Pourquoi nous ne sommes pas démocrates

21 juin 2010

En apparence notre position critique à l'égard de la démocratie est un handicap pour la promotion de nos idées. En effet, la démocratie n'est plus seulement un système politique où la souveraineté réside dans le peuple, régime connu depuis l'Antiquité classique et que les plus illustres philosophes - Platon le premier - ont critiqué, allant [...]

En apparence notre position critique à l'égard de la démocratie est un handicap pour la promotion de nos idées. En effet, la démocratie n'est plus seulement un système politique où la souveraineté réside dans le peuple, régime connu depuis l'Antiquité classique et que les plus illustres philosophes - Platon le premier - ont critiqué, allant jusqu'à le définir comme l'antichambre de l'anarchie puis de la dictature. Elle est devenue un mythe, une sorte de religion séculière, synonyme de Bien, de Vérité, de Progrès. Impossible de la remettre en cause et avec elle ses « immortels principes » de liberté et d'égalité, sans être immédiatement discrédité et stigmatisé comme ennemi du peuple.
De nombreux monarchistes, même s'ils sont conscients des tares du système ont donc fait le choix de mettre sous le boisseau la critique contre-révolutionnaire, notamment maurrassienne, de la démocratie pour adopter une position plus conciliante. Ainsi, on peut lire sur le site Internet de nos amis de l'Alliance royale que « démocratie et royauté sont des mots qui s’emboîtent parfaitement bien. » De manière assez similaire, Bertrand Renouvin défendait, dans son livre La République au Roi dormant, l'idée d'un couronnement possible des institutions de la Vème République.

La monarchie démocratique ou le cercle carré

A l'Action française nous continuons à penser qu'une monarchie démocratique est un peu comme un cercle carré ou une « obscure clarté »... au mieux un oxymore à visée rhétorique, au pire une contradiction logique qui finit tôt ou tard par révéler la faiblesse de l'argumentation... Si nous soutenons cette position ce n'est pas par fidélité aveugle à une dogmatique maurrassienne mais d'une part parce qu'elle nous paraît vraie, c'est-à-dire conforme à la nature des choses, et d'autre part, parce que, sur le terrain même de la promotion de nos idées, elle nous semble plus efficace.
Qu'est-ce en effet que la démocratie moderne ? Selon le constitutionnaliste Jean Gicquel (cité sur le site de l'Alliance royale) : « une forme de régime dans laquelle la liberté est considérée comme la valeur initiale et primordiale. Dans cette conception, le gouvernement pour le peuple est entendu au sens de gouvernement pour le libre développement du peuple et pour la liberté de chacun des individus qui le composent. C’est la liberté qui, pense-t-on, permet, par son jeu, à toutes les aspirations de se réaliser, même à l’égalité. C’est elle qui, par suite, doit être au maximum protégée. » (Lire la suite…)