31 juillet 2009
"Paul Verlaine meurt le 8 janvier 1896, dans sa 52e année, prématurément usé par une vie d’auto-destruction qu’il avait délibérément choisie. Il laisse une œuvre foisonnante, sur laquelle beaucoup a déjà été écrit de son vivant. Chacun considère alors que c’est un des plus grands de tous les temps qui s’en va. Mais que subsiste-t-il [...]
"Paul Verlaine meurt le 8 janvier 1896, dans sa 52e année, prématurément usé par une vie d’auto-destruction qu’il avait délibérément choisie. Il laisse une œuvre foisonnante, sur laquelle beaucoup a déjà été écrit de son vivant. Chacun considère alors que c’est un des plus grands de tous les temps qui s’en va. Mais que subsiste-t-il aujourd’hui de ce monument incontournable de la poésie française et des innombrables études qui lui ont été consacrées ?
Peu de chose, sauf pour les spécialistes, derrière le parfum de scandale, d’homosexualité et d’absinthe sous lequel il est commode et bien pensant de le réduire. Grand génie, parce que poète maudit, selon sa propre expression, et rien que pour cela, c’est un peu court pour inciter le lecteur à partir à sa découverte. Court mais tellement simple ! Cela évite toute autre explication.
Car Verlaine, en plus de trente années de production littéraire, a changé plusieurs fois d’école. À chaque fois, il théorise son engagement, et lui donne toutes les ressources de son art. Or que nous évoquent aujourd’hui ces querelles, si vives alors, entre romantiques tardifs, parnassiens, réalistes, décadents ou autres symbolistes ? Il y faut un bon guide, un traducteur !
C’est justement ce que Maurras s’est attaché à faire dans un article publié le 1er janvier 1895 par la Revue encyclopédique."
Retrouvez ce texte de Charles Maurras sur le site maurras.net.
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30 juillet 2009
J’ai déjà eu plusieurs fois l’occasion de m’exprimer en commentaires concis sur le blog de la Charte de Frontevrault, lorsque je jugeais pouvoir apporter ma part de développements à des réflexions déjà fructueuses. C’est pour m’en donner le temps que je le fais aujourd’hui dans ces colonnes, à propos d’une reprise par lui d’un article-pamphlet, [...]
J’ai déjà eu plusieurs fois l’occasion de m’exprimer en commentaires concis sur le blog de la Charte de Frontevrault, lorsque je jugeais pouvoir apporter ma part de développements à des réflexions déjà fructueuses. C’est pour m’en donner le temps que je le fais aujourd’hui dans ces colonnes, à propos d’une reprise par lui d’un article-pamphlet, assez symptomatique des réflexes qui sont ceux du royalisme contemporain. Puisque le beau nom de l’Action Française s’y trouve si allégrement mêlé aux sobriquets de « l’extrême-droite », du « fascisme » et que sais-je encore, je ne pouvais pas ne pas réagir et nourrir en l’éclairant ce vieux débat.

Ici comme ailleurs, les questions historiques ont tant été débattues, sont tellement insignifiantes devant ce qui nous intéresse vraiment que l’on ne regrettera pas de les expédier promptement en « post-scriptum » , comme de vulgaires notes de bas de page. Ce qui frappe tout le monde, c’est la manière dont des esprits a priori proches les uns des autres sont capables de se disputer sur ce qui apparaîtra toujours à chacun comme l’évidence-même, même après de longues explications répétitives de part et d’autre. Ce ne peut être là que le fruit d’un vocabulaire captieux fait pour diviser et pour embrouiller les esprits. Au point où sont les choses, je ne prétends pas nous réconcilier tous par ma seule science; du moins vais-je tenter d’élever un peu la dispute
D’abord, il y a un risque éminent à reprendre la terminologie « gauche-droite », d’autant plus grand qu’on y joint des « extrême », et je ne le fais moi-même jamais qu’avec des pincettes. Or, nos différents jouteurs s’en réclament bien volontiers, arguant de sa praticité, mais à cause de cela ne que tomber en désaccord. C’est d’ailleurs l’effet depuis toujours recherché avec ces termes que de poser des lignes des fractures dans le champ politique, lignes de moins en moins pertinentes de l’avis général. A plus forte raison pour les royalistes ! Il ne sert ici qu’à nous diviser, à l’un qu’à jeter l’opprobre sur l’autre pour n’être pas accusé à son tour, à l’autre qu’à se rattacher à des nationaux-républicains dans un même assemblage pas forcément cohérent.
Soyons-en d’autant plus convaincus que les différences pratiques que chacun souhaite faire valoir ne tiennent, pour ainsi dire, à rien. Chacun voit bien par exemple qu’il faut reprendre le contrôle de l’immigration (et pas seulement pour pressurer les salaires), même si l’un se doit d’ajouter que « la Défense du Territoire n’est pas incompatible avec une certaine dose (…) d’immigration. » Cela ne résulte en fin de compte que d’une erreur d’appréciation marginale, et nous-mêmes pourrions en convenir: pourquoi pas après tout une certaine dose, quand nous aurons réussi l’inversion migratoire, restauré un semblant de cohérence nationale, pacifié des réseaux urbains par ailleurs restructurés autour de leurs communautés ?
Plus grave est à mon sens la source dont découlent pareilles erreurs: les droits de l’homme. Il faudrait presque être progressiste pour pouvoir promouvoir « l’ouverture aux autres » ! En réalité, nous savons qu’il n’en est rien, que l’universalisme chrétien de nos rois n’a rien de commun avec l’universalisme révolutionnaire, lequel sert surtout à justifier d’inavouables intérêts (« les hommes doivent être égaux parce qu’il me flatte d’être leur égal ») alors que celui-là est porteur de valeurs à proprement parler « humaines » : l’égalité spirituelle (devant Dieu), par exemple, d‘où dérive une charité incompatible avec l’égalité matérielle, d’ailleurs impossible quoique les marxistes la considèrent toujours comme la seule réponse adéquate aux injustices sociales issues de l’égalité des droits. Et s’il déclare des droits « naturels », c’est en admettant qu’ils sont garantis à l’homme par les communautés qui l'entourent, tandis que l’universalisme lumineux n’a pas ce genre de soucis « bassement matériels ». Aussi est-ce à un Etat centralisateur et tyrannique qu’il revient d’assumer les droits que l’on aura fait miroiter vainement, et c’est là le germe du totalitarisme ! Non plus que les hommes, les valeurs ne sont égales, et c’est d’abord parce qu’il fut français dans un monde où la France était digne héritière de la Civilisation que tel Roi fut grand.
