Vive l'enfant Jésus; à bas le père Noël !
24 décembre 2009 | 7 commentaires
C'est de façon brusque que Notre Seigneur Jésus-Christ, agneau de Dieu, expulsa les vendeurs de babioles:"Il entra dans le temple, et il se mit à chasser ceux qui vendaient, leur disant: Il est écrit: Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs." (Luc 19, 45/46). Sommes-nous en meilleur point, toutefois, deux mille ans après Sa résurrection, les pharisiens d'aujourd'hui valant bien ceux d'hier et la masse de babioles à liquider ayant surabondé? Combien d'églises un tantinet touristiques sont l'occasion pour les infidèles de déambuler lorsque l'office est donné, photographiant l'autel durant l'eucharistie, bruissant à tout va, achetant verroteries, pacotilles et on ne sait trop quoi. Les génuflexions de cette réserve catholique feront autant d'effets sur la cheminée que tels Indiens fumant le calumet de la paix. Lorsque les églises ne sont pas touristiques, elles tombent en ruine, puisque les communes ne sont pas capables de financer leur entretien. Donner des coups de hache ahuris dans le séquoia géant, laisser pourrir la forêt qu'il est censé cacher.
Le comble du délire intervient en fin d'année, à l'occasion de Noël, devenu, au fil des ans, non plus la célébration de Sa venue au monde, mais l'ultime plan de relance annuel, dernier demi-point de croissance à aller chercher avec les dents, à coup d'accumulation de gadgets ridicules; mascarade d'une vulgarité abjecte, puisqu'athéisée, donc sans aucun sens, sinon de célébrer l'existence, née d'un enchainement de coups de bol chimiques, de l'humanité. On voit des foyers illuminer de mille feux (de paille) leur demeure, lorsque Dieu, daignant se faire homme pour en partager la condition, se contentait de l'étable d'une auberge, qui avait du gratin bien plus prestigieux à accueillir dans la salle commune. Si Dieu voulait naitre de nouveau en ce monde, combien d'entre nous, d'ailleurs, Lui ouvrirait la porte; combien couperait le courant des guirlandes, pour Lui installer un radiateur électrique, le soir de Noël?
La nature a horreur du vide, toutefois, et le socle des statues d'hier ne peuvent rester infiniment vides. Les figures de la Sainte Famille, Jésus Christ-Roi, ont laissé place, dans une certaines mesures, aux idoles du temps, relayées par la crèche cathodique: Obama, Mickaël Jackson, Johnny Hallyday ("l'idole des jeunes"), le dernier phouteballeur à la mode, sans compter le Père Noël, premier mensonge dans lequel les parents souhaitent éduquer leurs enfants; Père Noël, allégorie sublime de la goinfrerie consumériste, de la pseudo-égalité destructrice qui a abattu les inégalités protectrices, de l'iniquité démocratique libérale qui promet à tous ce que tout le monde ne peut s'offrir, alors que le Christianisme, lui, est la religion des plus humbles (et même une religion d'esclaves), et de ceux qui donnent leur bien et leur vie, pour Dieu.
Les marchands ne s'encombrent plus: c'est bien le Temple, cette fois-ci, qu'il faut expulser. L'Église, dernière entrave à la jouissance et à la fornication mondialisée -l'humilité et la retenue n'étant point bonnes pour la consommation-, Sa Sainteté le Pape, appendice gênant de l'ancien monde que l'on bat comme un chien lorsqu'il a le malheur de ne pas donner sa bénédiction aux caprices d'un temps, sont la seule subversion possible et imaginable, face à la débandade libérale et à la décadence libertaire, têtes d'un même hydre qui font semblant de se regarder en chien de faïence, pour alimenter la kermesse électorale.
F. Magellan (21-XII-2009) - Section de Rennes



7 commentaires pour "Vive l'enfant Jésus; à bas le père Noël !"
Grégoire
Le 24 décembre 2009 à 13:10
Mes camarades m'autoriseront-ils ce petit coup de gueule ?
