Identité identité mon amour !

23 novembre 2009 | 2 commentaires

Rendez vous compte, sur le plateau de « Ce soir ou jamais » présidé par Frédéric Taddeï , Houria Boutjela m'a arraché un sourire! Une lueur d'espoir! Face au nouvel Attila Besson de l'identité nationale qui jure de ramener le FN à l'état de secte poussiéreuse, cette enragée des indigènes de la République a rendu hommage à cette France de l'Ancien Régime, hérissée de communautés enracinées, avant que la Révolution terrasse ces identités au nom de l'uniformisation jacobino-rousseauiste. Argument dont le fil conducteur conduit la beurette rebelle à constater la légitimité des différentes communautés créoles, algériennes, kabyles, berbères et j'en passe tant la liste ne saurait être exhaustive. Houria, encore trop immature en matière de conceptualisation des idées, juxtapose des arguments historiques et politiques (c’est le défaut de beaucoup d'autodidactes) comme les communautés qu'elle défend avec un acharnement politiquement trop correct (peut être plus pour longtemps). Le résultat est sans appel et nous invite à relire Maurras comme si on en appellerai au pèlerin du nationalisme français lorsque nos oligarques apatrides et autres touristes engagés (coucou BHL) bradent l'identité nationale à la kermesse médiatique pour définitivement saborder le vieux paquebot et élever de nouvelles frégates belliqueuses envers une Oumma fantasmée.

Car si Houria assimile ses communautés issues du flot dévastateur de l'immigration de masse aux vieux pays de la France réelle, elle confond communautés historiques c'est à dire entités enracinées contribuant à façonner en concert la cité nationale depuis des décennies, avec communautés nouvelles qui font œuvre de communautarisme et repli identitaire. Entités se définissant contre tout délire essentialiste, comme produit de l'histoire en devenir. Alors oui la France s'identifie comme le pensait Jacques Bainville, à cette communauté de destin dans laquelle s'épanouissaient ces identités, pour certaines fondatrices (Berry) et pour d'autres fédérées (le Niçois, la Corse, les Antilles). Oui, sénégalais, marocains, algériens, harkis ont croisé le fer aux côtés du peuple de France durant les deux dernières guerres mondiales, et travaillé avec courage dans le bassin ouvrier parisien. Oui, l'identité Française n'est pas figée et tout concoure à croire que sa réification alimente un terreau mortifère, annonciateur de sa prochaine descente aux enfers. Mais la condition salutaire d'un renouveau du vivre ensemble et du nationalisme se décline d'abord dans l'appropriation et le respect de l'histoire contre tout culte mémoriel pleurnichard qui alimente chez le français d'origine algérienne une schizophrénie pathologique entre son appartenance nationale et la masturbation mémorielle que les élites gauchistes lui font subir, l'empêchant dès lors de chérir la France, jusqu'au détour d'un voyage au Bled, où il découvre avec joie qu'il manie avec plus d'aisance la langue de Molière que celle d'Answar Malek.

Alors oui l'identité française ne communie pas dans le calice droit de l'hommiste et laïcard des Caroline Fourest. La France est une terre chrétienne fermentée comme le bon vieux bleu d'Auvergne par 1300 ans de monarchie. Elle doit cependant en 2009 faire sienne son passé bicentenaire républicain contre tout angélisme contre révolutionnaire. Elle a le devoir moral de considérer ses citoyens français d'origine immigrée et de confession musulmane comme des français à part entière et mener avec eux le sursaut patriotique contre tout fantasme de la loi du retour! Un front commun doit enfin esquisser cette sainte alliance entre la vieille garde des français de souche patriotes (les ritals et les portos n'étaient ils pas considérés comme français d'origine immigrée) avec les descendants des tirailleurs sénégalais pour faire déguerpir la seule racaille qui pourrit la nation de Clovis: le lilliputien bushiste qui rêve à l'opposé de Maurras d'un occident mythifié et piloté par l'oncle Sam Obama, armé d'une dague maculée de sang palestinien.

