[Intellectuel] Jacques Bainville

27 septembre 2009

Né en 1879 et décédé en 1936, ce nationaliste est un brillant journaliste et historien, qui sera d’ailleurs élu à l’Académie française. Fils de républicain, c’est sous l’influence de Charles Maurras que son nationalisme deviendra intégral, c’est à dire royaliste. Il sera d’ailleurs l’un des premiers à rejoindre l’Action française.
Bainville à reçu comme tous les jeunes français de la 3e république un enseignement d’histoire conformiste et inintéressant de par sa flagrante subjectivité. L’histoire lui « inspirait de l’ennui » dit-il dans la préface de son Histoire de France, jusqu’à ce qu’il « soupçonne que les hommes d’autrefois ressemblaient à ceux d’aujourd’hui ». C’est alors que l’histoire prend pour lui tout son intérêt, il décide donc d’en faire une matière vivante et écrit de nombreux essais. Alors qu’il n’a que 20 ans, il écrit son premier essai (Louis II de Bavière) qui est un coup de maître ….
Son style est brillant et sobre à la fois. Ce qui frappe quand on le relit c’est l’actualité de ses analyses, la justesse de ses jugements, bien qu’il se soit toujours défendu de prophétiser, Les conséquences politiques de la paix prédisent avec une logique et une précision extraordinaire, toutes les catastrophes qu’allaient engendrer les « mauvais traités » de Versailles et de Saint Germain.
Non seulement historien, Bainville est également journaliste et notamment chroniqueur politique. Il est l’un des principaux rédacteurs du journal l’Action Française, et fonde en 1920 la revue universelle.
Impossible de contourner son « histoire de France » écrite à la manière d’un roman et qui met en évidence cette volonté royale de l’unification française au cours des siècles. On se rend bien compte que la France n’est pas sortie du néant en 1789, et on apprend que de nombreuses fois, il s’est fallu de très peu pour que notre nation cesse d’exister... Comme quoi le désespoir en politique est une absurdité, et une minorité agissante peu suffire à changer le cours de l’histoire.
Si Jacques Bainville a laissé une telle empreinte, c’est que pour lui la politique ne peut s’expliquer qu’au travers d’une analyse historique, à condition d’en avoir une vue d’ensemble et non pas de la disséquer. Politique d’abord mais avec « la connaissance du passé comme seul guide ».
Auteur visionnaire en son temps, sa méthode de pensée reste un exemple pour tout jeune nationaliste, son engagement repose sur la raison par l’analyse empirique, et non sur un quelconque romantisme aveuglant, pourtant si présent dans notre « milieu ».

Source : Torlak

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