[AF-Actu] Nicolas Sarkozy confirme la mort de l'otage français au Sahel

26 juillet 2010


Le chef de l'Etat a confirmé, lundi matin au cours d'une intervention télévisée, la mort au Sahel de Michel Germaneau, revendiquée dimanche 25 juillet par Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). Le président de la République a dénoncé un "acte barbare, odieux", le qualifiant d'"assassinat programmé", à l'issue d'un "conseil restreint de défense et de sécurité", en présence du premier ministre, François Fillon, des ministres Bernard Kouchner (affaires étrangères) et Brice Hortefeux (intérieur), ainsi que des responsables de la défense et des services du renseignement.

"Cette mort dans des conditions tragiques illustre que nous avons affaire à des gens qui n'ont aucun respect de la vie humaine. Ils ont assassiné de sang-froid une personne de 78 ans, malade, à qui ils ont refusé de fournir les médicaments dont il avait besoin, a souligné le président. C'était un homme de bien, je veux dire ma tristesse à sa famille."

"Depuis l'enlèvement de Michel Germaneau, tous les moyens étaient mobilisés pour tenter de le libérer." Paris avait le "devoir" de mener le raid au Mali pour tenter de sauver Michel Germaneau, a expliqué M. Sarkozy. "Le camp de base qui a été détruit était susceptible d'être le lieu de détention de Michel Germaneau. Malheureusement Michel Germaneau ne s'y trouvait pas. Aujourd'hui il est mort", a annoncé le président, qui demande "instamment" aux ressortissants français de renoncer à se rendre au Sahel.

Souffrant de problèmes cardiaques, M. Germaneau n'avait plus de médicaments depuis la fin juin. Le 12 juillet, M. Sarkozy avait fait part de sa "brûlante inquiétude" à son sujet. La veille, AQMI avait publié un message à l'attention de la France dans lequel le groupe menaçait de tuer l'otage sous quinze jours si Paris ne répondait pas à ses exigences.

"LE CRIME NE RESTERA PAS IMPUNI"

Mais selon le président français, cet "ultimatum" n'avait "jamais été précédé du moindre début de dialogue avec des autorités françaises", à l'inverse de ce qui s'était produit lors de l'enlèvement d'un autre Français dans la région, Pierre Camatte. Ce dernier avait été détenu près de trois mois dans le désert malien par un groupe d'AQMIi, avant d'être relaché en février dernier, en échange de la libération de quatre islamistes détenus au Mali.

Se disant plus que jamais déterminé "à lutter contre le terrorisme", le chef de l'Etat assure que "le crime commis contre Michel Germaneau ne restera pas impuni".

Le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, se rendra dès lundi soir au Mali, au Niger et en Mauritanie.

Le Monde.fr (avec AFP)

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