La sécession contre les gentilles postures euro-compatibles

26 avril 2009 | 24 commentaires

La sécession d‘avec le monstre confédéral et tyrannique, qu’il soit européen ou yankee, ça n’est pas qu’une image vieillie d’un temps lointain, contrairement à ce que pense notre collègue de Royal-Artillerie* qui semble surpris et même déçu de découvrir la présente campagne ces jours derniers en même temps que le commun des mortels; mais que n’a-t-il assisté au dernier CMRDS, que n’a-t-il suivi nos compte-rendus réguliers sous forme de quotidien électronique: les mystères qui entourent selon lui nos savants travaux doctrinaux et militants se seraient alors évanouis sans plus de formalité.

Quand on veut résoudre une question, il convient d’abord d’en examiner le fond et de ne pas se laisser aller à des conclusions simplistes sous prétexte de facilité: une solution complète et susceptible de réussite se révèlera peut-être longue ou délicate à mettre en œuvre mais une réponse au contraire non-appropriée ou trop faible ne sera que pure perte, puisqu’elle nous placera dans l’agitation sans résoudre durablement la question. Plus grave et plus dangereux que l’utopie dont on gratifie nos propositions, il y a l’aveuglement sur les conditions d’une réussite véritable.

Au prétexte que la tâche s’annonce rude, on nous propose de cesser tout combat et de nous rendre à l’évidence de la réalité imposée par de mauvais conventionnels internationaux. Suivez bien le raisonnement: l’Union nous a dépouillés d’une monnaie et d’un droit indépendants en en comblant les lacunes (chose par ailleurs douteuse), de sorte que nous voilà à sa merci et forcés de rester en son sein… Est-ce que tout cela est bien raisonnable ? Et serions-nous de toute façon royalistes si nous n’étions pas convaincus de la nécessité d’une réforme juridique globale, foncièrement contre-révolutionnaire, non-individualiste et antilibérale ? Sans jeter en bloc l’ensemble d’une tradition hétéroclite qui puise ses sources jusque chez nos rois, mais en en purgeant la large part de ce qui sera considéré à raison comme parfaitement inconciliable avec la monarchie pacificatrice dont ce droit nouveau sera l’instrument. Le chapitre du droit communautaire apparaît alors comme une simple difficulté de plus, qu’il convient justement d’entraver avant qu’elle ne prenne plus d’ampleur, une ampleur cette fois vraiment irréversible.

Car si nos amis attendaient de nous le simple constat des libertés perdues, nous devons confesser ici une terrible méprise sur nos intentions: nous n’avions en vérité pas en tête de nous mouler dans des solutions préconçues et préétablies comme on nous le propose avec cette nouvelle compromission. Nous savons bien que l’Union existe (c’est même cela le problème) mais il s’agit pour nous d’amorcer le début d’un changement nécessaire. La parade légaliste qui consiste à prendre acte des faits pour s’y conformer au mieux et éviter trop de chamboulement nous ferait bien rire si elle ne poussait allègrement le pays à sa perte.

De plus, il n’est pas dit que les circonstances présentes ne pourraient pas bien vite venir appuyer ce combat, outre un deuxième non irlandais il est vrai plus qu’hypothétique et un conflit généralisé sur fond de ruée vers l‘or: comment ne pas penser, comme le signale Pierre Carvin dans un récent commentaire, que la crise économique qui affecte nos voisins « les obligera un peu à reconsidérer les bienfaits de la zone euro » ? Comment en effet n’y verrait-pas une douloureuse limite à la puissance mystique de la divinité Europe ? Et les taxes bruxelloises qui ne feront qu’augmenter dans le même temps, probablement de plus en plus au grand jour ! Comment cela n'attirerait-t-il pas l'attention de nos compatriotes que plus rien d'autre ne touche que le portefeuille ?

Et si cela devait être dur malgré tout, est-ce que notre rôle n’est pas là, justement, dans la tentative d’inverser le cours inéluctable des choses, ce « sens de l’histoire » européiste que toute la social-démocratie technocratique désire nous faire avaler ?