Pas plus que les droits-de-l’homme dont elle est la conséquence politique, la démocratie ne saurait être élevée au rang d’absolu. Son seul « mérite » historique aura été de mettre une hypothèque sur l’Etat en le laissant à la dérive de l’opinion, en le soumettant à la vacance du pouvoir. Nous n’avons rien gagné à vivre en démocratie internationale plutôt qu’en monarchie communautaire - car là est l’alternative. Qu’on la puisse trouver en monarchie ne montre qu’une chose: que la monarchie est altérée dans sa conception même, que les principes qui la sous-tendent ne sont plus ceux d’hier. Les « monarchiens » d’aujourd’hui devraient s’étonner de ce que la France ait pu vivre si longtemps sans démocratie; en vérité c’est ce qui lui a permis de traverser l’Histoire
Quant à la véhémence et la rapidité avec laquelle sont jugées nos méthodes comme nos idées, notre stratégie et nos options, je dis que ceux qui n’ont de cesse de vouloir s’en démarquer ne font pas mieux, et n’acceptent de soumettre à l’avis éclairé des princes, ou plutôt des conseillers des princes dans la dialectique qui est la leur, que quand cet avis rejoint le leur… Il s’agit donc d’une fidélité bien pointilleuse, que met à nu une unique sentence (le public nous excuse la légèreté de la citation) : « Que ferez vous si vous tombez sur un roi d'extrême droite, pauvre couillon ? ». Et tout en gardant à l’esprit le peu de cas que nous faisons de ce vocable, nous ne saurions éluder l’hypothèse d’un roi qui, à défaut d’être « d’extrême-droite » et pour tout dire « vraiment très méchant », n’en serait pas moins porté par une saine volonté d’exercer les prérogatives qui de tout temps lui reviennent et sans lesquelles il ne peut, par définition, exercer dans la continuité et l’indépendance son rôle d’arbitre. Cela est possible, mais plus encore: cela est souhaitable.
Reinelde Maes
... Et comme promis, la sempiternelle remise au point historique, qu'il ne nous faut pas moins répéter inlassablement pour avoir une chance d'être entendus: d'abord, que nous suivîmes le vainqueur de Verdun dans les circonstances tragiques de la débâcle ne signifie en aucun cas que nous approuvâmes en tout point la politique qui fut celle de Vichy. Le Maréchal et nous n’avions d’ailleurs pas renoncé à toute revanche, bien au contraire, et le renfort propice des Africains du Général Weygand dans le cadre de la Libération de la France nous donnera raison - Weygand qui, comme Maurras, s’attirera par son action l’inimitié allemande. Par cette autre Union Sacrée, nous ne visions jamais que la grandeur de la France, et Maurras le prouva en se tournant vers le Général Leclerc dès la chute du régime. D’autre part, si l’AF a effectivement été la cible d’assassinats nombreux, aussi bien de la part des anarchistes que du régime, elle ne s’est jamais permis cette option dans le cadre du combat qui était et qui demeure le sien. L’éventuelle versatilité des militants, leur départ individuel et pour tout dire isolé pour l’aventure terroriste ne saurait donner le change: l’AF n’est pas la Cagoule. Nous n’avons pas un mort à nous reprocher.
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29 juillet 2009
Dans le cadre du bras-de-fer déjà long qui les oppose aux distributeurs à propos des marges réalisées par ces derniers et des difficultés qui en résultent tant pour la population que pour les agriculteurs, ceux-ci ont décidé la grève du lait. On a libéralisé les quotas pour faire baisser les prix. On a dit que [...]
Dans le cadre du bras-de-fer déjà long qui les oppose aux distributeurs à propos des marges réalisées par ces derniers et des difficultés qui en résultent tant pour la population que pour les agriculteurs, ceux-ci ont décidé la grève du lait. On a libéralisé les quotas pour faire baisser les prix. On a dit que cela profiterait aux consommateurs, et on a menti. Car les consommateurs sont aussi la plupart du temps des producteurs, et rien n’assure qu’ils gagnent d’un côté ce qu’ils ont perdu de l’autre; c’est tout le contraire qui se produit aujourd’hui, avec une toute-puissance commerciale qui empêche un nombre de personnes toujours plus grand de vivre décemment de leur travail. Nous reproduisons ici le dernier communiqué de la Coordination Rurale, qui entend prendre ses responsabilités en participant et en encourageant à la grève en France:Cette fois la grève du lait est fixée.
Elle arrive et nous devons mettre à profit les quelques semaines qu’il nous reste pour mobiliser et fédérer au maximum les producteurs qui n’ont pas encore été informés.
L’APLI est adhérente de l’EMB depuis le 8 juillet et l’OPL doit mettre les bouchées doubles pour mobiliser et fédérer tous les producteurs dont nous avons la charge et la lourde responsabilité.
C’est pourquoi les panneaux OPL-EMB doivent fleurir au bout de nos chemins :
ICI BIENTOT GREVE ET DON DE LAIT OPL - EMB
L’interprofession qui a envoyé tout le monde dans le mur nous prend pour des utopistes. Ils ne connaissent que la cogestion, la défense de leurs outils et parfois même leur intérêt personnel. Prouvons-leur que la défense des producteurs peut se faire et réussir selon nos règles : honnêteté, transparence et constance. L’heure de la gesticulation est finie, notre heure arrive.
Il nous faut faire le maximum de panneaux EMB-OPL. Il en faut un au bout de chacun de nos chemins et de nos champs (balle de paille, bâche noire et peinture blanche). C’est rapide à faire et ça impressionne.
Contactez vos délégués OPL et CR, ils sont là pour vous aider, dirigez-vous vers vos voisins et vos amis.
N’oublions pas que la Confédération Paysanne est contre la grève du lait et que la FNSEA, la FNPL et les JA mènent une campagne de désinformation sur la grève du lait. Restons unis et vigilants.
Tous ensemble, la réussite est à notre porte : jamais il n’y a eu une telle mobilisation en Europe. Pour nous, pour notre avenir et nos enfants, nous devons réussir.
Amicalement, syndicalement Tous au travail.
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28 juillet 2009
On veut faire de la politique sans faire de morale, on veut faire de la morale sans faire de politique. On dit de faire les choses, on veut que les choses soient faites sans avoir besoin de penser plus en amont que le péril immédiat (…). Que le journalisme institutionnel ne vienne jamais tenter de [...]
On veut faire de la politique sans faire de morale, on veut faire de la morale sans faire de politique. On dit de faire les choses, on veut que les choses soient faites sans avoir besoin de penser plus en amont que le péril immédiat (…). Que le journalisme institutionnel ne vienne jamais tenter de faire le rapport complet de la situation, par-delà le prêchi-precha consensuel de la sociopathie galopante des démagos coprophiles, qui croient “protéger l’amour” en normalisant, sous prétexte prophylactique, des tendances qui nuisent autant au corps qu’à la tête quand on les sort du mode casuistique qui les détermine en tant que possible vertu (…) me fait dire que, dans le fond, il n’est qu’un cadavre de plus dont il faut s’éloigner si on veut de l’air frais (…). On sera bien forcé de revenir un jour sur une vision de la sexualité plus élevée que celle des gourous “psychistes” de magazine ou des politicards obséquieux.
