Hadopi 2 : Un texte inapplicable !

26 octobre 2009 | 3 commentaires

Et voilà, ça y est ! Hadopi est passé, sans difficulté, les « sages » du Conseil Constitutionnel, qui avaient refusé la première mouture du texte, l'ont validé jeudi . Ce texte prévoit que pour le vilain « pirate » qui télécharge illégalement des fichiers protégés, il recevrait un premier mail, pour le prévenir qu'on l'a repéré, mais c'est tout. S'il continue ses téléchargements illégaux lors des 6 mois qui suivent et qu'il se fait de nouveau prendre, il recevra alors un nouveau mail et une lettre recommandé, lui disant que s'il continue, il y aura un recours au tribunal, où il risquera un an de suspension d'internet. S'il reprend une connexion internet chez un opérateur différent, il risque une amende.

Voilà, bien une loi totalement inapplicable ! D'une part, si on se fait prendre une fois, ce n'est pas grave... De plus, selon le député UMP Lionel Tardy, dans une interview accordée à "20 Minutes" : « Les Français auront autant de chances de se faire prendre que de gagner au loto. », alors deux fois de suite, c'est carrément improbable. Il est également facile de contrecarrer les services de police, par l'utilisation de logiciel ou de serveur proxi. Je m'explique, pour ceux qui ne connaissent pas grand chose en internet. Pour identifier le pirate, les services se servent de l'adresse IP de l'internaute, un serveur proxi va créer une fausse adresse IP, résultat impossible de repérer l'internant car le proxy peut être situé partout dans le monde. Il y a d'autres solutions, comme par exemple, l'achat de logiciel pour crypter son adresse IP, ou encore d'utiliser des logiciels de Friend-to-friend (remplaçant les logiciels de Peer-to-peer, avec la grande différence est de rendre opaque les connexions). Le net fourmille de solution pour contourner cette mesure ! Et si malgré tout, vous vous faites prendre, vous pouvez toujours passer à internet par satellite ; certes ce sera beaucoup moins rapide, mais aucun protocole n'est signé avec le gouvernement français...

Voilà, bien un exemple d'inutilité du parlement, qui légifère sur un phénomène pratiquement incontrôlable... Juste un effet d'annonce, pour satisfaire (temporairement) les lobbies de la musique et du cinéma...

Blioberis- AFE Toulouse

3 commentaires pour "Hadopi 2 : Un texte inapplicable !"

  1. Catoneo

    Le 27 octobre 2009 à 11:39

    On m'a fait la démo en vraie grandeur de l'écran d'anonymat. On ne peut pas le percer. Tous les momes vont s'en mettre un sur leur machine.

    Les dispositifs de contrôle en vadrouille prévus me semblent aussi efficaces qu'un placebo. Ils ne rassureront que ceux qui y croient, les parlementaires un peu anciens dans leur esprit et les chanteurs peu au fait du cybermonde. Les majors du gramophone doivent dejà savoir que Hadopi ne les sauvera pas. Et c'est tant mieux !

  2. Perceval

    Le 28 octobre 2009 à 14:23

    Permettez-moi de vous renvoyer à l'édito de "profession spectacle" à ce sujet:
    « Hadopi 2 » confie au seul juge le pouvoir de prononcer la suppression de l’accès Internet à l’encontre des internautes responsables de téléchargement illégal. Il complète le dispositif pénal du projet de loi « Création et Internet » (« Hadopi 1 ») qui avait été censuré dans sa partie répressive par le Conseil constitutionnel le 10 juin.
    Pour décider d’une coupure d’accès à Internet, le juge pourra désormais statuer sans qu’ait lieu un véritable procès .
    Les opposants estiment que cette loi est surdimensionnée pour ce type de délit et qu’elle constitue une violation des droits de la défense. Ils ont donc décidé de contre-attaquer par un recours au conseil constitutionnel…
    Il me semble que nous assistons là à un curieux affrontement autour d’un arbre qui cache une forêt bien plus confuse.
    Pour qui sont en effet ces serpents qui sifflent sur la tête de la SACEM, prêts à pétrifier l’internaute pirate qui ne s’acquitterait pas des droits obligatoires dus aux majors et autres grandes maisons de productions qui vivent (ce qui n’est pas un pêché en soi) de leur fructueux « business » ?
    Quand parlerons-nous un jour de la situation des créateurs qui débutent et rament comme de vrais galériens pour se faire connaître ?
    Ceux là ont recours aux réseaux internet et ne rêvent que de faire ce qu’il est convenu d’appeler un « buzz ».
    Et ceux là ne feront jamais de procès, car leur réussite passe par la démultiplication de leurs œuvres sur la toile…
    Ceux là enfin, fort curieusement et tant qu’ils ne sont pas célèbres, ne reçoivent rien ou presque des sociétés qui sont censées protéger les auteurs et compositeurs…
    Si l’objectif est vraiment de protéger la création artistique, la nouvelle loi répond-elle vraiment aux besoins de tous les artistes et notamment ceux qui sont en devenir ?
    Ainsi à vouloir tout réglementer pour satisfaire l’appétit des gros, ne risque-t-on pas de terrasser les petits et d’assécher la création ?
    Comme l’exercice du pouvoir est difficile…

    Olivier Frettois

    Qu'en pensez-vous?

  3. Derochambaud

    Le 30 octobre 2009 à 1:05

    Cette loi hadopi, a surtout été créée pour un certain lobby de la musique, qui gagne des milliards et où l'on retrouve toujours les mêmes.....; suivez mon regard.... 8O