrice fasse des efforts à mesure de ses possibilités : sinon, c'est l'injustice sociale qui s'installe, au risque de fragiliser même l'équilibre de notre société et de celle de nos voisins et partenaires. (Lire la suite…)

Les multinationales contre l’économie française

8 mars 2011

Sur le terrain des conflits sociaux, ce sont une fois encore les groupes multinationaux qui font l’actualité. On mesure chaque jour d’avantage les conséquences dramatiques que peuvent avoir les reprises de sociétés françaises par des capitaux étrangers. Prises de contrôle qui sont le plus souvent facilitées, voire encouragées par les pouvoirs publics, sous couvert d’ouverture [...]

Sur le terrain des conflits sociaux, ce sont une fois encore les groupes multinationaux qui font l’actualité. On mesure chaque jour d’avantage les conséquences dramatiques que peuvent avoir les reprises de sociétés françaises par des capitaux étrangers. Prises de contrôle qui sont le plus souvent facilitées, voire encouragées par les pouvoirs publics, sous couvert d’ouverture et d’attractivité internationale ! Combien de PME françaises, d’entreprises viables et prometteuses, périssent-elles ainsi chaque année, au nom du droit de leurs actionnaires américains ou des fonds de pension luxembourgeois, suisses ou néerlandais qui les contrôlent ? Ce mois-ci, ce sont les salariés de Sperian Protection, entreprise bretonne du secteur informatique, qui font les frais du contrôle de leur entreprises par le conglomérat américain Honeywell. Ce sont les 192 employés de Compétence à Brest qui se mobilisent pour que le fonds de pension nord-américain qui les contrôle se préoccupe de leur activité. Il en est de même pour les 558 employés du fabriquant de meubles Capdevieille, en lutte contre le fonds de pension luxembourgeois qui a conduit leur entreprise à la faillite. Comme pour les sites du groupe américain Ideal Standart des Ardennes et du Jura, qui enregistrent plus de 300 licenciements. On imagine également l’inquiétude des salariés de la fonderie d’aluminium Brealu de Vaux (Allier) qui viennent d’apprendre la reprise de leur site par la multinationale DMI, après que celle-ci ait exigé le licenciement préalable de  114 d’entre eux. Quant au groupe japonais Sony, qui doit une partie de sa réussite en France à son usine alsacienne de Ribeauvillé, il l’aurait volontiers fermée et licencié ses 580 salariés, sans l’action volontaire, ferme et déterminée des élus alsaciens. (Lire la suite…)

Le capitalisme est-il d’origine catholique ? Réflexions à l’italienne

6 mars 2011

Intéressante rencontre, [mardi 1er mars] au siège de « Communion et Libération », à Rome. Ce mouvement italien de laïcs catholiques, très actif dans la péninsule, organise chaque année fin août à Rimini, une semaine de rencontres internationales. Ces « Semaines sociales » à l’italienne rassemblent pas moins de … 800 000 personnes et des [...]

Intéressante rencontre, [mardi 1er mars] au siège de « Communion et Libération », à Rome. Ce mouvement italien de laïcs catholiques, très actif dans la péninsule, organise chaque année fin août à Rimini, une semaine de rencontres internationales. Ces « Semaines sociales » à l’italienne rassemblent pas moins de … 800 000 personnes et des personnalités internationales de tout premier plan.

[Le 1er mars au soir donc], la rencontre portait sur un livre intitulé « Les catholiques et l’économie globale » (Ed. Lindau), dont l’auteur est Ettore Gotti Tedeschi, président de l’IOR (la banque du Vatican), conseiller du ministre des finances italien Tremonti, président de la Banque espagnole Santander en Italie. Il répond dans ce livre aux questions de Rino Cammilleri, chroniqueur au « Giornale ». (Lire la suite…)

"RÉDUIRE LES ETATS À UN STATUT QUASI COLONIAL"

4 mars 2011

Le 29 mai 2005, 55% des Français disent non au référendum sur la constitution européenne, affirmant vouloir une Europe sociale. Leur avis n’a jamais été écouté. Pacte de compétitivité, semestre européen, sommet pour un "dipositif de réponse à la crise", stress test pour les banques...Les technocrates et poltiques européens multiplient les interventions pour "contrecarrer la [...]

Le 29 mai 2005, 55% des Français disent non au référendum sur la constitution européenne, affirmant vouloir une Europe sociale. Leur avis n’a jamais été écouté.

Pacte de compétitivité, semestre européen, sommet pour un "dipositif de réponse à la crise", stress test pour les banques...Les technocrates et poltiques européens multiplient les interventions pour "contrecarrer la crise". Mais derrière des terminologies confuses pour les citoyens se met en place un système qui va poser les budgets des pays sous contrôle de Bruxelles et contraindre à l'austérité. Dès lors, une Europe sociale va devenir plus en plus difficile. Zoom sur un semestre Europpéen.

