[Colloque] Maurras, les maurrassiens et Péguy

22 avril 2009

Le point de départ de Charles Péguy est un socialisme kantien prêché par la parole, une pensée qui s'avère donc bien loin de celle de Maurras ou de Barrès. Toutefois, Péguy a subi une série de ruptures qui ont attiré l'attention de Maurras. En 1900, Péguy fonde les Cahiers de la Quinzaine, dans lesquels il [...]

Le point de départ de Charles Péguy est un socialisme kantien prêché par la parole, une pensée qui s'avère donc bien loin de celle de Maurras ou de Barrès. Toutefois, Péguy a subi une série de ruptures qui ont attiré l'attention de Maurras.

En 1900, Péguy fonde les Cahiers de la Quinzaine, dans lesquels il s'avère être socialiste mais indépendant. S'ensuivra deux ruptures importantes avec le socialisme : Péguy s'oppose au pacifisme puis, en 1907-1908, il défend le christianisme et attaque la Sorbonne.

Il n'y a jamais eu, du vivant de Péguy, de réels rendez-vous avec Maurras (même s'il lui envoie ses livres à la fin de sa vie). Un premier lien indirect se fait toutefois de 1906 à 1910 alors que Georges Sorel fréquente les Cahiers de la Quinzaine. Autour de ce dernier l'on s'intéresse à Péguy et Maurras : il y a tentative de convergence dans l'Indépendance ou dans le Cercle Proudhon. Des proches de Péguy s'intéressent également à Maurras : Daniel Halévy par exemple, qui compare Péguy à Maurras dans les Cahiers du Centre : il affirme qu'ils ont tous les deux des combats en commun mais qu'il existe aussi des différences (« Maurras connait la mort et Péguy ne veut pas la connaître »).

À la fin de sa vie, Péguy ne renie pas son passé socialiste et freyfusard mais il va combattre la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière). Il donnera alors son soutient à Poincarré, ce qui fait de lui un républicain catholique qui soutient un laïc.

Plusieurs éléments opposent Péguy à Maurras, notamment lors d'une polémique pendant laquelle le premier défend l'entrée de Bergson à l'Académie française alors que le second s'y oppose entièrement. De plus, dans ses Cahiers, Péguy rassemble mais ne veut pas unifier ; il est en effet un grand défenseur du pluralisme. Maurras, quant à lui, est un organisateur. De plus, tandis que le premier est plutôt libertaire, le second s'avère être plutôt autoritaire. Péguy défend le Christ dans l'Eglise, alors que Maurras défend une Eglise sans le Christ. Enfin, tandis que Péguy reste confiant en la République, Maurras soutient la monarchie.

Henri Massis tentera une lecture maurrassienne – donc fausse – de Péguy. La tentative de récupération va néanmoins échouer. De même Boutang va tisser des liens entre Maurras et Péguy dans son Maurras. En effet, Péguy oppose la « mystique » (référence de l'action désintéressée) à la politique : toute mystique tend à se dégrader en politique. Il y a donc une nécessité pour la politique de revenir à la mystique. Boutang crée alors le « traditionnisme » de Péguy : la mystique qui prend sa source dans la tradition (tentative de lien avec le traditionalisme maurrassien). Si Boutang tend, en tant que philosophie, à surmonter l'opposition, Maurras ne sera néanmoins pas intéressé par cette tentative. Enfin, Bernanos va lui aussi reprendre Péguy dans Le scandale de la vérité : il fait une lecture péguyste de Maurras dans cette opposition mystique/politique (Bernanos pensait la France comme le royaume de salut du Christ). L'enracinement est également une notion majeure chez Péguy qui va mener à en faire une lecture maurrassienne.

L'on peut aussi évoquer le compagnonnage de route qui existe entre Maurras et la catholicisme, ce qui le mène à poser la nation comme transcendance. C'est un problème, car pour Péguy toute mystique quelle qu'elle soit est transcendance : on lui reproche alors de ne pas faire la différence entre le sacré païen et le sacré chrétien.

Les lectures de Péguy ont donc été variées, et deux façons de le voir se dégagent : le Péguy positif (ce qu'il affirme, à travers la poésie) et le Péguy négatif (ce qu'il combat, à travers la prose). C'est la condamnation de 1926 qui finira par séparer Maurras et Péguy.

D'après Jérôme Grondeux

[Conférence du CMRDS 2008] Pas d'élection, sécession !

21 avril 2009

  L'idéologie démocratique dominante est un fléau qu'il nous est nécessaire de renverser. L'Union Européenne est en effet censée protéger les Droits de l'Homme et la prospérité économique des États membres : en d'autres termes, la liberté (individuelle et collective) et l'égalité. Tocqueville nous explique que ces deux notions sont, en démocratie, en tension permanente [...]

