[AF-Actu] Le monstre europe

30 septembre 2009 | 1 commentaire

[AF-Actu]
Dans quelques jours nous serons fixés. Les irlandais auront répondu oui ou non au référendum sur le traité de Lisbonne. Mais peu importe l'avis du peuple irlandais, c'est le monstre européen qui décidera de leur sort. Voici, ce que pense le secrétaire d'Etat français aux affaires européennes, Pierre Lelouche : “Le sort institutionnel de 500 millions d'européens est entre les mains de 3 ou 4 millions d'irlandais. C'est une campagne très indécise. Quoi qu'il arrive, l'Europe avancera parce que nous n'avons pas le choix. Nous sommes face à un monde qui va passer à 9 milliards d'hommes (...), il y a énormément de travail à faire en matière énergétique, d'immigration, d'industrie, de social, et on ne va pas s'arrêter. Donc, on trouvera une solution si jamais nous étions devant une situation de ce genre”. Au journaliste qui lui demandait s'il existait un "plan B" en cas de victoire du "non", Pierre Lellouche a répondu: "Je ne veux pas en dire plus".
Si vous aviez encore un doute sur le fait que l'indépendance et la souveraineté des nations est menacée par l'europe, vous voilà maintenant fixé. Mais après tout, n'avons-nous pas vécu ça, il y a déjà quelques années ? Souvenez-vous du référendum français sur le traité constitutionnel européen de mai 2005. Non content du résultat, les « européistes » convaincus, sorte d'élite technocratique ont réussi à contourner le résultat du vote des français (mais aussi celui des hollandais...). Le parti fut pris de soumettre un traité presque identique à la ratification des parlements nationaux. Jetés par la porte, les démocrates « européistes » rentrent par la fenêtre. Même si le référendum n'est pas la meilleure des solutions dans le cas de prise de décision d'intérêt national, il est assez intéressant de remarquer l'hypocrisie d'un système politique. En effet, celui-ci n'a aucun scrupule à violer ses propres principes. Le peuple est souverain (ou non) en fonction des intérêts du nouvel ordre mondial....

Un commentaire pour "[AF-Actu] Le monstre europe"

  1. Grégoire

    Le 30 septembre 2009 à 13:43

    Les déclarations de Pierre Lellouche (du moins celles reproduites ici) me semblent bien trop évasives pour donner matière à scandale, n'en déplaise à Jean Quatremer qui propose une extrapolation hasardeuse sur son blog :

    http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2009/09/la-france-refus-denterrer-lisbonne-en-cas-de-nouveau-non-irlandais.html

    Le traité sera nécessairement enterré sans une ratification par les Vingt-Sept. Envisage-t-on d'en reprendre la substance dans un texte signé par un nombre réduit d'États membres ? On va s'amuser... L'option la plus réaliste, en cas d'échec du référendum irlandais, serait celle évoquée par le secrétaire d'État suédois aux Affaires européennes – censé parlé au nom de l'UE dont son pays préside actuellement le Conseil–, qui propose tout simplement d'en rester au régime actuel : « Les dirigeants de l'UE s'éloignent de la thèse selon laquelle le traité de Lisbonne est nécessaire pour un fonctionnement efficace de l'UE élargie. Le nouveau message est que sans le traité de Lisbonne, l'UE peut être tout aussi capable d'agir que jusqu'ici. » Et Mme Maria Asenius d'ajouter : « Nous ne pouvons pas attendre éternellement une décision à ce sujet. Nous avons besoin d'une nouvelle Commission pour que les affaires européennes continuent. Avec ou sans le traité de Lisbonne. Nous n'avons pas le choix. »

    À mon avis, l'essentiel est d'en finir avec ces tergiversations institutionnelles, c'est pourquoi je souscris à certains passages du discours de Pierre Lellouche auquel j'ai assisté jeudi dernier à l'École militaire. Je reprends la conclusion d'un article que je mettrai en ligne demain :

    Reléguant la Commission au second plan, la Crise a révélé, nous semble-t-il, le caractère relativement malléable des institutions européennes. Pierre Lellouche, le secrétaire d'État en charge des Affaires européennes, prétend d'ailleurs saisir cette « opportunité », qui « oblige l'Europe à regarder autre chose que ses institutions ». « Nous allons pouvoir, dans ce contexte, refaire de la politique en Europe », a-t-il déclaré jeudi dernier, en conclusion d'un colloque consacré à l'Europe de la défense. Et de reprendre une citation du général De Gaulle chère aux souverainistes : « Il ne suffit pas de dire "Europe, Europe" en sautant comme un cabri ! » Cela tranchait avec la proclamation assénée dans la matinée par son collègue Hervé Morin, ministre de la Défense, qui « espère qu'un jour l'Europe sera une construction fédérale ».... Pour Pierre Lellouche, « la question fondamentale [...] est celle de la volonté politique ». Laquelle émane de Paris ou Berlin, et non de Bruxelles.