Cela participe de Noël – et plus généralement des manifestations de ferveur populaire : la fête agace les grincheux. Lesquels me feraient presque adhérer au club des libres penseurs dans le cas présent. À les entendre me traiter d'« infidèle », en effet, j'imagine qu'ils m'enverraient volontiers au bûcher... Refusant de distinguer "le bon grain de l'ivraie", rejetant manifestement toute forme de sécularisation, fût-elle non exclusive, ils s'inscrivent dans une logique parfaitement symétrique à celle des laïcistes assez stupides pour réclamer qu'on retire des écoles les crèches et même les sapins. Je vomis ce catholicisme-là, intolérant et dédaigneux. C'est un agnostique qui s'exprime, mais j'ose espérer que moult croyants pourraient en faire autant. Qui sont « pharisiens d'aujourd'hui » ? Suivez mon regard !
Nono
Le 24 décembre 2009 à 22:51
Absolument d'accord avec ce texte. Il n'est pas question de remettre en cause la ferveur populaire, mais le système consumériste qui remplace progressivement toute transcendance. Le Père Noël est arrivé après la seconde guerre mondiale en France. Vulgaire mascotte de Coca Cola, il incarne aujourd'hui une des forme de l'impérialisme américain que nous devons combattre.
Teddy
Le 26 décembre 2009 à 11:39
Oui, c'est bien un agnostique qui a écrit le premier commentaire. Chacun ses opinions, mais on ne peut que se souvenir de la référence donnée au début du texte, lorsque Jésus renverse les tables des marchands dans le temple ... Noel a été tellement dévoyé par le capitalisme et le consumérisme qu'il est bon de se souvenir ou de lire l'évangile, qui fait partie intégrante de la culture générale avant de faire partie du monde des croyants.
Noel reste la date de naissance du Christ-Roi, celui que les hommes attendent, pour la renaissance de l'homme, de l'Humanité, pour nous laver de nos pêchés petits et grands. C'est une philosophie de vie que l'on partage ou pas. Le laicisme nous a dégoûtés de cette parole, afin de faire de nous de bons républicains non pas laics mais anti-cléricaux, notamment lorsque l'on sait que l'Education nationale est noyautée par les marxistes et alter-machins de tous poils... La révolution en savates ne craignez rien !
Alors retrouvons ce chemin d'étoiles et d'espérances, que le Roi incarne le mieux, gardons la foi, la vraie liberté. Et jetons les tables des marchands aux orties.
lucien lacour
Le 27 décembre 2009 à 11:52
Vous êtes vraiment totalement tapés!!!!
Bravo au (courageux) premier commentaire
Teddy
Le 27 décembre 2009 à 20:30
Non, nous ne sommes pas "tapés". Nous pensons autrement que vous, qui semblez tellement terre à terre ... Nous ne sommes pas obligés de gober des mensonges. N'est-il pas vrai que Noel est devenu une fête ultra-commerciale ? N'est-il pas vrai que la philosophie chrétienne est oubliée ? N'est-il pas vrai que nous préférons (en majorité) regarder de l'autre côté de l'Atlantique plutôt que de regarder ce que nous pouvons faire pour la France ? Lire et simplement lire la Bible, qui a façonné notre vie occidentale, il suffit de le constater dans la vie des rois et pas seulement Louis IX, lire l'Evangile et méditer son message de foi et de paix, c'est être "tapé"? Pour être royaliste, il faut aussi savoir se poser des questions et pas seulement formuler des calomnies. De quel côté êtes-vous ?
secotin
Le 6 janvier 2010 à 19:42
eh mon pote touche pas au Pere Noel
Moi j'y crois et il m'apporte mes cadeaux le 25
secotin
Le 6 janvier 2010 à 19:45
@ grégoire
Je vomis ce catholicisme-là, intolérant et dédaigneux. C’est un agnostique qui s’exprime, mais j’ose espérer que
ce n'est pas un discours catho ; mais démago
mon pére Noel n'a jamais regardé vers les USA