Nier encore le besoin de sécession parce que ça n’intéresserait pas le public, outre les remarques qui viennent d’être faites, soulève une lourde interrogation quant au sens de ce qui doit « intéresser le public » : tout le monde n’est-il pas intéressé à recouvrer un marché mesuré, une monnaie contrôlée, des frontières protectrices ? C’est cela qui doit être martelé derrière l’idée de sécession, qui n’est en somme qu’un moyen au service de la politique royale, pierre angulaire de notre combat et composante inséparable de la présente campagne. Celle-ci ne se heurte qu’à la faiblesse de nos moyens de communication, à la division des royalistes et nationaux sur la question pour des vues autant stratégiques qu’électoralistes, et à l’abaissement moral des Français, que vient contrebalancer le caractère intégral de cette réponse dans des proportions que nous espérons les plus élevées possibles.

Nous faire accroire que la France doit se résigner à son sort, que des catastrophes terribles s’abattront sur la France rebelle aux prises avec le lois universelles de l’économie libérale (contre lesquelles le politique ne peut rien), voilà bien le genre de propos irresponsables qui furent déjà ceux des oui-ouistes il y a 4 ans. On voit ce qu’il en fut, ou plutôt ce qu’il n’en fut pas: une trahison de plus a certes balayé nos espérances, les suspendant à de nouveaux miracles électoraux en Irlande, mais nulle guerre civile, nulle crise économique n’est venu frapper la France… du moins pas à cause de cela…

En fait, ce qu’il faudrait c’est tromper les futurs « cotisants » au sein du mouvement en leur faisant miroiter des demi-mesures socio-démocratico-euro-compatibles tout-en-conservant-la-part-de-souveraineté-qu’il-nous-faut pour mener à bien la politique capétienne… Seulement, pour nous qui savons bien que la souveraineté n’est pas divisible, qu’elle n’existe vraiment que dans les mains d’un homme et que c’est d’ailleurs la raison de sa « fuite » progressive des mains de nos élites traîtresses à celles des apatrides bruxellois; que ces derniers sont engagés dans un dynamique antifrançaise et que c’est en réalité la seule issue où pourrons jamais nous mener les projets dont l’essence même est de nier le Politique circonscrit aux cadres nationaux; hé bien nous savons qu’il n’est plus de compromission possible d’aucune sorte avec des institutions vouées à nous perdre.

Ceux qui finalement ne voient pas de problème dans les votes à majorité simple ou qualifiée, ne s’inquiètent pas de la prise de poids de nos partenaires dans ce qui relève de notre domaine décisionnel propre mais sophistiquent à l’envi sur « notre capacité à obtenir leur soutien sur tel ou tel dossier, ou à passer outre leur avis si l’on juge bénéfique la rupture du contrat », ceux-là ne semblent pas comprendre que ces procédés entravent justement d'une manière aussi globale qu'irréversible l’action du roi qui vient - chose qu’il convient également de rappeler puisque ces bonnes âmes s’évertuent à imaginer les meilleures solutions dans le strict cadre républicain (avec tout au plus un changement de personnel politique, autre « que celui que nous subissons actuellement du fait du système électoral de "recrutement" »)… Or l’idée de sécession se place dans la continuité du combat monarchique en ce qu’il ne doit conserver la souveraineté dans les mains de Français que dans la mesure où elle n'en sera que plus facilement rendue au roi; si toutefois ce n'est pas le roi lui-même qui, rétabli à la tête du pays, aura sitôt repris sa nécessaire liberté d'action dans la foulée... il n'y aura de toute façon que lui pour la préserver !

Qu’il soit dit enfin que nous ne ferons pas dépendre notre salut du bon-vouloir de l’Etranger, aussi bienveillant soit-il, ni ne soumettrons les conditions de ce même salut à une vision historiciste, légaliste et pusillanime de la place de la France dans l’Europe: la France sera libre quand elle sera royale, et la France sera royale quand elle sera libre !

*Voir l'article ici.

