Guignol organise la vaccination
27 novembre 2009
Il n’est pas ici question de statuer sur l’utilité de la vaccination contre la grippe A. Chacun aura bien compris les relations qui sont entretenues entre les lobbys des laboratoires pharmaceutiques et Roselyne Bachelot. Cette dernière ayant travaillé pendant de nombreuses années comme docteur en pharmacie dans un laboratoire, on y image qu’elle a trouvé, la façon idéale de se rappeler au bon souvenir de ses camarades en leur signant de beaux chèques pour les cadeaux de fin d’année…. Nous aborderons ici l’organisation et la rigueur toute républicaine qui est mise en place, pour faire face à un problème de santé publique.
Des bons de vaccination vierges de tout centre auquel se rendre, des candidats à la vaccination qui tombent sur des centres fermés ou sur des centres fantômes. Voilà quelques unes des mésaventures qui se mettent au travers du chemin des volontaires à ce traitement. On pourrait presque rire de cette organisation, digne d’un spectacle de guignol. Mais ce serait en omettant le fait, que l’on parle d’un problème de santé publique.
Le journal Le Point en donne un cruel exemple de ce type de non-organisation. La préfecture de Loire-Atlantique a décidé d’établir un centre de vaccination dans un quartier qui sort de terre, dans l'est de Nantes. Sur place, des bâtiments en construction, des grues, des chemins qui préfigurent l'emplacement futur de rues, une absence de trottoirs... L'endroit est un immense chantier. Résultat de ce choix, l’adresse indiquée sur les bons de vaccinations que reçoivent les Nantais n’est indiquée sur aucun plan. La préfecture, dans un esprit purement jacobin ne s’indigne pas trop de ce choix véritablement mauvais. Elle indique : "C'est vrai que nous recevons de nombreux appels de personnes qui nous demandent si l'adresse qui figure sur le bon de vaccination n'est pas une erreur. Nous essayons de les renseigner du mieux possible..."
De nombreuses personnes rapportent pareille mésaventure. Et pour cause, elles se fient généralement au bon de vaccination qui les invite à se rendre "sans rendez-vous dans le centre indiqué". Or les centres ne sont pas ouverts en permanence, ni même aux heures de bureaux. Certains d'entre eux n'accueillent le public que 3 heures par jour, 4 jours par semaine...
"Nous n'avons aucun levier d'action sur les bons de vaccination", expliquent les préfectures. "La communication locale est du ressort des préfectures", rétorque le ministère de la Santé. Encore une fois, la république montre bien qu’elle ne sait pas passer au dessus de la lourdeur de sa bureaucratie, pour aller vers le bien commun. Subir, ce renvoi d’incompétence d’une structure à l’autre est véritablement petit, c’est même minable.
L’Etat ne peut-il pas prendre ses responsabilités dans ce genre de situation ? Au moment du débat sur l’identité nationale, Madame Bachelot devrait proposer à Monsieur Besson de remplacer la devise « liberté, égalité, fraternité » par le non moins célèbre « responsable, mais pas coupable ».
Jean de Chenon