 

L'idéologie démocratique dominante est un fléau qu'il nous est nécessaire de renverser. L'Union Européenne est en effet censée protéger les Droits de l'Homme et la prospérité économique des États membres : en d'autres termes, la liberté (individuelle et collective) et l'égalité. Tocqueville nous explique que ces deux notions sont, en démocratie, en tension permanente et que la liberté a bien moins de préférence chez les démocrates que l'égalité. Cette dernière est en effet « la passion dominante des temps modernes » (Tocqueville), qui modifie le pouvoir au détriment des libertés individuelles.
Aujourd'hui les nations refusent une omniprésence de l'Union Européenne et forment encore un rempart contre cette dernière. Néanmoins les eurocrates tendent à saper ces nations et veulent appliquer le principe majoritaire à chaque décision. L'Action Française veut raviver le principe de la liberté, ou plutôt des libertés, pour l'indépendance de la France : cela nous pousse à revendiquer le droit de faire sécession !

Tocqueville nous explique qu'en démocratie la liberté et l'égalité n'ont pas des rapports égaux, et qu'un déséquilibre de ces deux notions est nécessairement présent au sein de la société, un déséquilibre toujours favorable à l'égalité. En effet cette dernière est le propre de la démocratie, tandis que la liberté peut se trouver dans d'autres régimes non démocratiques : elle s'adresse à tous et suscite chez tous les mêmes réactions favorables. L'égalité pénètre ainsi l'ensemble du tissu social et s'il y a des avantages immédiats, des maux plus graves se révèlent à moyen ou long terme. La première conséquence de l'égalité, comme nous l'explique Tocqueville, est d'attacher les hommes aux biens matériels qui sont ouverts à tous, en libre-circulation. Cela entraine l'apparition d'une classe de petits propriétaires qui supplantent numériquement les autres classes, et qui se caractérise notamment par un amour de la tranquillité, une peur du désordre. Si la liberté est présente en démocratie, c'est (selon la terminologie de Constant) une « liberté moderne », fondée sur l'activité économique privée, et non une « liberté ancienne » fondée sur la large participation à la vie politique. La démocratie engrange donc un processus qui, par la mise en place de l'égalité, provoque un attachement aux biens matériels qui mène au désir excessif de sécurité et donc à l'attachement du bien privé (en opposition au bien public), propre de l'individualisme.

Si l'homme démocratique déteste donc l'inégalité, il accepte un État centralisé et fort. La structure de la société n'est d'ailleurs pas la seule à changer, car la démocratie modifie profondément la morale de la Cité : ainsi l'opinion créée ne supporte pas la complexité et les intelligences ont tendance à se simplifier. Il y a donc à la fois concentration du pouvoir et réduction de la possibilité critique. De plus, avec l'Union Européenne, cette centralisation est aujourd'hui passée du niveau national ou supranational.

Il est donc important de faire sécession, revendication qui forme le dernier rempart des libertés contre l'Union Européenne. Pourquoi le droit de sécession et non la défense de la souveraineté ? Parce que les citoyens se sentent actuellement déjà citoyens de l'Union Européenne et qu'une défense de la souveraineté serait par conséquent difficilement recevable.
Pensons trois auteurs afin d'appréhender ce droit, ou plutôt cette nécessité de faire sécession : John Locke, Hans Hermann Hoppe et John Calhoun :

John Locke est un théoricien libéral anglais du XVIIème siècle. Il a écrit notamment deux traités du gouvernement civil. Ce théoricien reprend « l'état de nature » dans lequel les hommes sont égaux entre eux qui accompagne ce qu'il appelle le droit naturel : nécessité de se conserver et de conserver son espèce. Pour Locke, la société civile coexiste avec l'état de nature. Dans ce dernier naît la propriété et chaque homme a la propriété exclusive de sa personne et de ce qu'il fabrique. L'abandon de la condition naturelle vers la condition civile se fait alors par contrat, avec un consentement régulièrement renouvelé par des élections. Enfin, selon lui, le gouvernement, s'il devient parasitaire, peut être démis de ses fonctions et une partie de la société civile peut faire sécession (L'Amérique fera ainsi sécession d'avec la monarchie anglaise en 1776).

Hans Hermann Hoppe, quant à lui, est un philosophe américain contemporain. Professeur d'économie, il est libertarien (ou anarchocapitaliste) et pense ainsi le droit de propriété absolue. Hoppe considère en effet l'État comme un parasite, et critique la démocratie à laquelle il préfère la monarchie antiparlementaire. Sa vision de l'état de nature est proche de celle de Locke – les hommes collaborent entre eux – et il pense la famille comme l'un des premiers degrés de socialisation. La socialisation est selon lui spontanée et le droit de propriété apparaît sous des formes variées. De plus, il théorise le droit de sécession. Pour cela, il définit l'État comme une structure d'arbitrage qui aide et reconnaît les lois existant naturellement (coutumes). Néanmoins, pour acquérir cet état de fait, il faut faire sécession afin de contraindre l'État à rendre la propriété aux véritables propriétaires.

Enfin, John Calhoun (1782 – 1850) est l'un des meilleurs juristes américains et il s'oppose à l'État central étasunien. Il affirme ainsi que tout État doit pouvoir se retirer de l'État central si ce dernier devient parasitaire. Il théorise ainsi le droit de sécession, juste avant la guerre de sécession pendant laquelle il sera une référence. Il dénonce le principe démocratique majoritaire qui mène les petits États à être floués. Il propose donc l'unanimité (« concurrent majority ») ainsi qu'un droit de véto pour chaque Etat afin d'éviter les coalitions. Le gouvernement, quant à lui, se doit d'agir positivement pour acquérir l'unanimité.