Ainsi s’exprimait notre excellent ami dans un précédent billet. Profitant de ce qu’une niaiserie de trop ait suscité en lui quelque saine réaction de plus, je m’en vais, à la lumière de son enseignement, vous donner quelques nouvelles à ma manière de l’état de déréliction avancé de la gauche intellectuelle. Mais aussi de ses espoirs. Nous ne serions pas dans notre rôle en effet en nous gargarisant continuellement des difficultés politiques du Parti du Progrès Moral, ce alors même qu’un pouvoir médiatique nouveau s’installe, pouvoir qui se veut pragmatique parce qu’il ne s’encombre d’aucun idéal, et n’est pour cela qu‘opportuniste et gestionnaire; pouvoir d’autant plus solide, donc, mais pas moins profondément tyrannique en ce qu’il n’existe que pour faire la volonté de l’économie dans l’ordre politique, au détriment systématique de ce dernier. L’économie n’est pourtant pas vouée à faire le mal: affaire de casuistique, là encore. Mais avec l’intérêt pour toute doctrine et la puissance pour tout but, ses laquais suivent les traces de leurs prédécesseurs illustres, vaines républiques et princes déchus qui, dans l’armée d’abord puis dans la société civile, ont développé une technique insensée et dangereuse, et pour ce faire aboli les mécanismes de résistance traditionnels au tout-économique: Eglise, métiers, familles… menant ainsi à l’anomie sociale.
C’est peut-être parce qu’il se savait de plus en plus entrer dans cette logique que le Parti Socialiste a entrepris, par la voix de son premier secrétaire Martine Aubry, une profonde réforme idéologique que nous n’hésiterons pas à qualifier de (contre-)révolutionnaire. C’est du moins ce qu’il apparaît quand celle-ci déclare à quelque grand journal - grand par le tirage, faut-il préciser - qu’elle s’attribuait, ainsi qu’à ses « camarades », la tâche inédite d’ « inventer le post-matérialisme ». Ce qui lui a aussitôt valu les critiques acerbes de presque tout le petit monde médiatique de gauche, qui de BHL à Politis se rebiffait à l’idée qu’on puisse laisser tomber la pierre angulaire des luttes qui sont leur raison d’être, à savoir le matérialisme historique. Et ils ne s’y sont pas trompés, en déclarant anathème, « voué aux Enfers », ce parti d’opposition qui fut si longtemps le leur. En s’engageant sur la voie du post-matérialisme, celui-ci s’engageait en effet à affirmer à plus ou moins court terme qu’ « y a pas que la matière » (refrain d’un nouveau rap catho à sortir prochainement), que l’identité, la concorde sociale et l’esprit de corps comptaient autant sinon plus que la seule appropriation des biens ou de jouissances, même conçue comme une forme d’émancipation sociale. Avec des contradictions évidentes dans des domaines aussi variés que l’immigration, le respect de la vie et la sexualité, où notre rapport à Dieu nous appelle à des sentiments éminemment « plus élevés ».
Evidemment, on ne peut s’empêcher de penser que ces retournements n’aient pas été seulement motivés par de justes considérations, mais surtout par le besoin pour ce parti d’exister malgré les troubles qu‘il traverse, de tenir son rang alors même que l’extrême-gauche lui grille la politesse sur le terrain de a subversion institutionnelle et subventionnée. On ne saurait s’illusionner non plus sur ce qu’il en résultera, vu les réactions intérieures comme extérieures qui ont suivi ces déclarations, qui l’accusent rien moins que de faire le jeu du capitalisme et de la majorité, lesquels de leur côté ne verraient certainement pas d’un bon œil l’émergence d’une force doctrinale tercériste sur les décombres-mêmes du principal parti d’opposition, qui signifierait la fin du contrat électoral et bipartite républicain et l’arrivée de la troisième voie sociale en plein cœur de l’échiquier politique. Ne pouvant afficher aujourd’hui qu’ironie et sarcasmes, gageons qu’ils sauront demain user des moyens à leur disposition si pareil danger venait à se préciser.
Reinelde Maes
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27 juillet 2009
Le thème central de la pièce est annoncé dans le titre : Le Roi se meurt, et le roi c’est chacun d’entre nous. Ionesco nous donne à voir le comportement et les manières habituelles du comportement de l’individu confronté à sa propre fin. On distingue schématiquement trois attitudes successives face à une vérité choquante : [...]
Le thème central de la pièce est annoncé dans le titre : Le Roi se meurt, et le roi c’est chacun d’entre nous. Ionesco nous donne à voir le comportement et les manières habituelles du comportement de l’individu confronté à sa propre fin. On distingue schématiquement trois attitudes successives face à une vérité choquante : - la dénégation, la révolte et la résignation. Dans un premier temps, Bérenger Ier refuse d’admettre qu’il est à l'agonie. - Puis il se révolte, non seulement contre le caractère inéluctable de sa fin, mais aussi contre lui-même qui n’a pas su réfléchir à sa propre condition. - Dernier stade, la résignation qui ne peut intervenir qu’après un cheminement intellectuel. Inclusivement, c’est aussi une réflexion sur l’écoulement du temps et la décrépitude, ainsi que sur la perception du réel.
On peut aussi voir trois sentiments successifs qui sont la surprise (ou étonnement marqué par la colère, l'énervement du souverain, son entêtement), l'impuissance qui amène logiquement le troisième : la peur (crainte du personnage désemparé).
En conclusion, la mort est scandaleuse parce qu'on n’a pas pris le temps d’y penser. Le déroulement de la mort du roi dans un laps de temps aussi court fait à la fois ressortir l'absurde et donne toute sa force face à cette vérité ignorée et pourtant toujours présente, celle de la fin, jamais préparée, toujours repoussée alors qu'inéluctable. Elle est aussi représentée comme un spectacle, d'où le deuxième titre que Ionesco avait initialement choisi : La Cérémonie.
Ayant ainsi expédié l’analyse littéraire classique par quelque citation de l’encyclopédie en ligne (si ça n’est pas là un procédé toujours très enrichissant intellectuellement, du moins est-ce toujours à celui-ci qu’on a recours pour révéler l’opinion majoritaire sur tel sujet), nous voilà les mains libres pour envisager l‘œuvre dans toute sa complexité. Car si l’on ne saurait nier la lecture métaphysique de la pièce, ce n’est, vu les idées de l’auteur, qu’à la condition de lui restituer sa dimension politique.
Ainsi, si le Roi peut-être ramené dans ses grands traits à n’importe quel individu, c’est par son rôle historique d’exemple pour la société. Or, cette exemplarité devrait faire de lui quelqu’un d’irréprochable. Ce n’est malheureusement pas le cas ici, et c’est en homme lâche, imprévoyant, impénitent et insensible qu’il se montre tout au long de la pièce.