« Le semestre européen » : cette formule obscure cache un dispositif qui ferait passer les craintes des anti-Maastrich pour des bluettes. Il s’agit ni plus ni moins d’une mécanique permettant à l’Europe, via sa commission et Ecofin qui rassemble les ministres des finances, d’avoir une influence réelle sur les choix budgétaires des pays et donc de leur politique. (Lire la suite…)

Les conditions du renouveau

2 mars 2011

Les éditions L’Harmattan viennent de rééditer deux ouvrages majeurs de Georges Sorel (Introduction à l’économie moderne [1], La décomposition du marxisme [2]) que nous ne saurions trop recommander à ceux de nos lecteurs qui désirent se familiariser avec l’œuvre du grand philosophe social. L’Introduction à une économie moderne (1903) expose en particulier assez clairement ce [...]

Les éditions L’Harmattan viennent de rééditer deux ouvrages majeurs de Georges Sorel (Introduction à l’économie moderne [1], La décomposition du marxisme [2]) que nous ne saurions trop recommander à ceux de nos lecteurs qui désirent se familiariser avec l’œuvre du grand philosophe social.

L’Introduction à une économie moderne (1903) expose en particulier assez clairement ce qui, pour Sorel, conditionne la transformation de la société industrielle. Sur les pas de Proudhon, il exprime l’intuition que c’est l’innovation, l’esprit technique et donc l’intelligence humaine qui sont désormais au cœur du procès de production, et non plus la détention et la mise à disposition du capital. L’ouvrier, le technicien, l’ingénieur, l’apporteur d’innovation, l’artiste sont les composantes d’une nouvelle classe de producteurs à qui l’avenir appartient. La lutte des classes n’est plus simplement l’expression d’une guerre entre dominants bourgeois et dominés prolétariens, ni la conséquence – comme le pensait certains marxistes orthodoxes – des contradictions du capitalisme. C’est un conflit entre la classe montante, celle qui est la mieux à même de faire fructifier la production - du point de vue économique mais aussi de son utilité sociale - et la classe possédante, qui n’envisage la production que du strict point de vue du capital qu’elle y a investi. On trouve ici, très nettement développés et actualisés, les concepts proudhoniens d’aristocratie ouvrière et de producteurs libres. (Lire la suite…)

Groupes multinationaux et lutte sociale

2 mars 2011

Sur ce terrain, précisément, des conflits sociaux, ce sont une fois encore les groupes multinationaux qui font l’actualité. On mesure chaque jour d’avantage les conséquences dramatiques que peuvent avoir les reprises de sociétés françaises par des capitaux étrangers. Prises de contrôle qui sont le plus souvent facilitées, voire encouragées par les pouvoirs publics, sous couvert [...]

Sur ce terrain, précisément, des conflits sociaux, ce sont une fois encore les groupes multinationaux qui font l’actualité. On mesure chaque jour d’avantage les conséquences dramatiques que peuvent avoir les reprises de sociétés françaises par des capitaux étrangers. Prises de contrôle qui sont le plus souvent facilitées, voire encouragées par les pouvoirs publics, sous couvert d’ouverture et d’attractivité internationale !

Combien de PME françaises, d’entreprises viables et prometteuses, périssent-elles ainsi chaque année, au nom du droit de leurs actionnaires américains ou des fonds de pension luxembourgeois, suisses ou néerlandais qui les contrôlent ? Ce mois-ci, ce sont les salariés de Sperian Protection, entreprise bretonne du secteur informatique, qui font les frais du contrôle de leur entreprises par le conglomérat américain Honeywell. Ce sont les 192 employés de Compétence à Brest qui se mobilisent pour que le fonds de pension nord-américain qui les contrôle se préoccupe de leur activité. Il en est de même pour les 558 employés du fabriquant de meubles Capdevieille, en lutte contre le fonds de pension luxembourgeois qui a conduit leur entreprise à la faillite. Comme pour les sites du groupe américain Ideal Standart des Ardennes et du Jura, qui enregistrent plus de 300 licenciements. (Lire la suite…)

Evolution du paysage syndical

27 février 2011

Valse-hésitation à la CGT. La centrale de Montreuil, qui marchait, conquérante, en tête des cortèges de l’automne, a visiblement mal digéré la fin de l’année 2010. Coup de blues de la direction après l’échec du conflit des retraites ? Durcissement du débat interne sur la stratégie d’ouverture ? Impact des mauvais résultats électoraux enregistrés fin [...]

Valse-hésitation à la CGT. La centrale de Montreuil, qui marchait, conquérante, en tête des cortèges de l’automne, a visiblement mal digéré la fin de l’année 2010. Coup de blues de la direction après l’échec du conflit des retraites ? Durcissement du débat interne sur la stratégie d’ouverture ? Impact des mauvais résultats électoraux enregistrés fin 2010 dans des bastions comme la Poste, EDF, GDF ou la RATP ? Sans doute un peu de tout cela. D’où une série de signes de raidissement qui ont donné le sentiment d’un brusque changement de cap. Vis-à-vis du MEDEF, avec une rupture de fait des négociations sur « l’agenda social ». Vis-à-vis du pouvoir, avec le boycott très médiatisé des vœux de l’Elysée et un conflit portuaire qui met depuis des semaines les nerfs du gouvernement à vif. Et vis-à-vis des partenaires syndicaux, avec une mise en veilleuse des travaux de l’intersyndicale, sur fond de conflit avec la CFDT et FO. On parlait même fin janvier d’un départ anticipé de M. Thibault et de l’émergence d’une nouvelle direction, sur une ligne évidemment plus dure. (Lire la suite…)