Ces trois penseurs sont essentiels pour comprendre le principe du droit de sécession et pour l'appliquer à la réalité présente. Une chose est certaine : l'Union Européenne tend à la centralisation et la France peut ainsi se transformer en simple département ou région européenne. Il est donc nécessaire d'invoquer le droit de sécession aujourd'hui. L'Action Française se place comme défenseur des libertés françaises et s'affirme contre la représentation nationale qui n'a fait que trahir ! Il faut donc réclamer l'annulation du traité de Lisbonne. Tactiquement, s'il est accepté, c'est une véritable publicité sur l'article 50 qu'il faut engager. Ce dernier, en effet, donne aux États le droit de sécession...ne nous réjouissons pas : pour cela, il faut un gouvernement défenseur de la France, l'accord des autres Etats, et cela coûte extrêmement cher : c'est donc concrètement irréalisable. C'est donc par tous les moyens que nous revendiquerons le droit à nos libertés, à notre indépendance : le droit de sécession !

 D'après Pierre Carvin

Au bout de l'écologie

21 avril 2009

Ayant si fortement marqué les sciences de son empreinte, le progressisme ne pouvait pas ignorer le champ de l’économie si constamment tributaire de celles-ci: pas de machines en effet sans la pleine capacité technologique de les produire. Mais autant de progrès technique allait finir par bousculer l’équilibre du monde et susciter des critiques vigoureuses. Se [...]

Ayant si fortement marqué les sciences de son empreinte, le progressisme ne pouvait pas ignorer le champ de l’économie si constamment tributaire de celles-ci: pas de machines en effet sans la pleine capacité technologique de les produire. Mais autant de progrès technique allait finir par bousculer l’équilibre du monde et susciter des critiques vigoureuses. Se revendiquant les héritiers des « mouvements d’émancipation » marxiste, féministe et antiraciste, des réfractaires à l’angélisme écolo n’en ont pas moins choisi de trancher de façon radicale avec la doxa majoritaire qui est aussi celle de leurs aînés. Cette contradiction fondamentale entre la poursuite des vieilles lunes progressistes et la ferme remise en cause des matérialismes nous autorise à un bilan décisif de la place de l’homme dans les sociétés modernes, des sociétés en question et de l’insuffisance des idéologies à cet égard, toutes idées qu’un ouvrage probant nous permet d’apprécier, le Manuel de l’anti-tourisme de Rodolphe Christin.

Fonder une réflexion concernant l’économie sur le chapitre du tourisme, c’est prendre acte de ce que « l’horreur touristique constitue le dernier avatar de l’horreur économique » selon les mots de l‘auteur. Pour nous en faire bien prendre conscience, ce dernier revient sur les conditions de formation du tourisme, conscient lui-même que lorsqu’on souhaite juger du bien-fondé d’une chose, il n’est jamais vain d’en examiner les motivations profondes. A cet égard, le tourisme inquiète déjà plus qu’il ne rassure: n’est-il pas né avec les congés payés dans le sein du Front Populaire ? Parce qu’il a dénudé la patrie menacée; parce qu’il a entériné en France la guerre sociale; parce qu’enfin, en allant au bout de la logique industrialiste et progressiste, il semait les germes de drames bien plus terribles encore, drames sociaux, culturels et environnementaux à l‘échelle planétaire; pour toutes ces raisons ce ne sont que souvenirs amers. Mais c’est au sortir de la deuxième guerre mondiale que prendra véritablement forme le projet touristique, assis sur les bases tangibles du développement élevé par l’Amérique à la dignité de garant du bonheur humain.

Le tourisme en effet, parce qu’il produit de l’argent et en nécessite, s’insère à merveille dans la boucle développementiste. Il en est le mobile, puisque nos sociétés de travail salarié, invivables, ont préféré devenir en même temps des sociétés de loisir effréné plutôt que d’ « intégrer dans la vie quotidienne le remèdes à ses manques, d’agir à la source et de transformer notre quotidien » : un travail à échelle humaine qui ne réclamerait pas sans cesse ce genre d‘expédients. Plus encore, il en est l’extension au niveau mondial, ayant prospéré à la faveur de la mondialisation. Vivant comme le capitalisme des crises qu‘il engendre, il est condamné à repousser toujours plus loin les limites du monde exploité et à imaginer les arguties morales qui lui permettront de se réformer.

Cela nous amène au rejet des demi-mesures industrialo-compatibles qui font durer le plaisir. Car cela doit cesser ! Les chiffres du phénomène touristique sont assez régulièrement mis à jour pour que nous nous contentions ici d’en tirer les conclusions: le tourisme, loisir d’Occidentaux aussi riches que minoritaires, ne parvient pas à remplacer par les activités qu’il génère l’immense richesse naturelle qu’il consomme frénétiquement et dont vivent avant son arrivée les locaux. Il change aussi les traditions et usages des populations touchées, qui ne résistent pas aux transformations économiques imposées par les critères de développement - suivant ainsi un véritable « management du monde. » Ce faisant, il altère les perceptions des hommes qui, quel que soit leur pays d’origine, deviennent tous des Occidentaux en puissance, avec tout ce que cela implique après quatre siècles de mutation individualiste de l’Européen catholique, sommes-nous tentés d’ajouter: c’est le nivellement du monde à une sous-culture de consommateurs abâtardis et nihilistes.