Reinelde Maes

24 commentaires pour "La sécession contre les gentilles postures euro-compatibles"

  1. Grégoire

    Le 26 avril 2009 à 12:24

    Puisque je suis cité, je réponds rapidement sur la question de la majorité qualifiée. Apparemment, mon observation n'a pas été comprise. Je critiquais le "formalisme souverainiste", dont l'affaire de la TVA dans la restauration apparaît comme une illustration intéressante : en matière de fiscalité, l'unanimité est requise ; or il est manifeste que cela n'est pas une garantie de notre autonomie de décision. C'est donc sur la pratique poussée du multilatéralisme que l'on doit s'interroger. Ainsi que sur la notion d'indépendance et la dialectique puissance-souveraineté. En effet, l'indépendance n'est pas un absolu, et l'autonomie formelle de décision demeure une coquille vide sans la capacité d'action.

  2. Reinelde Maes

    Le 26 avril 2009 à 13:27

    Certes l'unanimité n'est pas un absolu, et c'est pourquoi les sécessionistes la combattent); en revanche l'indépendance qui doit permettre l'expression de nos intérêts nationaux, si. La question de la puissance est d'ores et déjà dépassée: vous confirmez ce que je je dis dans cet article, que vous n'envisagez vos demi-mesures que dans le cadre républicain de la France écrasée, faiblarde et trahie. La sécession royale répond aujourd'hui comme hier à cet impératif de puissance. Est-ce que j'en dois préciser les raisons dites et redites ? Libération des forces vives locales comme de l'Etat-Mammouth, fin des pertes de toutes natures dues aux gâchis, magouilles, corruptions, trahisons entravées par l'arbitrage royal, renouveau du système d'alliances global grâce justement à cette indépendance acquise du bloc anglo-germanique sous protectorat américain. Vous avez bien été compris.

  3. Afonso Miguel

    Le 26 avril 2009 à 14:25

    S. Nuno Álvares Pereira, ora por nobis: http://www.tribunaonline.net/2009/04/heroi-e-santo.html

    Vive Portugal! Vive le Roi!

  4. Charvet

    Le 26 avril 2009 à 15:34

    Clap clap, démonstration magistrale, bravo!

  5. david vincent

    Le 26 avril 2009 à 17:43

    Que de grands mots... Si vous commenciez d'abors par vous donnez les moyens de vos rodomontades... Retournez militer dans les lycées et les facs avant de vous gargariser de concepts qui cachent mal les troubles de votre puberté... Ou allez tirez un coup; c'est moins porteur sur le plan militant, mais ça vous aérera l'esprit...

    "Clap Clap" c'était bien le bruit d'une paire de giffles, Charvet ? :mrgreen:

  6. Reinelde Maes

    Le 26 avril 2009 à 18:33

    La sécession n'est un grand mot que pour les esprits faibles, un concept superflu pour les penseurs limités. Nos travaux sur le terrain ne s'en trouvent pas négligés mais au contraire appuyés avec ce développement doctrinal, puisque pour militer il faut encore avoir des choses à dire à ma connaissance... pour critiquer aussi !
    Quant à votre vocable il cache mal vos frustrations.

  7. lucien lacour

    Le 26 avril 2009 à 21:21

    Vous voilà repartis dans vos délires sécessionnistes! Arrêtez de nous faire croire à cette histoire de campagne ! Vous serez trois (ou quatre) comme d'habitude à coller (discrètement) 12 autocollants dans tout Paris! Tout celà c'est encore un prétexte pour saboter la seule stratégie sérieuse qui consiste à présenter des listes royalistes aux européennes. Quelle que soit l'opinion que l'on peut avoir sur l'Alliance Royale, il vaut mille fois mieux soutenir cette initiative (et surtout la campagne de Chauvin dans l'Ouest) que vos stratégie de retour au bunker ! D'ailleurs même vos militants ne s'y tromperont pas ! Quant à vos arguments, ils sont dignes du dernier groupuscule pro-chinois : à quand la longue marche vers le Mont des Alouettes?