Je suis comme un écolier qui se présente à l’examen sans avoir fait ses devoirs. Sans avoir préparé sa leçon… Comme un comédien qui ne connaît pas son rôle le soir de la première et qui a des trous, des trous, des trous. Comme un orateur qu’on pousse à la tribune, qui ne connaît pas le premier mot de son discours, qui ne sait même pas à qui il s’adresse. Je ne connais pas ce public, je ne veux pas le connaître, je n’ai rien à lui dire. Dans quel état suis-je ! (p.57)
Il avait pourtant les plus grands savants pour lui expliquer. Et des théologiens, et des personnes d’expérience, et des livres qu’il n’a jamais lus. (p.67)
Tu as fait massacrer mes parents, tes frères rivaux, nos cousins et arrières-petits cousins, leurs familles, leurs amis, leur bétail. Tu as fait incendier leurs terres. (p.69)
Que tous meurent pourvu que je vive éternellement. (p.76)
Ce faisant, il ne s’est pas montré à la hauteur de ses fonctions: il les a trahies, s’en est rendu indigne de la même façon que nous le pouvons nous-mêmes par nos propres vices, mais avec des conséquences évidemment démesurées, dues à son rôle de Roi: son Royaume périt. Puisqu’il n’est plus le lien permanent entre les générations de son peuple, celui-ci se délite. Polygame frivole, il est un imposteur et un tyran, et en tant que tel est condamné à disparaître en emportant les siens avec lui. En délaissant, ses devoirs pour les vains plaisirs de la vie, il s’est condamné lui-même:
Tu t’es enlisé dans la boue tiède des vivants. Maintenant, tu vas geler. (p.54)
Son incrédulité face à la mort, son peu de foi dans le salut vient d’ailleurs justifier a posteriori de ce qu’il n’était pas digne de vivre plus longtemps. De même, la façon dont il se laisse dépouiller de son pouvoir, ses réactions aussi pathétiques qu’inefficientes montrent qu’il n’était pas fait pour le trône:
_ Je ne suis plus la loi. (…) Je ne suis plus au-dessus des lois. (…)
_ Nous déciderons pour lui. (…) Nous pouvons te décider.
_ [Le Garde, annonçant] La Reine et le Docteur peuvent obliger le Roi à se décider. (p.69, 70, 73 et 106)
D’ailleurs, on sait bien comme ces deux choses sont liées: on commence par dépouiller le Roi de sa souveraineté, puis on le tue. Mais contrairement à Louis XVI, d’une part ce Roi-là assume ses propres fautes, et non celles de ses prédécesseurs; d’autre part il est, jusqu’aux derniers moment peut-être, incapable même de s’en repentir.
Reinelde Maes
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26 juillet 2009
A l'approche du CMRDS, nous reprenons ici la suite de l'article de Royal-Artillerie sur le Prince Sixte Henri de Bourbon Parme, notre hôte cette année encore à Lignières. Celui-ci comporte un rappel historique sur le Carlisme, et la dernière proclamation carliste du Prince qui date du 23 mai 2006, dont nous proposons une libre traduction: [...]
A l'approche du CMRDS, nous reprenons ici la suite de l'article de Royal-Artillerie sur le Prince Sixte Henri de Bourbon Parme, notre hôte cette année encore à Lignières. Celui-ci comporte un rappel historique sur le Carlisme, et la dernière proclamation carliste du Prince qui date du 23 mai 2006, dont nous proposons une libre traduction:
Le carlisme est un mouvement politique né de "l'abolition" de la loi salique des Bourbon par Ferdinand VII, peu avant son décès. Veuf une troisième fois et sans descendance, le roi Ferdinand se maria pour la quatrième fois avec Marie-Christine de Bourbon et avait désigné comme son successeur son frère cadet Charles de Bourbon. Mais fin mars 1830, la reine Marie-Christine est enceinte. Alors le roi promulgue la Pragmatique Sanction abolissant la loi salique importée de France par son ancêtre Philippe V. La mesure déclenchera trois guerres civiles déclarées par les partisans de Don Carlos (Charles V), baptisés "Croisés du Roi", guerres majeures qui au début (première guerre de 1835 à 1839) impliqueront l'intervention de puissances étrangères en soutien de l'usurpation organisée par Louis-Philippe Ier qui cèdera à l'Espagne sa première Légion étrangère. Les Anglais lèveront un corps expéditionnaire (de sacs et de cordes) et les Portugais une division d'élite que l'on vit peu. Mais combattra aussi un bataillon de lanciers polonais dans le camp de la reine et un bataillon d'anciens légionnaires dans le camp du "roi" renforcés de centaines de légitimistes français qui mirent leurs idées à la pointe de l'épée.
La définition que donne Maurras de la monarchie (héréditaire et traditionnelle, antiparlementaire et décentralisée) correspond au modèle carliste très attaché aux chartes locales et à la tradition catholique. Il prisait peu le régime libéral anglais de la monarchie inter-républicaine des rois Alphonse XII et XIII : « « Dans cette Espagne où le droit de Castille, le droit indigène, fonde la succession en ligne féminine, qui donc fut pendant très longtemps l’unique champion des traditions les plus anciennes et les plus chères du pays, de ses fueros sacrés ? Ce fut l’héritier de la loi salique, le tenant du droit bourbonien ! Ce fut Don Carlos ! ». Maurras n'aurait pas compris qu'après tant de malheurs, la longue régence de Franco se fermât sur un retour aux vomissements parlementaires antérieurs. L'Espagne se découd chaque jour.
A mon Secrétariat Politique
Madrid
J’observe avec une préoccupation et une inquiétude croissantes la situation de notre Patrie. Les conséquences naturelles du système libéral, toujours dissolvantes, paraissent se succéder à un rythme sans cesse plus rapide. Le climat créé après les attentats tragiques du 11 mars (dont les implications suspectes paraissent éclabousser, chacun à sa mesure, tous les partis politiques qui aujourd’hui séquestrent la représentation populaire) et le Gouvernement qui surgit de ceux-ci, favorisent une décadence morale sans précédent, la faillite de l’Etat et la désagrégation de ce qui reste de l’Espagne.Devant pareil tableau, certains, peut-être de manière bien-intentionnée, revendiquent la Constitution de 1978, qui en plus d’être illégitime a favorisé le processus de décadence ; d’autres militent pour une Espagne jacobine, construction tout aussi artificielle et révolutionnaire que le sont les nationalismes régionaux. Il y a ceux qui regardent vers l’Europe ou vers des pouvoirs dont le centre est encore plus éloigné, sans s’apercevoir de ce qu'aux seuls principes d'Hispanité et de Chrétienté, nous appartenons et nous sommes redevables, et que nous lier à d’autres principes signifierait capituler et disparaître.