Mais l’homme rejette au fond de lui cette dépravation barbare du tourisme et son corollaire, cette dénaturation du monde qui l’empêche de se retrouver. En témoigne la mode actuelle du « récit de voyage » - quoiqu’assurément perverti puisque son objet n’est jamais que de mettre le désir de l’homme en format exploitable… Ainsi, ses structures anthropologiques le poussent à retrouver la dimension personnelle du voyage: mise en perspective du moi par le rapport à l’autre, retour sur soi avec et redécouverte du partage, le tout avec la simplicité du nouveau-né - autant de vertus que le tourisme n’a pas su faire fructifier. C’est la définition d’une identité d’inclusion bénéfique et même vitale puisqu’on ne peut connaître l’autre sans se connaître soi-même, puisqu’aussi elle est décidément le dernier rempart protecteur contre l’économisme (à condition de protéger l’identité à son tour ?…). L’homme cherche à renouer avec cette réalité dont il est privé, ce qui ne fait qu’augmenter sa frustration. Désenchantement d’un monde artificialisé qui perd toute liberté et toute saveur, qui s’enlaidit en se rationnalisant au nom de l‘utilitarisme machinique. Quand l’économie s’affranchit de sa fonction sociale et devient le motif de tout, un motif totalitaire.

Au coin d’une page, l’auteur s’interroge à bon droit: « Quand viendra donc le jour où l’on osera invoquer le désastre écologique pour justifier une dictature technocratique ? » Egalement préoccupés de cette issue certaine, nous nous gardons bien cependant de tout présupposé idéologique qui nous empêcherait d’y voir les effets propres de l’impuissance et de l’envahissement démocratique, ce que le sociologue décroissant, en fin de compte, ne voit pas.

« Evaluer la réalité démocratique de cette diffusion idéologique est une autre histoire, discutable, que nous ne discuterons pas ici… » Et c’est heureux ! Que nous raconterait-il alors ? Que la démocratie véritable ne supporte pas interférences des doctrinaires mystificateurs et des financiers déloyaux ? Au contraire, elle les permet. Au règne de l’argent et du faux, la démocratie nationale n’a rien à opposer que l‘agrément faiblard du nombre, que l‘on ne peut d‘ailleurs pas lui reprocher: il n‘est pas le gouvernement, ça n‘est pas dans sa nature. « Certains iraient même jusqu’à parler de démocratisation du voyage, réduisant, sans même s’en apercevoir, la dimension politique de l’être-ensemble à la seule consommation de masse. N’est-ce donc que cela, la démocratie: le devoir de consommer ? » C’est dit.

Ces illusions quant à la structure mentale et les capacités politiques des personnes risquent de compromettre gravement toute rémission, surtout si l’on y fonde tout espoir. Tel n’est heureusement pas le cas, et l’auteur suggère un certain nombre d’options personnelles à adopter pour la défense de cette éthique: vivre le voyage dans sa totalité en en allongeant le trajet, la durée, le délai, en lui donnant un sens et en se détournant des mécaniques lourdes, les « réintégrer au sein de sa conscience pour retrouver un maximum d‘autonomie » et de marge de manœuvre, choisir « l’attitude du sans-trace et du moindre impact » une fois sur place, ne pas peser sur le monde en somme. Provoquer une désorganisation limitée de l’activité humaine volontariste et tentaculaire dont nous avons vu les résultats désastreux. Mais nous sommes déjà dans le domaine du meilleur possible politique dont nous avons vu que la mise en œuvre nécessitait qu’on s’en donne les moyens.

L’autre défaillance de cette doctrine, c’est sa mauvaise morale laïque, faiblarde quand il s’agit de défendre l’homme, faiblarde aussi quand il s’agit de défendre son environnement. Ses penseurs ne considèrent-ils pas - ou ne déconsidèrent-ils pas - le traitement de la nature par la Religion comme procédant en dernier ressort des « différentes formes de hiérarchies et de dominations* » qui rendent la vie si triste ? Dans cette perspective chrétienne, l’homme serait en effet « le prédateur dominant naturel » puisqu’il a reçu la création de Dieu pour la « dominer », n’est-ce pas… Mais, c’est qu’il y a des hiérarchies justes et fécondes, et c’est toute la force du royaliste et du catholique de voir quelles elles sont et quelles elles ne sont pas, de favoriser les premières et de réduire les secondes. Celles-là sont reconnaissables en ce qu’elles sont fondées sur le devoir désintéressé. Ainsi celle qui place l’homme au sommet de la création. Feu Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II remarquait fort justement dans Centesimus annus qu’ « au lieu de remplir son rôle de collaborateur de Dieu dans l'œuvre de la création, l'homme se substitue à Dieu et, ainsi, finit par provoquer la révolte de la nature, plus tyrannisée que gouvernée par lui » chaque fois qu’il prétend profiter du monde en le « soumettant sans mesure à sa volonté, comme [s’il] n'avait pas une forme et une destination antérieures que Dieu lui a données, que l'homme peut développer mais qu'il ne doit pas trahir. » Ainsi en est-il du gouvernement du Roi qui doit respecter le droit naturel divin, et qui est mieux fondé que les autres à le respecter. Question de mesure. Du coup, ne voir l’homme que dans son inclination matérialiste et destructrice relève d’une « erreur anthropologique » fondamentale, que ce soit pour s’en féliciter ou s’en plaindre. Bien loin de s’y enfermer, seule l’éthique chrétienne permet de sortir efficacement de ce système manichéen et stérile. Voilà ce que Monsieur Claude Timmerman devrait noter pour aller au bout de son étude et ne pas participer malgré lui à la diffusion d’un néopaganisme de bas étage chez les sympathisants du Bloc, fléau ruineux dont ils n’ont certes pas besoin.**

