Emeutes nationales
21 juillet 2009
C’est en 1930 que Saint Camille, serviteur zélé des malades, hérita du 14 juillet pour sa vénération particulière, lui-même étant mort un 14 juillet de trois siècles plus jeune. Or, quel jour plus heureux pour fêter les personnels d’hôpitaux que celui devenu entre-temps, à la faveur d’une révolution bourgeoise et d’un tremblement parisien et maçon le jour de toutes les barbaries ? Encore que la fureur révolutionnaire qui prit déjà le peuple en ce jour si stupide ne laissa pas beaucoup de chances à ses victimes, et pas beaucoup plus de travail aux infirmiers en question. Mais les hommes ont eu à cœur de réparer les approximations de l’Histoire, et l’improbable rencontre entre une immigration de troisième génération désinhibée et nos propres barbaries nationales a achevé de rendre tout cela parfaitement clair. De jeunes personnes en témoignent, qui chaque année maintenant prennent prétexte de ces réjouissances institutionnelles pour perpétuer dans le feu la terrible mémoire de leurs spirituels aïeux. Brice Hortefeux, ministre de l‘Intérieur et ci-devant ministre de l‘Immigration-et-des-moyens-de-la-gérer, en sait quelque chose, qui en bientôt deux ans a pu parcourir trois ministères sans jamais dévier de son domaine privilégié, n’a presque pas cessé de se frotter aux interminables conséquences d’une gestion idéologique d’une situation dont il n’est peut-être pas à l’origine, mais qu’il a contribué à perpétuer. Définitivement incapable de résoudre le problème, celui-ci profite des moyens mis à sa disposition dans ce but pour demander au moins que son insuccès, celui de son gouvernement et de toute la république, ne soit pas révélé à la face du peuple, selon des voies rôdées que d’aucuns diront contraires à la démocratie, sans voir que rien ne lui est plus habituel. C’est ce qu’on apprend de divers journaux dominants, Le Monde et Le Figaro notamment. Après avoir tenté avec quelque fruit tout médiatique de faire artificiellement baisser les chiffres de la délinquance en refusant de laisser enregistrer toutes les plaintes, voyant ces mêmes chiffres remonter inexorablement, le ministre ordonne désormais aux préfets de n’en plus laisser filtrer aucun, spécialement pour le 14 juillet dont nous avons dit tout le côté symbolique. Ne pas communiquer. Cacher le plus possible à la population les problèmes dont elle sera victime. Le succès de cette mascarade qui tient lieu de politique à nos gouvernants actuels devraient nous faire perdre toute illusion quant au principe de « contrôle des pouvoirs », et du pouvoir national en particulier, par les citoyens clairvoyant eux-mêmes, principe pourtant fondamental dans nos démocraties contemporaines en ce qu’il a justifié de laisser le pouvoir lui-même à la vacance de l’élection.
Reinelde Maes


