Le prix nobel de la paix veut oublier le Darfour...
24 octobre 2009
La Maison Blanche, dans une nouvelle stratégie de dialogue avec le Soudan, ne veut plus de confrontation direct avec celui-ci, mais au contraire entamer des débats et des négociations, alors qu'un français du Comité International de la Croix Rouge a été enlevé ce jeudi. Il a été enlevé par un groupe armé dont on ignore encore l'identité. Les Français, sont les deuxièmes étrangers les plus kidnappés dans le monde, selon l'assureur britannique Hiscox, car les entreprises françaises sont extrêmement présentes à l'étranger, ensuite les missions humanitaires françaises sont envoyées dans les zones de conflits, mais la raison principale est le courage particulier et le sens inné du contact du peuple français ; pour reprendre les mots de Michelets parlant des gaulois : « Ils enlevaient les étrangers pour apprendre d'eux les nouvelles du monde » (je cite de mémoire)(Histoire de France, Livre I).
Mais revenons à la Maison Blanche et au Soudan. La guerre civile y est constante depuis 1987, avec le premier conflit du Darfour, qui aurait fait entre 10 000 morts (selon l'Etat Soudanais) et 300 000 (selon les Etats-Unis et le Canada) dont 2,7 milions de déplacés. L'ONU parle, elle, de crime contre l'Humanité relevant de la Cour Pénale International. Le président soudanais est donc accusé depuis le 4 mars 2009 de crime de guerre et de crime contre l'Humanité. On parle également de génocide, notament du côté des américains, pour les « événements » du Darfour.
Malgré tout cela les américains veulent rétablir le dialogue. Quelle clémence ! Cela calmera-t-il les véléités dans la région ? On peut en douter, car il sagit d'une guerre inter-ethnique et inter religieuse... Pourquoi n'en a-t-il pas été de même en Yougoslavie ? Peut-être que les intérêts pétroliers ne sont-il pas les mêmes. En effet, de nombreux gisements pétrolifères ont été découverts dans le sud du Soudan. Selon Gérard Prunier, chercheur au CNRS, interrogé par le Monde Diplomatique en Mars 2007 : « les Arabes sont minoritaires au Soudan. Et les islamistes ne sont que l’ultime incarnation historique de leur domination ethnorégionale. Or la paix entre le Nord et le Sud est en train de se déliter rapidement. […] Il faut donc manipuler le tracé frontalier Nord-Sud qui place la plus grande part du pétrole au Sud (c’est en cours), se préparer à la reprise éventuelle des hostilités (on achète des armes), ancrer de solides alliances internationales (la Chine est acquise et l’Iran en cours de séduction) et conserver la maîtrise du territoire en créant un cordon sanitaire ethnorégional : les monts Nouba au Kordofan et le Darfour en feraient partie. Or si les tribus noubas ont été écrasées militairement entre 1992 et 2002, le Darfour paraît beaucoup plus menaçant. Les hiérarques arabes de Khartoum veulent éviter à tout prix une brèche par laquelle les Noirs de l’Ouest s’allieraient demain avec un Sud négro-africain indépendant… et pétrolier ! » Alors quelque chose a-t-il changé depuis l'air Busch, ou au contraire est-ce toujours le pétrole qui fait avancer les relations américaines ? Ah si, sous l'air Busch, on accueillait en grande pompe ceux qui résistaient, maintenant on accepte de dialoguer avec ceux qui commètent le génocide... N'est-ce pas mieux ?
Blioberis - AFE Toulouse