Face à tout cela le Carlisme et la Communion Traditionaliste, salut de l'Espagne véritable, doivent se dresser. Mais même dans nos rangs a cours cette confusion propre du moment se traduisant par le manque d’unité, de dévouement, de constance et de discipline qui empêchent l’efficacité dans l’action. Peut-être faut-il en chercher la cause dans le manque de cette vertu théologique fondamentale, l’Espérance, qui permet facilement aux chrétiens de faire la frontière entre l’optimisme et le pessimisme. L’heure est grave, extrêmement grave. Notre responsabilité historique est énorme. Je demande à tous, dans un effort militant, dans un esprit de sacrifice et dans un sentiment d’urgence, de se rassembler autour du Secrétariat Politique que j’ai créé voici presque cinq ans. Et je le fais avec les mêmes mots employés il y a trente ans dans mon Manifeste d’Irache: « En des temps comme ceux qui viennent de s’écouler, quand on a perdu le nord, il est naturel que certains, désorientés, aient cherché le compromis que leur conscience ou les circonstances ont paru leur indiquer comme acceptable. Je n’accuse personne, je ne fais de reproche à personne mais à tous, j’en appelle pour qu’ensemble nous tâchions une fois de plus de servir loyalement les hauts intérêts de notre Patrie.Dans l’exil, le vingt-trois mai deux mille six, fête de l’apparition de l’Apôtre Saint-Jacques à la Bataille de Clavijo, mois de la Très-Sainte Vierge Marie.
Sixte Henri de Bourbon
C'est donc avec un prince politique dont la devise reste « Dios, la Patria, los Fueros, El Rey, » qu'ont rendez-vous les participants au Camp Maxime Real del Sarte 2009. Il s'exprime régulièrement par le canal d'un secrétariat politique sur l'actualité du Monde. Un petit tour sur le site de la "Comunión Tradicionalista" vous assurera de la vitalité du mouvement carliste.
Le CMRDS 2009 commence dans un mois à Lignières. Vous y rencontrerez l'Histoire.
Note (1): sur le carlisme on peut consulter la Wikipedia et un texte de Brasillach ici.
Note (2): on lira avec grand intérêt l'entretien donné jadis à Catholique camp; Royaliste
Note (3): la question des droits de la branche aînée est évoquée ici.
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24 juillet 2009
Le titre de cet article reprend celui d'une partie de l'Avenir de l'Intelligence du Martégal qui ne sera, j'en suis persuadé, nullement offusqué de cet emprunt ; quant à son objet, il est une réaction à l'entretien que nous avons eu le déplaisir d'entendre ce matin sur France Info, entre Philippe Vandel et Christophe Dechavanne. [...]
Le titre de cet article reprend celui d'une partie de l'Avenir de l'Intelligence du Martégal qui ne sera, j'en suis persuadé, nullement offusqué de cet emprunt ; quant à son objet, il est une réaction à l'entretien que nous avons eu le déplaisir d'entendre ce matin sur France Info, entre Philippe Vandel et Christophe Dechavanne. Le premier interrogeait le second sur son combat en faveur du "préservatif à 20 centimes" (soit 1.31 francs, mais comme l'indiquait l'intellectuel de Fortune à qui l'on a confié la roue dernièrement, il vise la distribution de boîtes de 15 vendues à 2 euros, soit 0.87 centimes de francs l'hostie libertaire, ce qui permet d'inclure l'action dans la durée comme le prolongement de la "capote à 1 franc" d'il y a 10 ans)... Cela méritait-il un article? En l'état, non, absolument pas. C'est la réponse logique à apporter si l'on s'en tient, comme de coutume, à la position des personnes dont on ne saurait attendre plus. Mais parce que d'après le lieu commun, "L'Enfer est pavé de bonnes intentions", c'est toujours faire oeuvre de salut que venir chaque instant déloger le pavé dans l'intention de contrecarrer un édifice que l'on redoute par-dessus tout.
Ce n'est pas bien méchant, en effet, que de vouloir prémunir les gens contre le virus du SIDA. Il doit bien y avoir l'ombre d'une réflexion dans le fait de croire que le prix de la protection peut provoquer, dans une certaine mesure, un certain frein à l'adoption inconditionnelle de la protection efficace contre tel fléau. Dechavanne y croit dur comme trique, d'où l'objet de son combat. En faveur de tous - les gens de son âge étant, il en convient, les plus durs à convaincre -, mais surtout en faveur des jeunes qui, qu'on ne se voile pas la face, forniquent de plus en plus tôt. Ce n'est pas dit explicitement, mais c'est encore la vaine morale qui est encore ici responsable; non seulement on doit diminuer les coûts, mais il faut s'assurer en outre que des distributeurs soient installés ailleurs que dans les pharmacies, car nos jeunes craignent le regard des grands.
Ces jeunes dont "on" nous donne un exemple: une fillette de 14 ans avoue un jour à son père: je suis enceinte... Le père de demander: tu sais de qui? La fille de répondre: je ne sais pas, j'ai vu trois mecs cette semaine. Tutti va bene. Pour Dechavanne, la solution est là : préservatifs moins chers et plus accessibles. À peine ose-t-il exiger qu'on le leur fourre de force et gratuitement dans les poches. Il me semble qu'il est temps d'organiser un festival pour décerner la palme des plus grandes actions sociales inconséquentes. À ce niveau-là, les noms d'animaux ne suffisent plus : ce n'est pas un veau, ni même un âne... Il faut revenir aux bonnes fondamentales de notre espèce et déplorer la forme la plus franche d'imbécillité qu'il a été donné d'entendre depuis... À vrai dire, peu de temps, mais celle-ci m'a démangé la plume.
C'est peut-être affaire de revanche, me souvenant de ces semaines infernales précédant le SIDACTION ; j'avais manqué de finir reclus en haut d'une montagne, tant mes plus proches connaissances avaient intégré le concert inaudible des mollusques acéphales, éructant l'atrabilaire crachat de leur conscience brumeuse sur l'aube blanche du Pape qui rappelait, en deux temps-une phrase, qu'on ne sauverait pas l'Afrique du virus à l'aide seule du capuchon mais, qu'en outre, à ne retenir que cette "solution", on risquait même d'aggraver les choses. Que n'ai-je entendu alors comme objections (j'ai peut-être mal choisi le préfixe; l'"ab", souvent, sied mieux que l'"ob") désolantes et perfides! Qu'on le redise ici: la réflexion de Benoît XVI est absolument recevable, discutable tant qu'on le souhaite, mais recevable (et d'ailleurs, parfaitement reçue dans tout pays où la presse et la population ne dépendent pas trop, ou seulement des loges). Je n'en ai jamais voulu à ceux qui remettaient en cause sa vision des choses; mais à ceux qui le jugeaient comme homicide, sans étude ni de l'homme, ni des hommes; sans connaître un peu l'Afrique; sans la moindre réflexion sur la place du sexe en politique... Ceux-là ne demeurent pas même dans la géhène de ma conscience. C'est trop de souffrance que de vouloir aimer, et être aimé des sots.