Il s'agit dès lors, de ne plus croire au processus d'assimilation de la IIIème République fondé sur une supériorité coloniale déchue, dans laquelle Mohammed en faisant sien le prénom de Gérard, accédait à un poste d'employé de banque (et oui la crise et l'anti-colonialisme sont passés par là). Encore moins de promouvoir un métissage à la Paul Amar qui détruirait les identités dans le plus pur intérêt du marché et aliènerait la conscience nationale et patriote pour concurremment lui substituer la magie du « mix to mix ». La troisième voie si j'oserais dire promeut en réalité un nationalisme fondé sur ces identités aussi vieilles que la royauté mais de plus en plus déclinantes, doublé de ces nouveaux clans encore méfiants et hostiles mais prêts à bénir et combattre pour la France. Quand la majorité silencieuse n'aura plus honte d'arborer le drapeau en dehors des soirs de match et que les derniers garants de l'héritage leur tendront la main avec charité, ces nouveaux bataillons hargneux préféreront l'ordre social au chaos consumériste promu par les rappeurs US. Ce processus s'il devenait effectif, plomberait l'aile de la manipulation communautaire orchestrée par les veaux des Besancenot et autres Harlem Désir. Il deviendrait alors anti-système car fissurerait le mur érigé en vue de diviser pour mieux régner.

Ce nationalisme révolutionnaire d'alliance spirituelle (catholiques intelligents et musulmans pieux) renversera l'athéisme marchand et capitaliste. Il brandira le poing face à l'impérialisme américain en défendant la coopération des nations libres et luttant pour la dignité des peuples. Il défendra des valeurs morales salutaires pour le peuple de France envers et contre la promotion de l'avortement, du féminisme, du mariage gay et de l'homoparentalité. Il chantera cette France héritée des siècles de chrétienté, porteur d'un message de paix et garant de l'équilibre des forces internationales. Mais il luttera également contre les collabos patriotes à la Finkielkraut qui se font l'apologie de l'Occident blanc et du choc des civilisations. Collabos toujours prompts à cracher sur les Kebab turcs tout en se goinfrant de burgers sur leur siège Macdonald.

Qu'on se le rappelle, il est de l'intérêt du système que les beurs haïssent la France pour voir les patriotes pulsionnels beugler leur haine devant TF1 afin d'entretenir une guerre civile larvée. En clair, il est de l'intérêt de la classe politicienne d'entretenir chez tous une lutte de retard maquillée de paradis ou d'enfer artificiels! Faire rêver le blanc de la vie merveilleuse des années soixante lorsque l'immigré fût poussière et faire cauchemarder le beur du ghetto de la persécution des méchants colons en terre de Maghreb participent de cette stratégie. Réconciliation impossible. A moins que...

Antoine Goursky - AF 2000

2 commentaires pour "Identité identité mon amour !"

  1. Voxifera

    Le 23 novembre 2009 à 11:59

    Très bon texte, bien que je ne me reconnaisse dans pratiquement aucune des lignes. Le raisonnement est intéressant et, a priori, se tient.

    Je dis bien "a priori" parce que, justement, il ne résiste à l'analyse empirique des faits et puisqu'il s'agit, ici, du blog de l'AFE, peut-être faut-il parler d'empirisme organisateur.

    Je ne crois pas en la "réconciliation" dont vous parlez, manifestement issue de la doctrine Soraliste : il n'est pas possible de réconcilier les communautés françaises traditionnelles avec les communautés de soi-disant "néo-français" pour une simple et bonne raison : les premières sont là depuis des temps immémoriaux, les secondes sont arrivées ces dernières décennies et ont fait dégager les premières.

    On parle de réconciliation entre catholiques et protestants, entre nord et sud, entre Bourguignons et Français lorsque les deux communautés sont CHEZ ELLES et sont contraintes par l'Histoire à vivre ensemble.