Reinelde Maes

* Lire ce qui n’en est pas moins une excellente contribution de Claude Timmerman sur le site Novopress.

Poursuivre avec l’article capital de Falk van Gaver sur l‘écologie chrétienne.

** Ils s'en tiennent d'ailleurs à distance raisonnable comme en témoigne le très bon article de Julien Langella, ID magazine n°13 - printemps 2008: « Le christianisme au service de l’écologie »

[Colloque] L'Indépendance avec ou sans Maurras ?

21 avril 2009

L'Indépendance est une revue fondée par Georges Sorel et Jean Variot, éphémère puisqu'elle n'a compté que 48 numéros. C'est une revue traditionaliste qui critique les idées de la Révolution française et qui se situe près de la religion chrétienne. Elle réunit les anti-dreyfusards de la première heure et ceux qui ont été ensuite déçu par [...]

L'Indépendance est une revue fondée par Georges Sorel et Jean Variot, éphémère puisqu'elle n'a compté que 48 numéros. C'est une revue traditionaliste qui critique les idées de la Révolution française et qui se situe près de la religion chrétienne. Elle réunit les anti-dreyfusards de la première heure et ceux qui ont été ensuite déçu par cette affaire.

Georges Sorel, l'un des fondateurs de cette revue, est un philosophe moraliste qui fait l'éloge de l'Action française. Il partage en effet beaucoup d'idées avec ce mouvement, notamment avec ses Réflexions sur la violence. En retour, l'Action française s'est intéressée à lui vers 1909-1910.

Charles Maurras, en 1908, publie en effet un article, La violence, qui se positionnera en faveur de Sorel. Plus tard, l'Action française publiera un article de Sorel (qui est anti-démocrate). Georges Valois lui proposera même de le lier à l'Action française par l'intermédiaire d'une revue : La Cité française. Celle-ci ne revendique aucune évolue mais elle est en réalité une tentative de récupération de Sorel par l'Action française. Celui-ci ne le remarquera que tardivement et le projet avorte ainsi en 1910.

C'est alors que s'affirme l'idée de l'Indépendance qui naît le 10 mars 1911. Il y a volonté de ne pas être maurrassien (confer le titre) et cette revue s'intéresse surtout aux questions culturelles et non politiques. Les membres du comité de rédaction ne sont d'ailleurs pas particulièrement conservateurs ou traditionalistes. Il s'agit néanmoins de montrer la décadence de la modernité et la revue devient clairement traditionaliste en se radicalisant : il y a donc amalgame avec l'Action française, surtout lorsque Barrès rejoint la rédaction, de même que des rédacteurs de la Revue critique des idées et des livres.

C'est en 1912 que l'amalgame est clairement fait et Sorel est alors compris comme appartenant au mouvement maurrassien. Il n'est pourtant pas monarchiste, pensant qu'un peu de connaissances historiques prouve que la monarchie n'est plus possible en France. De plus, l'Action française de l'époque n'a jamais parlé de l'Indépendance car Maurras regrette que Sorel ne se soit pas allié à lui.

L'on retrouve ici deux spécificités du début du XXème siècle : l'antagonisme né de l'affaire Dreyfus (République contre anti-démocratie, romantisme contre classicisme, religion contre laïcité, etc...) et la grande circulation des hommes au sein du milieu culturel car il y avait alors peu de bacheliers.

D'après Thomas Roman

Paris-Pékin, voyage en propagande

20 avril 2009

A l'occasion du 50e anniversaire du soulèvement de Lhassa et de la fuite du dalaï-lama (10 et 17 mars 1959), le régime chinois s'est offert le luxe d'une exposition bien peu sobrement intitulée "50 ans de réformes démocratiques au Tibet". On s'imagine facilement en quoi consiste une telle exposition. Le plus amusant de notre point [...]

MaoA l'occasion du 50e anniversaire du soulèvement de Lhassa et de la fuite du dalaï-lama (10 et 17 mars 1959), le régime chinois s'est offert le luxe d'une exposition bien peu sobrement intitulée "50 ans de réformes démocratiques au Tibet". On s'imagine facilement en quoi consiste une telle exposition.

