Le Duc d'Aranjuez

22 juillet 2009

Mgr Sixte-HenriA l'occasion des camps Maxime-Réal-del-Sarte précédents, Royal-Artillerie a présenté le château autant que le programme ou la journée portes ouvertes. Il est sans doute venu l'heure de parler du maître de céans, celui sans qui rien ne se ferait d'excellente façon, le prince Sixte-Henri de Bourbon-Parme. Sa vie n'est pas un long fleuve tranquille et le présenter en un seul billet reste un défi.

C'est d'abord un palois, né en 1940 dans la famille ducale de Parme par Madeleine de Bourbon-Busset qui lui légua le château de Lignières. Son père, François-Xavier (1889-1977), eut avec quatre filles deux fils : Charles-Hugues (1930-) et Sixte-Henri, le dernier né de la fratrie. Cette famille est désignée régente par la succession carliste¹ espagnole depuis le décès sans postérité d'Alphonse-Charles de Bourbon en 1936. A qui va l'héritage de Philippe V est une autre affaire... ils ont aussi leur querelle dynastique en Espagne.

Mgr Sixte-Henri est un prince carré² qui pense clair et qui séduit par ses idées "humaines". Adversaire de la levée en masse, il doute du concept meurtrier de Nation exalté par Lazare Carnot sans que soit diminué son patriotisme primaire, le seul qui vaille vraiment, réglé par une tradition catholique modérée de gallicanisme. Comme chez tout carliste, patriotisme et loyauté dynastique vont de pair, faut-il encore que les lois fondamentales soient applicables sans taches aux lignées désignées, ce dont il avoue quand même douter pour le royaume de France. 

Doté d'un fort mental, il s'engagea dans le Tercio à 25 ans et s'en fit aussitôt jeter par Franco qui ne souhaitait pas qu'un Carliste - son extrême-droite à lui - enrichisse son curriculum vitae avant la restauration. Grâce à son logiciel de valeurs traditionnelles intactes, il bénéficie d'un esprit prévisible, et quand fut promulguée la nouvelle constitution espagnole de 1978 par le roi Juan-Carlos, le prince Sixte-Henri estima grand l'écart accepté par la lignée isabellitaine, jusqu'à refuser de jurer fidélité à la couronne. Il coiffa le béret rouge pour de bon.

Sans doute pour cette lisibilité fut-il naturellement désigné Régent de la Communion carliste traditionaliste quand le mouvement se divisa en deux après la dérive "autogestionnaire-à-la-yougoslave" de son frère aîné. La querelle s'apaisera-t-elle avec les fils de Charles-Hugues³ ? (...)

Source: Royal-Artillerie.

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