La justice manipulée
18 juillet 2009 | 4 commentaires
14 accusés pour le meutre d'Ilan Halimi vont être rejugés. Certains lobbys ont fait pression sur la justice républicaine. On peut franchement s'interroger sur son indépendance.
Dans l'affaire du "gang des barbares", 14 accusés seront rejugés. Il y aura un deuxième procès pour le meurtre d'Ilan Halimi. Sont concernés notamment les deux complices jugés les plus actifs dans le rapt et la séquestration d'Ilan -condamnés à 15 et 18 ans, là où l'accusation avait réclamé 20 ans de réclusion contre chacun. Le parquet a ainsi suivi les voeux de Michèle Alliot-Marie. La ministre de la Justice avait demandé au parquet de «faire appel des condamnations inférieures aux réquisitions de l'avocat général», suite à la pression de "certains Lobbys".
"C'est la politique qui a repris ses droits sur la justice, je trouve ça assez triste. On est passé dans un système où la partie civile peut potentiellement exercer une sorte de vengeance privée» a déclaré le président du premier syndicat de magistrats, nous indique le Figaro.
Lundi après-midi, le Crif et SOS Racisme se sont félicités de la demande de la ministre de la Justice. «Cet appel doit être l'occasion d'assurer la publicité non du crime mais du procès, afin que sa dimension pédagogique [...] puisse être à la mesure de la gravité des faits», a réagi l'association dans un communiqué. «Toutes ces associations ne connaissent rien à ce procès puisqu'elles n'y ont pas assisté. En agissant ainsi, elles essaient d'exercer une pression insupportable sur la justice pour que le parquet fasse appel du verdict. C'est très grave», a jugé l'avocat d'un des accusés dans un entretien au Monde.
Voilà qui est bien inquiétant quant à l'indépendance de la justice républicaine. Il suffit qu'un groupe de pression politique ou religieux fassent appui pour qu'un jugement soit revu...... Les magistrats, déjà débordés, vont donc devoir juger chaque affaire deux fois, dès que le CRIF ne sera pas satisfait des peines prononcées. Voilà encore une illustration de la république manipulée.
Antoine de Thuret



4 commentaires pour "La justice manipulée"
Reinelde Maes
Le 18 juillet 2009 à 11:47
Si en effet il ne relève pas du fonctionnement normal de la justice d'être constamment balloté entre les intérêts particuliers des uns et des autres, dans une France où les particularismes ethnico-religieux se sont tellement creusés depuis quelques années, et s'il est déplorable que ne gouverne au dessus de tout cela un arbitre indépendant, le fait qu'il y ait un second procès si la partie civile n'est pas satisfaite ne me choque pas, personnellement. Nous sommes bien placés pour savoir ce que vaut la justice de ce pays, nous aussi nous ferions pression sur cette justice si nous avions affaire à elle. Le problème réside davantage selon moi dans la faiblesse de la "dimension pédagogique", puisque les problèmes de l'immigration, de l'assimilation et de la marchandisation de la vie humaine resteront occultés au profit d'une vision simpliste, "angélique", de la situation. On rajoutera simplement des flics et des assistants sociaux supplémentaires dans les quartiers sans se poser les questions susceptibles de résoudre les problèmes. Je rappelle qu'une grosse moitié des personnes incarcérées, et donc préalablement jugées, sont des immigrés ou fils d'immigrés, éventuellement intégrés (à condition que cette intégration ne signifie pas l'appropriation des droits-de-l'homme, auquel cas nous-mêmes ne le sommes pas...), mais certainement pas assimilés. L'inversion des flux migratoires d'abord, le retour au pays d'origine des délinquants inassimilés ensuite sont les seules solutions valables qui permettraient de pérenniser une police, une justice et des prisons de qualité non seulement pour les Français mais aussi pour les immigrés restant sur notre sol qui ne sont pas génétiquement voués à être des barbares. Autre chose: combien de temps encore les jugements en appel seront-ils circulaires pour des crimes si graves, c'est-à-dire rendus par une autre Cour d'Assises, de surcroît proportionnellement plus démocratique (12 civils au lieu de 9 si je ne m'abuse) et donc plus manipulable que les juges professionnels ? C'est un scandale sans nom, que la république ne peut résoudre de manière satisfaisante faute d'une instance souveraine qui pût se mêler de justice comme l'un de ses attributs les plus fondamentaux, j'entends: un roi.
En revanche, il est malheureux que d'autres n'aient pas eu pareils moyens de se défendre ou de faire défendre leur mémoire, voir "le principe de la hiérarchisation des victimes en république" à l'adresse suivante: http://charte.de.fontevrault.over-blog.com/article-33835008.html
roycobrother
Le 18 juillet 2009 à 16:35
La question est de savoir, si la justice doit se faire dans la rue, au grès des groupes de pression, ou dans les prétoires.
Il manque cet arbitre au dessus des groupes de pression, qui pour nous ne peut-être que le roi.
Perceval
Le 19 juillet 2009 à 16:46
A propos des notions d’intégration et d’assimilation.
J’entends souvent prôner « dans nos milieux » la notion d’assimilation contre celle d’intégration
Cependant en tant que travailleur social, je reste perplexe sur le débat qui oppose l’intégration à l’assimilation.
Au préalable, et au delà de cette problématique, il conviendrait de se pencher sur la question des flux migratoires ininterrompus depuis des décennies, sur lesquels , l’inaction de nos dirigeants est telle que cela cache mal une volonté d’exécuter bon gré mal gré les quasi injonctions de l’Organisation Mondiale du Commerce relayées de plus en plus clairement par Bruxelles et bcertaines organisations patronales.