Le plus amusant de notre point de vue, c'est bien la réaction des médias français: ainsi le Monde qui dénonce "un sommet dans l'art de la propagande d'Etat" dresse une critique de cette mascarade qui laisse songeur.

Les organisateurs ne se sont préoccupés ni d'une vision historique globale ni des subtilités anthropologiques ou culturelles pour décrire la réalité médiévale du Tibet d'avant les "réformes" [...] il leur fallait choisir dans les réalités de l'Histoire ce dont ils avaient besoin pour démontrer que le Tibet d'autrefois n'était qu'une terre de violence et d'injustice.

Après une liste non exhaustive des illustrations soigneusement choisies pour appuyer cette propagande l'auteur de l'article reprend :
Une notice enfonce le clou : "Avant 1959, la société tibétaine était sombre et cruelle. Le peuple souffrait de l'oppression politique et spirituelle. La société était décadente et arriérée, le Tibet était plongé dans un stade prolongé de pauvreté et d'immobilisme." Selon le même texte, "les aristocrates, les officiels et les représentants du clergé qui constituaient 5 % de la population possédaient toutes les terres.[... ]" Le Tibet était un pays médiéval et un royaume théocratique. Les réalités sociales étaient cependant plus complexes ou différentes de ce que la propagande chinoise instrumentalise aujourd'hui pour justifier sa politique dans l'ancien royaume du dalaï-lama.

Suit une liste des nuances reconnues, loin des chiffres énoncés par Pekin de 95% de serfs, une réflexion sur la mobilité sociale dans ce système, avant une dénonciation de la célébration comme "le jour anniversaire de l'émancipation des serfs", de l'écrasement de la résistance tibétaine ainsi que du passage sous silence des mouvements qui militent toujours pour l'indépendance de la province. Dernière méthode de propagande chinoise: l'entière mise au crédit de la révolution, de la modernisation technologique du Tibet.

Coment ce journaliste peut il faire l'étonné ? Chacune de ces méthodes, dans le détail, nos enfants aux mains de l'éducation nationale les rencontrent au quotidien. L'habile propagande chinoise n'est que la copie conforme de l'angélisme républicain et de la dissimulation de l'histoire qui doit être, grand principe de la révolution française, réécrite pour le bien de la république. Il faut voir aussi les tollés qui s'élèvent à chaque fois qu'un moine Tibétain est molesté par la police, ou une manifestation réprimée, alors le régime chinois n'a pas eu la main aussi leste que nos révolutionnaires qui sans prendre autant de gants que les communistes chinois, ont enclenché une tentative d'extermination des religieux en France.

L'hypocrisie du Monde fait sourire un moment... un goût amer et le désir d'inculquer un peu de décence au journaliste, qui devrait apprendre à regarder ce qui se fait chez lui, remplacent bien vite tout amusement.

V.Chalmel

[Colloque] Autour de la Revue critique des idées et des livres

20 avril 2009

Jean Rivain est le fondateur et l'âme de la Revue critique des idées et des livres ; il est aussi l'un des plus grands dirigeants de l'Action française et secrétaire de la Tour du Pin. Dés vingt ans, il fait très vite fortune et crée une maison d'édition (la Nouvelle librairie nationale, rachetée plus tard [...]

Jean Rivain est le fondateur et l'âme de la Revue critique des idées et des livres ; il est aussi l'un des plus grands dirigeants de l'Action française et secrétaire de la Tour du Pin. Dés vingt ans, il fait très vite fortune et crée une maison d'édition (la Nouvelle librairie nationale, rachetée plus tard par Valois – source de la haine entre celui-ci et Rivain). En 1910, à 27 ans, il est déjà nommé au sein du Comité directeur de l'Action française et il épousera également la fille de la comtesse de Courville, femme de mondanité et de réseaux. Ainsi, il provoquera certaines jalousies qui aboutiront à une séparation de la Revue et de l'Action française.

Dés 1911-1912, la Revue critique des idées et des livres aura un grand succès du fait d'un groupe réuni autour de Rivain et du salon de Courville (principalement des jeunes gens). C'est un organe de culture générale, un recueil de critiques contre l'érudition de la Sorbonne notamment, ou contre le sociologue Durkheim qui disait que « l'honnête d'homme d'autrefois n'est plus pour nous qu'un dilettante » (De la division du travail social, 1893). Finalement, la Revue tend à susciter l'amour du passé, des lettres et des arts. L'on y décèle une réaction contre le scientisme, la décadence et l'anarchie : le combat contre le romantisme s'identifie à la défense de l'idéal français.

À l'origine (1908), la Revue est bleue, petite, on peut la découper en plusieurs courants. Le premier courant principal a été celui de Georges Valois, quelque peu rébarbatif. Mais à la fin de 1910, alors que Valois commence à quitter la Revue, Jean Rivain en prend la direction : les pages se font alors plus nombreuses, les sujets plus divers, et la Revue devient fort appréciée. En janvier 1912 apparaît un nouveau format, puis elle s'impose comme la principale revue littéraire française, au même titre que la Nouvelle Revue française. En mars 1913 est d'ailleurs publié un numéro sur Stendhal qui marque le début des études stendhaliennes en France.