Tel est le non-sens - et donc, l'irrecevabilité théorique -, de certaines positions (qu'on me pardonne l'expression) sur le sujet. On veut faire de la politique sans faire de morale, on veut faire de la morale sans faire de politique. On dit de faire les choses, on veut que les choses soient faites sans avoir besoin de penser plus en amont que le péril immédiat. J'ai sur le préservatif l'opinion de l'Eglise: je ne fustige pas, j'en fais affaire de casuistique... Que Dechavanne ne comprenne pas cette subtilité, cela m'affecte autant que l'incompréhension qu'en peut avoir tata Huguette ou Michel Lambda. Mais que Dechavanne soit mis au devant de la scène comme un Abbé Pierre, cela me gêne un peu. Qu'au cas de la jeune fille qui, à quatorze ans, on apprenne que le problème n'est pas d'offrir son sexe à qui mieux-mieux, tant qu'elle se protège, cela me gêne beaucoup. Et enfin, qu'on réduise la question du sexe -au moins dans celui qui requiert deux personnes, je parlerai de l'onanisme une autre fois si Dieu veut - à la volonté individuelle, c'est là un ratio qui me dépasse, non point moralement mais du seul point de vue de la logique la plus élémentaire.
Jusqu'où le scepticisme des fils de Locke ira-t-il pour entraver cette réalité très simple, à savoir qu'il y a dans la question du sexe autre chose que celle de l'orgasme et du bien-être? Et que toute problématique sociale qui s'y rapporte et vise l'interdit dans certaines conditions, à certains âges, n'est pas nécéssairement l'apanage du fanatisme religieux et de l'irrationalisme frustré du bigot? Que Dechavanne s'y trompe, je l'ai déjà dit: peu me chaut... Mais que le journalisme institutionnel ne vienne jamais tenter de faire le rapport complet de la situation, par-delà le prêchi-precha consensuel de la sociopathie galopante des démagos coprophiles, qui croient "protéger l'amour" en normalisant, sous prétexte prophylactique, des tendances qui nuisent autant au corps qu'à la tête quand on les sort du mode casuistique qui les détermine en tant que possible vertu ; que le journalisme institutionnel ne soit plus capable de se rendre compte qu'il n'y a pas seulement ici une campagne sanitaire, mais bel et bien idéologique; que ce journalisme-là soit à ce point endormi me fait dire que, dans le fond, il n'est qu'un cadavre de plus dont il faut s'éloigner si on veut de l'air frais.
Quant au vain espoir du pauvre Dechavanne, je lui soumets cet élément de comparaison: si on mettait à sa disposition un distributeur de baillons afin de lui éviter de dire des conneries, même à 20 centimes, en prendrait-il un? C'est le même problème avec ceux qui ne se protègent pas mais qui font cela souvent: ils n'ont pas conscience de leur faiblesse quand ils font la chose. Dans l'ordre social, c'est-à-dire dans le cadre général de pensée qu'on impose aux gens, on sera bien forcé de revenir un jour sur une vision de la sexualité plus élevée que celle des gourous "psychistes" de magazine ou des politicards obséquieux. Il y a, certes, l'hygiène sexuelle ; il y a, on en convient, un échange de fluides dans l'acte qui transmet, d'un corps à un autre, des entités étrangères. Mais on ne se construit, on échange rien si à cet acte, on associe rien qui émane de la pudeur et du respect. Le préservatif n'empêche ni l'un ni l'autre: sa promotion, son automatisation, elles, sont propres à le faire. Qu'on ne mette pas la charrue avant les boeufs et qu'on apprenne aux gens la caresse et le baiser.
CASUISTIQUE, c'est-à-dire selon le cas; le préservatif n'est pas une cause sociale. On ne doit pas en faire une promotion générale: dans le cadre de sa mission prophylactique, il doit être évoqué là où il sert. Mais il sert partout... Voilà qui est faux, assurément. Il y a des cas, il y a des groupes "endogames" où la proportion de personnes contaminées est supérieure à celle des gens sains; d'un point de vue général, par-delà les cas, il y a les moeurs (du latin "mora", coutume, habitude) qui génèrent, outre l'acte sexuel en soi, un danger que les maladies ne se répandent. L'exemple benoîtement cité par Dechavane de la gamine de 14 ans illustre bien ce que je tente de mettre ici en évidence: la capote ne résoudra aucun problème en ce cas.
Cet article n'est pas une fin, il y en aura d'autres pour arrondir les bords d'une réflexion attenant aux rapports du sexe et de la société. Mais on dira ici, en reprenant une trame célèbre et en l'arrangeant un peu, que le sexe est une affaire trop sérieuse pour qu'on la confie aux mains des hygiénistes... Quant à celles des animateurs télé, je n'en parle pas.
Nils Leroy
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22 juillet 2009
Nous avions relaté ici et là les mésaventures d’Aymeric Chauprade avec le système politique et l’appareil médiatique aux ordres. Il y a cinq mois, le ministre Hervé Morin le limogeait du Collège interarmées de Défense pour une présentation originale mais non moins objective des thèses alternatives aux évènements du 11 septembre 2001, partie parmi tant [...]
Nous avions relaté ici et là les mésaventures d’Aymeric Chauprade avec le système politique et l’appareil médiatique aux ordres. Il y a cinq mois, le ministre Hervé Morin le limogeait du Collège interarmées de Défense pour une présentation originale mais non moins objective des thèses alternatives aux évènements du 11 septembre 2001, partie parmi tant d’autres de son dernier livre “Chroniques du Choc des Civilisations”. Le grand géopoliticien vient de gagner son procès contre son employeur. Opposant à l’atlantisme et partisan d’une vision mondiale multipolaire, il revient sur l’exclusion progressive des derniers résistants au nouvel ordre mondial, et la montée en puissance qu’elle suppose, au sein même des institutions, des amis des lobbies néoconservateurs. Via alterinfo.net.
On vous a accusé d’être un partisan de la théorie du complot alors que vous n’êtes pas réputé comme tel. Que s’est-il passé ?
Aymeric Chauprade : Tout est parti d’un article de Jean Guisnel dans l’hebdomadaire français Le Point du 5 février 2009, qui a demandé ma tête au ministre de la Défense parce que j’ai osé faire écho aux théories non conformistes sur le 11 septembre 2001. Mon dernier ouvrage commence en effet par un chapitre sur le 11-Septembre. J’ai voulu montrer que le choc des civilisations, c’est d’abord le fait qu’une immense partie de l’humanité, en dehors du monde occidental, ne croit pas à la version officielle de cet événement donnée par le gouvernement américain et qui est devenue la version obligatoire des médias occidentaux. Dans « Chronique du choc des civilisations » – qui est un atlas de géopolitique mondial et pas du tout un livre limité au 11 septembre –, je propose la synthèse, à ma connaissance la plus aboutie qui existe à ce jour, de ce qui pourrait être un scénario alternatif à la version officielle. Je ne prends pas parti. J’expose les arguments des tenants de cette théorie dite du complot et je ne conclus pas. Je reste prudent. Mais mon « crime » est d’avoir osé présenter de manière crédible et donc convaincante ces éléments de contestation de la version officielle.