  8. Reinelde Maes

    Le 26 avril 2009 à 21:49

    Nous ne sommes pas là pour jouer les faire-valoir d'un mouvement - l'Alliance Royale - ou d'un homme - Monsieur Chauvin - quels que soient leurs mérites respectifs ; d'ailleurs je suis convaincu que l'un et l'autre ne nous le demandent pas.

    Sur qui a le plus de militants actifs, on pourrait beaucoup gloser sur un mouvement qui ne semble reposer pour le temps d'une campagne que sur un seul homme, campagne qui n'a pas beaucoup d'impact hors l'Ouest, et qui semble avoir beaucoup de mal à recruter des candidats dans toute la France... mais ça n'est pas notre propos. Ce qui est sûr, c'est que tout ce qui ne procède pas d'une démarche intégrale et lucide sur les conditions d'une véritable renaissance monarchique fera peut-être du bruit, mais ne permettra rien de fécond pour cette dernière. Et divisera nos forces, accessoirement.

    Si vous n'êtes pas royalistes et que vous croyez pouvoir faire une France forte malgré l'Union et malgré la république, soit. Mais pour ceux qui veulent faire les choses sérieusement, qu'ils nous rejoignent.

  9. lucien lacour

    Le 26 avril 2009 à 22:24

    Arrêtez de croire que vous tenez la ligne juste (encore une référence maoïste!) parce que vous avez hérité du titre de l'Action française, et qu'en dehors de votre ligne, tout n'est que trahison, division, renonciation. ... Votre ligne est absurde parce qu'elle place le royalisme en dehors des réalités. Il ne s'agit en aucune façon d'accepter l'Europe telle qu'elle se construit politiquement et économiquement (de ce point de vue, le point de vue de Royal Artillerie est indéfendable; il est d'ailleurs tout à fait minoritaire dans le royalisme. Il s'agit de dire haut et fort que nous sommes contre le fédéralisme européen et pour une autre Europe, l'Europe des Nations, qui elle a de nombreux actifs à son compte sans se substituer sur l'essentiel aux souverainetés nationales. Il se trouve que ce projet commence à avoir le vent en poupe auprès de nombreux intellectuels français et européens (Gauchet, Manent, Thibaud, ...) qui voent bien les limites de l'Europe supra nationale. Il s'agit également de plaider pour un nouveau "protectionnisme" qui protège la production et l'emploi: à l'heure de la crise, c'est plutôtsusceptible d'être entendu. Enfin, contrel'OTAN, il faut plaider pour une stratégie eautonome de l'Europe en matière de défense fondée notamment sur le fait "nucléaire" français. Voilà ce que nous dirons avec plus de force en étant présent dansle débat des Européennes, plutôt qu'en organisant des fuites en avant stériles !

  10. Reinelde Maes

    Le 26 avril 2009 à 23:10

    Nous nous réjouissons de découvrir pareille diversité dans le courant électoraliste: il compte donc à l'heure de ce bilan les eurocompatibles d'un côté et les souverainistes de l'autre - rien de bien nouveau en fait. Les seconds disent des premiers qu'ils sont minoritaires; ceux-ci les interrogeront sur la manière dont ils ont fait leur fameux calcul, et sur ce que peut bien vouloir signifier "être minoritaire" au sein d'un mouvement comme le royalisme. De bien fécondes divisions en somme.

    Quant à "l'Europe des Nations" elle n'existera jamais parce que la souveraineté nationale n'a jamais existé: une argutie des républicains nationaux qui n'a aucune consistance et qui se trouve dénudée dès que la machinerie européiste se fait avec "l'accord les peuples" qui votent leur avilissement (les Irlandais prochainement par exemple... et tous les pays qui ont voté pour le Lisbonne auparavant). L'indépendance du pays, et la politique économique/internationale qui peuvent en découler ne pourront être défendues de manière durable sans un roi pour incarner le pouvoir. Prétendre le contraire en tentant par tous les moyens de sortir la France républicaine de l'impasse en reprenant le concept républicain et périmé du souverainisme alors qu'il n'y a pas de souveraineté sans souverain, et pas d'issue sans roi, cela rejoind en fin de compte l'idée des eurocompatibles, et constitue pour le coup une réelle "fuite en avant" idéologique ! J'en reviens fort logiquement à cette conclusion que seule la sécession rend au rétablissement monarchique tout son intérêt.