Si la Revue prend des partis pris maurrassiens et néo-classiques stricts, elle fait également l'éloge de Stendhal, d'Alfred de Musset et même de Jean-Jacques Rousseau ! Néanmoins, il y a rupture très violente en 1914. À l'origine de celle-ci : la condamnation par Maurras pour de faux prétextes sur Bergson et sur le fait de n'être pas assez sévère vis-à-vis de l'Allemagne. De plus, la Revue s'était écartée de l'empirisme organisateur.

Cette scission a été très mal vécu, c'est la première dissidence de l'Action française.

D'après Laurent Joly

[Colloque] Le maurrassisme et la culture

19 avril 2009

Du 25 au 27 mars 2009 a eu lieu un colloque au Centre d'histoire de Sciences Po de Paris dont le thème a été le maurrassisme et la culture, sous la direction d'Olivier Dard, Michel Leymarie et Neil McWilliam que nous remercions. Il s'agit du troisième colloque consacré à l'Action française. Culture, société, politique et [...]

Du 25 au 27 mars 2009 a eu lieu un colloque au Centre d'histoire de Sciences Po de Paris dont le thème a été le maurrassisme et la culture, sous la direction d'Olivier Dard, Michel Leymarie et Neil McWilliam que nous remercions. Il s'agit du troisième colloque consacré à l'Action française. Culture, société, politique et de nombreux intervenants étaient présents (la moitié étant étrangers, ce qui témoigne du rayonnement intellectuel du maurrassisme dans le monde).

L'Action française et le maurrassisme ont en effet eu un prestige culturel au XXème siècle et il s'agit ici de les analyser dans leur rapport aux différents mouvements culturels, intellectuels, ainsi qu'aux différentes figures ou évènements qui ont pu traverser la période qui nous intéresse (jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, et un peu après). L'on découvre ainsi les acteurs de l'Action française, sa pensée, son journal, ses prises de position et polémiques, ses adversaires, sa ligue...ce qui fait son unité comme sa diversité : un mouvement complet, multidisciplinaire.

Nous ne pourrons pas vous livrer ici un résumé complet de l'ensemble des interventions qui ont eu lieu, mais nous pouvons en résumer la majorité. Nous publierons ainsi chaque jour un compte-rendu d'une intervention, suivant l'ordre de présentation du colloque, principalement chronologique, découpé en quatre parties : Avant le premier conflit mondial ; Philosophie, politique et esthétique ; Figures et acteurs puis Sous Vichy et après la Deuxième Guerre mondiale. Les intervenants sont nombreux ainsi que leur discipline : sociologie, étude du patrimoine, Histoire de l'art, science politique, littérature, Histoire, etc...

Nous avons choisi de publier les compte-rendus sans y ajouter de notes (sauf cas particulier, si cela s'avère réellement nécessaire selon nous). Il s'agit donc de présenter les interventions telles qu'elles ont été dites en évitant tout jugement ou toute polémique inutile - puis écrire éventuellement un article par la suite en s'inspirant des questions et pistes relevées par les intervenants - questions et pistes qui sont nombreuses en effet.

À l'occasion de ce colloque et de la publication de ces quelques résumés, une nouvelle catégorie ("colloque") a été créé pour stocker l'ensemble des interventions pendant un moment, afin que chacun puisse ensuite y revenir.

[Citation] Le matérialisme de Bacon

19 avril 2009

"Stupide matérialiste ! Brute plus brute que les brutes auxquelles tu demandes des arguments, tu crois que l'âme sensible, la vie, le sentiment, ce qui aime enfin, n'est qu'un mélange d'ingrédients matériels comme un potage de cuisine ?"  Joseph de Maistre, Examen de la philosophie de Bacon.

"Stupide matérialiste ! Brute plus brute que les brutes auxquelles tu demandes des arguments, tu crois que l'âme sensible, la vie, le sentiment, ce qui aime enfin, n'est qu'un mélange d'ingrédients matériels comme un potage de cuisine ?"

 Joseph de Maistre, Examen de la philosophie de Bacon.

Les pêcheurs du nord mettent en panne

18 avril 2009

La grève et le blocus de certains ports de la cote d'opale par les pêcheurs protestant contre les quotas imposés par Bruxelles fait beaucoup de bruit ces jours-ci. Au cœur de la campagne pour les élections européennes il est urgent d'en tirer les conséquences. Pourquoi ces pêcheurs en ont-ils ras le bol ? C'est simple, [...]

http://www.24heures.ch/files/imagecache/468x312/story/6dd961e_1.jpg La grève et le blocus de certains ports de la cote d'opale par les pêcheurs protestant contre les quotas imposés par Bruxelles fait beaucoup de bruit ces jours-ci. Au cœur de la campagne pour les élections européennes il est urgent d'en tirer les conséquences.