    Bien différente est la situation de communautés allogènes, fraichement arrivées, qui ne s'intègrent absolument pas dans le paysage sociologique, ethnique, culturel et spiriturel d'un territoire donné. Là, il ne s'agit pas de réconcilier puisqu'il ne s'agit pas de guerre ou de discorde mais de greffe, de greffe imposée.

    Ces "nouvelles" communautés n'ont aucune légitimité en France. Leurs ressortissants doivent, s'ils veulent devenir Français, s'intégrer, se fondre dans les communautés déjà existantes. Sinon ils ne peuvent prétendre à être Français. Prétendre insérer de nouvelles communautés, c'est jouer au révolutionnaire, nier l'Histoire et l'identité. Très peu pour moi ! Les sociétés multiraciales/multiculturelles sont une catastrophe partout où elles existent (USA, Royaume-Uni, Liban, etc.), et la France ne l'a jamais été. Elle l'est aujourd'hui, Dieu nous préserve de ce qu'elle le reste !

    J'ajoute que, compte-tenu de la vigueur démographique de ces "nouvelles communautés", le choix ne nous appartient pratiquement plus : il convient soit de les considérer comme françaises, et ipso facto nous exclure nous-mêmes, à terme et sauf lame de fond inverse, de l'identité nationale qui changera radicalement dans les 50 prochaines années, soit ne pas les considérer comme françaises, ce qui ne revient ni à les insulter, ni à les persécuter mais à dire les choses telles qu'ellles sont !

    Alors oui, je crois à "la loi du retour" : je crois qu'à terme, avec une politique de codéveloppement active et volontariste accompagnée de mesures anti-immigratoires de réinversion de flux migratoires, il sera possible de rapatrier chez elles ces communautés dont la jeunesse, aujourd'hui, brûle des drapeaux français et siffle la marseillaise, non pas forcément par haine, mais par frustration, dépit, troubles... qui se comprennent très bien lorsque l'on sait que tous ces jeunes ne se sentent pas chez eux ici (et à raison !)

    Bien évidemment, cela ne concernera pas tout le monde : il y a des fils d'immigrés qui aiment la France et ne partiraient pour rien au monde. On en retrouve un peu partout du FN à l'AF en passant par E&R et même à l'UMP ! Ces gens là sont autant Français que moi, je n'ai aucun doute à cet égard. Mais cela ne concerne et ne concernera jamais qu'une minorité.

    Et d'une certaine façon, TANT MIEUX ! Car bien pauvre serait l'identité nationale qui pourrait absorber sans moufter l'intégration en l'espace de 20 ans de millions de gens qui n'ont rien à voir avec les "autochtones."

    Ainsi est l'identité américaine. Ainsi ne l'est pas l'identité française.

  2. Perceval

    Le 23 novembre 2009 à 16:07

    Bien pauvre notre identité nationale aujourd'hui si l'on doit parler de la survivance des communautés traditionnelles.
    je suis bien d'accord sur le fait que le flux migratoire totalement incontrôlé depuis des décennies interdit une réelle cohabitation.
    Cependant , voudrait on que ces communautés nouvelles fussent intégrées, dans une France amnésique, hagarde, rongée par la république laïque et les complexes repentants de notre passé colonial , droguée de matérialisme libérale et "d'américan way of life" ?
    Le problème de l'identité ne se pose donc pas qu'en terme d'immigration, sans sous estimer cet enjeu. La France Républicaine ayant du passé fait table rase et s'étant obstiné à déraciner nos peuples, est désarmée avec ses slogans humanistes égalisateurs et pathétiques qui ne peuvent rien face à une culture conquérante qui remonte à l'Hégire...
    La nature a horreur du vide et les conquérants avancent selon un processus mécanique qui pousse les peuples du sud vers le nord sans trouver de résistance devant eux .Seul un réveil de civilisation, une prise de conscience barrésienne de l'héritage que nos générations doivent accueillir, agrandir et transmettre seront de nature à redonner de l'espérance.