Je suis un scientifique, j’ai une première formation de sciences mathématiques et physiques avant d’être passé à la science politique. Pour avoir creusé le sujet (surtout aux États-Unis) et pour avoir beaucoup parlé de cela avec des experts français du renseignement (qui eux ne parlent pas mais n’en pensent pas moins), je peux vous dire que j’ai des doutes plus qu’importants quant à la version officielle. En tout cas, je ne vois pas au nom de quoi il serait interdit de penser sur ce sujet. On aurait le droit d’imaginer des choses horribles sur les musulmans ou sur n’importe quelle civilisation, mais dès que cela touche aux Américains, et plus encore à Israël, c’est quasiment un crime contre l’humanité que d’imaginer que des cyniques aient pu concevoir un tel crime.
Vous venez de faire suspendre, par le tribunal administratif, la décision du ministre. Pouvez-vous à nouveau donner des cours ?
Aymeric Chauprade : Après un premier référé, nous en avons fait un deuxième en montrant que la décision menaçait mon économie personnelle. Le juge des référés a jugé qu’une liberté fondamentale, celle des droits de la défense, avait été gravement bafouée. Je suis tombé sur un juge indépendant et juste, dans une France de plus en plus verrouillée médiatiquement et politiquement. Même quand tout est verrouillé, il faut toujours croire en la France. Conséquence : théoriquement je peux reprendre mes cours. Évidemment, dans la pratique c’est plus compliqué. Le ministère de la Défense va devoir dire clairement quelle faute j’ai pu commettre. En réalité, tout le monde sait que la vraie raison de mon éviction est que j’étais le dernier représentant, dans les institutions de défense, de la ligne gaulliste en politique étrangère. Je suis pour un monde multipolaire et non pour cette folle politique de « l’Occident contre les autres » que représentent ceux qui sont au pouvoir maintenant en France.
Quelles ont été les réactions de vos élèves et collègues, notamment du Collège royal militaire supérieur du Maroc, où vous enseignez ?
Aymeric Chauprade: Je suis extrêmement touché par les très nombreuses manifestations de solidarité que j’ai eues. Pas seulement l’immense majorité des officiers français de l’École de guerre, mais aussi les étrangers. Les stagiaires africains étaient très en colère notamment, ceux des pays arabes aussi. J’ai reçu, plus discrètement des témoignages d’amitié venant de pays asiatiques. Mon éviction est interprétée, à juste titre, comme la manifestation évidente de la rupture de la France avec les fondamentaux de sa politique étrangère d’équilibre. J’attends de voir ce que va faire le Collège des forces armées Royales du Maroc. J’y enseigne depuis six ans et j’ai toujours donné satisfaction. On aimait à Rabat ma liberté d’expression. Je suis employé directement par les Marocains et non par la partie française. Normalement, le Maroc n’étant plus un protectorat, je m’attends à ce que rien ne change, malgré les pressions.
Que pensez-vous de la réintégration par la France du commandement de l’Alliance atlantique (Otan) ?
Aymeric Chauprade : Elle est contraire à l’intérêt de la France et nous n’avons pas eu de véritable débat sur ce sujet à l’échelle nationale. Je suis frappé de constater à quel point les médias français sont verrouillés par les relais d’influence américain et israélien qui ont totalement neutralisé toute possibilité de débat. Depuis la sortie de ce commandement en 1966, il y avait un consensus de droite et de gauche. La « valeur ajoutée » de la France sur la scène internationale tenait en partie à cette position singulière, à cet héritage de la troisième voie, j’ose dire de non-alignement, car si la France est bien d’Occident, elle ne doit pas pour autant réduire sa politique mondiale à une politique occidentale. Sa vocation est de défendre l’équilibre multipolaire, pour que toutes les civilisations aient leur place dans l’Histoire.
Une alliance est-elle dirigée contre un objectif. la Russie, la Chine, l’Iran, le terrorisme ?
Aymeric Chauprade : Les Américains ont remplacé la lutte contre le communisme par celle contre le terrorisme. Cette nouvelle idéologie vise à coaliser les anciens alliés de la guerre froide. Logiquement, il aurait dû y avoir une Europe puissante après la guerre froide. Or, qu’avons-nous aujourd’hui ? Une Europe certes économique, mais géopolitiquement parlant composante d’un bloc transatlantique dominé par les États-Unis. Le président Chirac a tenté de s’opposer à cela avec son acte courageux en 2003 avec l’affaire d’Irak. Je suis convaincu que ce qui se passe aujourd’hui est le retour de bâton de 2003. Les Américains se sont dits : « ces Français se sont opposés sur l’Irak ; c’est un raté, changeons les choses en France et ils ne s’opposeront pas demain sur l’Iran ».
L’ancien premier ministre français Dominique de Villepin a déclaré que l’Otan était « totalement sous contrôle américain ». Est-ce votre avis ?
Aymeric Chauprade : Il a raison. Villepin a été l’honneur de la France à la tribune de l’Onu en 2003. Aujourd’hui, comme d’autres, il a raison de rappeler cette évidence : après la disparition du Pacte de Varsovie, l’Otan aurait dû disparaître. Elle n’a pas disparu parce que cela a été, dès 1990, une priorité des États-Unis de l’étendre et de la renforcer. L’organisation de l’Europe centrale et orientale va de pair avec l’élargissement de l’Union européenne. Et les Américains, voyant que l’Allemagne poussait pour reconstruire son espace d’influence à l’éclatement de la Yougoslavie, ont compris qu’il y avait là un potentiel de guerre susceptible de redonner une raison d’exister à l’Otan. Avec la Yougoslavie, l’Otan a glissé vers la guerre d’ingérence manichéo- humanitaire…
Est-il vrai que vous défendez une théorie du choc des civilisations, notamment au travers d’une opposition entre l’Europe (Russie incluse) et l’islam ?
Aymeric Chauprade : Les civilisations sont un facteur important de l’Histoire mais je ne réduis pas l’Histoire au choc des civilisations. Les civilisations existent, on ne peut le nier. Et dans la longue durée, la problématique de la hiérarchie de puissance entre les civilisations est une réalité. L’Occident européen est devenu moteur de la mondialisation au XVIe siècle et a supplanté l’islam en le contournant grâce à l’ouverture des grandes routes maritimes qui ont permis d’atteindre l’Asie. Aujourd’hui, peut-être que l’Asie est en train de prendre la tête de la mondialisation et que ce qui nous menace est une guerre de l’Amérique n’acceptant pas son déclassement. Jacques Sapir soutient, très intelligemment, que si l’Amérique n’arrive plus à faire l’ordre américain elle fera le désordre… Je crois à ces réalités-là. Donc il n’y a pas que l’islam et les Européens ; ces rapports de force entre civilisations existent aussi entre Chinois et Indiens, entre Indiens hindouistes et musulmans, etc.
Je crois qu’Européens et Russes ont un destin commun à construire et qu’ils doivent bâtir un rapport équilibré avec le monde musulman. La France doit développer une politique arabe intelligente car équilibrée. Les Russes ont l’expérience de l’islam caucasien et centre-asiatique depuis le XVIIIe siècle alors que les Américains n’y comprennent rien.