Pourquoi ces pêcheurs en ont-ils ras le bol ? C'est simple, les négociations sur les quotas de pêche ont donné des quotas surréalistes qui malgré tous les impératifs écologiques ne cessent de privilégier les navires usines des pays nordiques. Ainsi, en Manche où la ressource est riche, la pêche traditionnelle française est confrontée à des limitations de tonnages drastique, qui font qu'en fin du premier trimestre, certains pêcheurs sont à 60% de leur quota annuel. A contrario, en mer du nord et dans l'atlantique nord, où les populations halieutiques sont décimées, les navires usines des pays d'Europe du nord peuvent recevoir des autorisations allant jusqu'à plusieurs centaines de fois les quotas français. Situation d'autant plus absurde que les espèces aujourd'hui en débat sont des poissons qui voyagent peu, s'y ajoute le fait que ces poissons capturés en cherchant d'autres espèces, doivent donc, pour respecter les quotas, être rejetés morts à la mer.

Gérard Onesta, député vert européen, énonce les solutions que la logique impose :
- Une meilleure négociation de ces quotas entre tous les acteurs, européens et mondiaux.
- Le courage politique de l'Union Européenne, chose impossible à nos yeux qui permettrait enfin que des pays comme la Lybie cessent de céder des pavillons de complaisance qui permettent le pillage des ressources halieutiques que ces quotas visent à protéger.
- La régulation du prix des poissons, en effet, les tonnages actuels ne permettent en aucun cas de rendre viable l'activité de pécheurs français, quand dans le même temps, le poisson reste invendu sur les étals en raison des marges aberrantes ( des pris multipliés parfois par 10 ) des distributeurs.

etc.

Le hic ? l'Europe est par nature incapable de parler d'une voix unie à l'extérieur, et les négociations internes ne sont qu'un jeu de lobbyisme, pour lequel, la présidence française de l'Union a été particulièrement faiblarde. Et pour ce qui est des marges des distributeurs, au cœur également du blocage de la situation des agriculteurs français, les sacro-saintes doctrines libérales des politiques économiques de Bruxelles en font un sujet tabou. Tant que l'Union Européenne ne sera pas une Europe réaliste d'Etats souverains, elle ne pourra apporter aucune solution.

Sur ce sujet encore, nous payons cher l'inconséquence de l'Union et Monsieur Onesta et ses collègues qui, puisqu''ils connaissent les solutions, devraient peut être réfléchir aux moyens de les mettre en œuvre.

Le ministre lui, de toute évidence, ne veut pas se poser de questions, il a proposé 3 millions d'euros pour indemniser ceux qui ne peuvent plus vivre de leur travail, cette somme -c'est bien dommage- ne permettra même pas de repousser le problème jusqu'au terme de son mandat.

En refusant de se donner les moyens d'une politique réaliste, on détruit l'activité marine française, et on creuse le déficit, c'est aussi simple que cela.

V.Chalmel

"Pire to pire" à l'assemblée

17 avril 2009

Pour les fêtes de pâques dans l'hémicycle, c'est Christine Albanel qui a été crucifiée par l'inconséquence des députés UMP et les acteurs de l'internet qui ont temporairement ressuscité. En attendant que la loi création et internet repasse devant les députés, madame le ministre d'un coté, les opposants à la liberticide loi HADOPI ont reçu en [...]

http://www.lefigaro.fr/medias/2007/12/20/1d22c5e4-aecf-11dc-be13-1506f6de397e.jpg Pour les fêtes de pâques dans l'hémicycle, c'est Christine Albanel qui a été crucifiée par l'inconséquence des députés UMP et les acteurs de l'internet qui ont temporairement ressuscité.

En attendant que la loi création et internet repasse devant les députés, madame le ministre d'un coté, les opposants à la liberticide loi HADOPI ont reçu en direct une nouvelle preuve de la faillite de la république parlementaire.

Inutile de faire un long article, le constat est simple et le gouvernement subit la bêtise grasse de ses députés, qui a fait craindre au passage pour le poste de Roger Karoutchi secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement. Le constat surréaliste est fait par le gouvernement, les députés UMP étaient déjà partis en weekend.

Il y aurait de quoi être atterré, si ce n'était si "normal" dans la petite vie tranquille et si bien rémunéré des députés d'un parlement dont l'inutilité fait jour après jour ses preuves. A l'heure où l'on ressort des cartons les mesures de sanctions financières pour les députés absentéistes, on rappellera à profit que Nicolas Sarkozy s'était également en son temps illustré pour son siège vide à l'assemblée nationale.

Qu'il existe de telles mesures est d'ailleurs en soit la marque d'un désastre, de la désaffection des élus qui touchant leur paye sans peur de la crise ne se sentent apparemment aucune obligation auprès des français.

Où sont nos députés ? On se le demande chaque jour un peu plus, puisque on ne les voit dans nos provinces qu'à la veille de leur réélection, et que la plupart des séances ordinaires de l'assemblée nationale se passent en présence de quelques dizaines de péquins à peine.

Fin de l'histoire, cette loi sera revotée le plus vite possible, on repousse pour se faire une loi sur la défense des mineurs contre l'inceste, quand les élus font leur travail, ce sont leurs priorités qui laissent perplexe.

V.Chalmel