Je laisse cependant cette tâche aux économistes et aux géopoliticiens qui nous démontreront que sans une politique puissante de coopération de développement de la France en Afrique, rien ne pourra arrêter le flux du sud vers le nord.
Pour revenir à notre propos liminaire, il faut se rappeler que la République française n’a jamais cessé de vouloir « assimiler » les Français depuis la révolution. Il serait certes fastidieux de faire le récapitulatif des étapes assimilatrices du système laïque et obligatoire qui s’en est pris à tous les particularismes jugés contraires aux valeurs républicaines. Aussi bien les particularismes culturels, sociaux que religieux.
La supercherie consistait à faire passer la République, un principe idéologique, comme l’expression du bien commun supérieur aux intérêts particuliers.
Maurras qui était un militant régionaliste considérait la Nation comme le cadre supérieur , le bien collectif le plus grand à l’intérieur duquel se déclinaient les libertés et les particularismes en tant qu’ils ne constituaient pas une menace contre le bien supérieur.
En retour, la Nation fédérée par la monarchie, devenait protectrice naturelle de cette diversité.
Le discours du contrat social qui postule que l’individu est seul face à l’état , n’accepte en théorie aucune forme de groupe ou communautés intermédiaires. Aucune tête ne doit dépasser.
C’est l’esprit qui est à l’origine du décret d’Allarde et de la loi le Chapelier.
On peut dire que Maurras se place dans une démarche intégrative, tandis que Rousseau est un assimilateur.
Depuis, les données ont elles évoluées ?
Pendant la guerre d’Algérie, les musulmans français réclamaient une plus grande reconnaissance comme citoyens Français (droit de vote, accès à l’administration, etc.). Les militaires chargés de rétablir l’ordre prirent conscience du paradoxe : On clamait que l’Algérie était un département français, mais on ne reconnaissait pas la citoyenneté pleine et entière aux musulmans. On parla alors d’intégration. C’est-à-dire qu’on leur demandait de se conformer aux lois, d’accomplir leur s devoirs patriotiques, en échange de quoi, sans abandonner toutes leurs traditions ils étaient des Français à part entière. La plus grande partie des chefs FLN combattant en Algérie avait déposé les armes sur cette base, on a appelé ça la « paix des braves ». Après les accords d’Evian ces mêmes chefs furent systématiquement égorgés par les tueurs de Boumédienne.
Aujourd’hui le problème est certes différent. Je partage bien sûr l’ avis de ceux qui avec Eric Zemmour affirment que les Français de souche ne peuvent se voir imposer le mode de vie des musulmans. Cependant, qu’il s’agisse d’intégration ou d’assimilation, qu’avons-nous à proposer à ces nouveaux Français ? une société consumériste ? La star’ ac ? les Mac do ?, l’Américan Way of life ? .
Une France qui ne s’aime pas ?
Pour assimiler, il faudrait un modèle générique du Français.Une espèce de portrait robot…
J’espère cependant qu’il existe encore des Corses et des Bretons.
Il paraît même qu’il y aurait des Catholiques…
Quand nous préférons l’intégration, c’est dans la mesure ou nous proposons un bien supérieur et collectif à défendre ensemble, en dessous duquel se placent les particularismes auxquels il est par ailleurs légitime d’être attaché.
Si nous sommes opposés à l’érection de minarets dans notre terre chretienne de France, nous pensons qu’il faut néanmoins permettre aux musulmans vivant dans notre pays de prier dans des conditions dignes. Et aussi de nous affranchir des investissements saoudiens où étrangers de toutes sortes dans la construction non pas de mosquées , mais de salles de prière.
Le discours de l’assimilation défendu par le front national et le club de l’horloge et une grande partie des biens pensants de droite, n’est en fait que la réappropriation du discours Républicain le plus éculé.
Encore une fois, nous ne sous-estimons pas la question de l’immigration qui reste un enjeu essentiel et que nous avons évoqué en préambule.
Cependant, la pression de l’Islam est forte de la faiblesse de la France et de l’Eglise. Cela est un autre débat.
Notre position est donc de prôner plutôt l’intégration qui (même dans les écrits de la HALDE) prévoit le respect des attaches culturelles et cultuelles dans le strict respect de la loi. Laquelle intégration sur la durée doit pouvoir produire à terme une sorte d’ « assimilation lente », dans la mesure ou nos institutions culturelles et naturelles sont fortes et actives, à commencer par les familles Françaises et l’Eglise.
Pour conclure , mais il y a tant à dire, les violences dans les banlieues ne sont pas le fait des immigrés de la première génération, mais le plus souvent de la deuxième et de la troisième.
Ceux là parlent « bien » le Français , connaissent bien les transports urbains, savent se servir des téléphones et ordinateurs de la toute dernière technologie.
Ils se sont bien assimilés à la banlieue…Avec une revendication islamiste identitaire de circonstance dont il ne faut pas sous estimer le danger qu’il représente.
Mais la France ils ne connaissent pas. Combien ont-ils rencontré dans leur existence de profs ou d’ éducateurs qui leur parlèrent de la France avec amour et en des termes patriotiques. Tout au plus leur a t’on évoqué les fameuses valeurs républicaines. Valeurs grandiloquentes nées au sein de la sanglante révolution… Dans laquelle, bien évidemment les émeutiers de Novembre 2005 et de tous les 14 juillet puisèrent leur justification pour ne pas dire leur légitimité.
Perceval
A lire absolument : les communautés, une question posée à la France. Textes rassemblés par Michel Michel préfacé par Michel Maffesoli (l’âge d’homme)
« Le gang des Barbares» | Intime Conviction
Le 4 août 2009 à 17:57
[...] Le Blog de l’Action française étudiante [...]