  11. J.-P. chauvin

    Le 27 avril 2009 à 0:56

    La réflexion maurrassienne récente la plus vaste et la plus intéressante sur le thème de l'Europe me semble être celle de la revue "Certitudes" sur "Europe légale, Europe réelle" de l'abbé de Tanouarn. Il n'y est évidemment pas question de "sécession"...

  12. Charvet

    Le 27 avril 2009 à 9:43

    Le concept "d'Europe des nations", implique -de fait- une sécession de l'Union Européenne, c'est à dire, la sortie d'un appareil décisionnel à l'échelle européen pour en revenir à une table ronde de pays européens souverains.

    Par ailleurs, la campagne de la sécession et la réflexion qui en découle ont été abordés, il me semble, il y a au moins un an et demi, il est donc malhonnête - et particulièrement prétentieux - de penser que l'on aurait lancé cette campagne uniquement pour nuire à l'Alliance Royale et à Jean-Philippe Chauvin....

    Question: l'AF a t'elle encore le droit d'avoir ses réflexions et prises de positions propre, ou doit elle nécessairement s'harmoniser avec tous les milieux roycos y compris (et semble t'il à lire certains, à commencer), par les royalistes intellectuellement les plus éloignés d'elle, à savoir, les royalistes qui ne sont pas nationalistes de l'AR.
    En clair, merci de critiquer en fonctions des arguments exposés et pas en fonction de ce que font les uns ou les autres à côté.

  13. Catoneo

    Le 27 avril 2009 à 12:07

    Je sais que la Sécession a été lancée au dernier CMRDS, et ça m'avait alors surpris. Si j'ai publié ce billet contre la sécession, c'est dans le cadre des Européennes, indépendamment de la republication de l'article de Pierre Carvin. Le billet de RA était écrit et planifié au moins une semaine avant celui de PC.
    Pour la part, je ne change pas un iota de mon "crédo", la puissance par tous moyens avant l'optimisation de nos dépendances.

    Ceci dit, la polémique peut faire un buzz si elle s'amplifie et permettra de propager votre projet plus vite.

    :mrgreen:

  14. Catoneo

    Le 27 avril 2009 à 12:37

    Pour le moment, avec "sécession de l'Union européenne" la recherche du Google donne RA et l'AFE dans 3 premiers.
    Sans saccager de sous-préfecture ? :D

  15. GAUTIER13

    Le 27 avril 2009 à 21:19

    pourquoi s'obstiner à ne pas voter le pen?

  16. Reinelde Maes

    Le 27 avril 2009 à 22:15

    Le Pen, quels que soient ses mérites par ailleurs, a fait les frais d'une stratégie totalement électoraliste comme son parti le lui imposait: manque d'objectif, discours ambiguë et contradictoire... peut-être que nous désirons ne pas reprendre un pari perdu et dépasser les contradictions républicaines dans lesquelles les frontistes s'étaient enfoncées: le souverainisme, pour parler du sujet de l'article.

  17. roycobrother

    Le 27 avril 2009 à 22:35

    Très bon article.
    Il n'y a pas de compromis à avoir avec l'Union Européenne, car on passe facilement du compromis à la compromission.
    Sortons de cette europe fédérale et retrouvons notre indépendance.
    Pour lucien lacour, je suis fière d'être d'Action Française, comme le sont toute ma famille depuis trois générations.

  18. lucien lacour

    Le 28 avril 2009 à 1:03

    Et moi, pourquoi crois tu que je m'appelle Lacour?