Certains prétendent que vous pourriez avoir été victime d’une « campagne d’épuration » menée par un cercle néoconservateur proche du pouvoir comme l’auraient été les journalistes Richard Labévière de RFI, ou Moktar Gaoud et Agnès Levallois de France 24…
Aymeric Chauprade : Ce n’est pas une supposition c’est un fait avéré. La France est en train de vivre une épuration douce et sourde (regardez mon cas : alors que j’ai gagné contre un ministre, aucun quotidien national n’en a fait état) de tous ceux dont la pensée va à l’encontre des intérêts d’Israël et des États- Unis. Cela peut paraître difficile à croire, mais c’est pourtant la vérité. Qu’il s’agisse de gens de gauche ou de la droite conservatrice, tous ceux qui « tombent » ont un point commun : leurs analyses ne vont pas dans le sens des intérêts américains et israéliens.
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22 juillet 2009
A l'occasion des camps Maxime-Réal-del-Sarte précédents, Royal-Artillerie a présenté le château autant que le programme ou la journée portes ouvertes. Il est sans doute venu l'heure de parler du maître de céans, celui sans qui rien ne se ferait d'excellente façon, le prince Sixte-Henri de Bourbon-Parme. Sa vie n'est pas un long fleuve tranquille et [...]
A l'occasion des camps Maxime-Réal-del-Sarte précédents, Royal-Artillerie a présenté le château autant que le programme ou la journée portes ouvertes. Il est sans doute venu l'heure de parler du maître de céans, celui sans qui rien ne se ferait d'excellente façon, le prince Sixte-Henri de Bourbon-Parme. Sa vie n'est pas un long fleuve tranquille et le présenter en un seul billet reste un défi.
C'est d'abord un palois, né en 1940 dans la famille ducale de Parme par Madeleine de Bourbon-Busset qui lui légua le château de Lignières. Son père, François-Xavier (1889-1977), eut avec quatre filles deux fils : Charles-Hugues (1930-) et Sixte-Henri, le dernier né de la fratrie. Cette famille est désignée régente par la succession carliste¹ espagnole depuis le décès sans postérité d'Alphonse-Charles de Bourbon en 1936. A qui va l'héritage de Philippe V est une autre affaire... ils ont aussi leur querelle dynastique en Espagne.
Mgr Sixte-Henri est un prince carré² qui pense clair et qui séduit par ses idées "humaines". Adversaire de la levée en masse, il doute du concept meurtrier de Nation exalté par Lazare Carnot sans que soit diminué son patriotisme primaire, le seul qui vaille vraiment, réglé par une tradition catholique modérée de gallicanisme. Comme chez tout carliste, patriotisme et loyauté dynastique vont de pair, faut-il encore que les lois fondamentales soient applicables sans taches aux lignées désignées, ce dont il avoue quand même douter pour le royaume de France.
Doté d'un fort mental, il s'engagea dans le Tercio à 25 ans et s'en fit aussitôt jeter par Franco qui ne souhaitait pas qu'un Carliste - son extrême-droite à lui - enrichisse son curriculum vitae avant la restauration. Grâce à son logiciel de valeurs traditionnelles intactes, il bénéficie d'un esprit prévisible, et quand fut promulguée la nouvelle constitution espagnole de 1978 par le roi Juan-Carlos, le prince Sixte-Henri estima grand l'écart accepté par la lignée isabellitaine, jusqu'à refuser de jurer fidélité à la couronne. Il coiffa le béret rouge pour de bon.
Sans doute pour cette lisibilité fut-il naturellement désigné Régent de la Communion carliste traditionaliste quand le mouvement se divisa en deux après la dérive "autogestionnaire-à-la-yougoslave" de son frère aîné. La querelle s'apaisera-t-elle avec les fils de Charles-Hugues³ ? (...)
Source: Royal-Artillerie.
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21 juillet 2009
C’est en 1930 que Saint Camille, serviteur zélé des malades, hérita du 14 juillet pour sa vénération particulière, lui-même étant mort un 14 juillet de trois siècles plus jeune. Or, quel jour plus heureux pour fêter les personnels d’hôpitaux que celui devenu entre-temps, à la faveur d’une révolution bourgeoise et d’un tremblement parisien et maçon [...]
C’est en 1930 que Saint Camille, serviteur zélé des malades, hérita du 14 juillet pour sa vénération particulière, lui-même étant mort un 14 juillet de trois siècles plus jeune. Or, quel jour plus heureux pour fêter les personnels d’hôpitaux que celui devenu entre-temps, à la faveur d’une révolution bourgeoise et d’un tremblement parisien et maçon le jour de toutes les barbaries ? Encore que la fureur révolutionnaire qui prit déjà le peuple en ce jour si stupide ne laissa pas beaucoup de chances à ses victimes, et pas beaucoup plus de travail aux infirmiers en question. Mais les hommes ont eu à cœur de réparer les approximations de l’Histoire, et l’improbable rencontre entre une immigration de troisième génération désinhibée et nos propres barbaries nationales a achevé de rendre tout cela parfaitement clair. De jeunes personnes en témoignent, qui chaque année maintenant prennent prétexte de ces réjouissances institutionnelles pour perpétuer dans le feu la terrible mémoire de leurs spirituels aïeux. Brice Hortefeux, ministre de l‘Intérieur et ci-devant ministre de l‘Immigration-et-des-moyens-de-la-gérer, en sait quelque chose, qui en bientôt deux ans a pu parcourir trois ministères sans jamais dévier de son domaine privilégié, n’a presque pas cessé de se frotter aux interminables conséquences d’une gestion idéologique d’une situation dont il n’est peut-être pas à l’origine, mais qu’il a contribué à perpétuer. Définitivement incapable de résoudre le problème, celui-ci profite des moyens mis à sa disposition dans ce but pour demander au moins que son insuccès, celui de son gouvernement et de toute la république, ne soit pas révélé à la face du peuple, selon des voies rôdées que d’aucuns diront contraires à la démocratie, sans voir que rien ne lui est plus habituel. C’est ce qu’on apprend de divers journaux dominants, Le Monde et Le Figaro notamment. Après avoir tenté avec quelque fruit tout médiatique de faire artificiellement baisser les chiffres de la délinquance en refusant de laisser enregistrer toutes les plaintes, voyant ces mêmes chiffres remonter inexorablement, le ministre ordonne désormais aux préfets de n’en plus laisser filtrer aucun, spécialement pour le 14 juillet dont nous avons dit tout le côté symbolique. Ne pas communiquer. Cacher le plus possible à la population les problèmes dont elle sera victime. Le succès de cette mascarade qui tient lieu de politique à nos gouvernants actuels devraient nous faire perdre toute illusion quant au principe de « contrôle des pouvoirs », et du pouvoir national en particulier, par les citoyens clairvoyant eux-mêmes, principe pourtant fondamental dans nos démocraties contemporaines en ce qu’il a justifié de laisser le pouvoir lui-même à la vacance de l’élection.
Reinelde Maes
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