  19. lucien lacour

    Le 28 avril 2009 à 1:24

    Je reviens sur le fond. Je suis d'accord avec Charvet pour dire que le projet d'Europe des Nations passe par de profonds changements institutionnels en Europe et d'abord par la suppression de la Commission, telle qu'elle fonctionne aujourd'hui comme organe exécutif de l'UE, et le retour à une forme de Table Ronde européenne de type confédéral. Cela n'a d'ailleurs rien d'excentrique, c'est même très exactement ce que prévoyait le Plan Fouché de 1961 (« coopération organisée d’Etats en attendant d’en venir, peut-être, à une puissante confédération. » selon les termes de la proposition française de l'époque). C'est cette idée qui revient aujourd'hui dans le débat, de même que l'idée de protectionnisme organisée à l'échelle européenne (cf Emmanuel Todd; Jean Luc Gréau...). Il ne s'agit donc en aucune façon d'accepter la démarche européenne, telle qu'elle s'organise aujourd'hui mais bien au contraire de la combattre en lui opposant un contre projet qui commence à prendre de la crédibilité en dehors des cercles souverainistes habituels. Voilà ce qui aurait pu constituer la base de listes royalistes aux européennes. Et je pense que c'est ce que fera JP Chauvin dans l'Ouest, si le sigle AR n'est pas trop difficile à porter. Quant aux arguments de M. Maes sur la souveraineté nationale, on n'est encore en plein délire idéologique ! Nous essayons de faire passer avec beaucoup de difficultés parfois l'idée que l'histoire de France ne commence pas en 1792, ne donnons pas le sentiment de penser qu'elle s'est arrété en 1792! il y a eu une France grande et souveraine après. Elle l'aurait sans doute été plus durablement avec une monarchie, voilà tout.

  20. Catoneo

    Le 28 avril 2009 à 9:21

    Le billet contradicteur de Royal-Artillerie était précédé d'un autre* dans lequel il était affirmé clairement que :
    " Dans une optique confédérale, le meilleur projet pour l'Europe occidentale est de défaire la Commission et de répartir ses pouvoirs actuels entre des exécutifs distincts et clairement séparés (géographiquement), le capo di tutti capi restant le Conseil suprême des Etats. Pour aboutir à cela, il faut être dans le jeu et donc ne pas faire sécession. Cette utopie est d'ailleurs impraticable d'une part et néfaste pour le mouvement monarchique de l'autre."

    * http://royalartillerie.blogspot.com/2009/04/retour-l.html

    La rectification de trajectoire est possible à condition d'être dans l'avion. Et Barroso va être débarqué.

  21. Reinelde Maes

    Le 28 avril 2009 à 10:59

    Il n'y a plus que vous pour juger qu'il n'y a aucun lien entre fédération et confédération, alors que la première est de toute évidence la suite logique de la seconde. De fait, la Commission n'est pas le problème, mais juste une manifestation paroxystique du problème, au même titre que le reste des institutions qui, chacune à leur niveau, entravent notre action.

    Quant à lucien lacour, je lui rappellerai simplement que la volonté légitime d'adapter l'idée royale à notre temps, chose que nous gardons d'ailleurs toujours à coeur, ne doit pas tout nous faire accepter et c'est sans rechercher la facilité que nous devons séparer le bon grain de l'ivraie de ces deux derniers siècles. En l'occurrence, nous pouvons raisonnablement juger que la souveraineté nationale n'est pas acceptable dans la mesure où elle conduit, dans le cadre républicain, à soumettre la puissance de l'Etat aux mouvements de la foule et d'une députaille spéculatrice, et le peuple à la toute-puissance de l'Etat qui doit le prendre en charge centralisation égalitaire oblige; et dans le cadre monarchique, à ces "demi-royautés bourgeoises" (Maurras) qui ont les mêmes défauts. Encore une fois, je reprend mon exemple: que dira le roi rétabli le jour le peuple souverain choisira le délitement de la France par la désintégration européenne ? Le roi est la dernière chance des nationalistes soucieux de l'indépendance française et d'une politique française durable, ce n'est pas pour que des penseurs bien intentionnés comme vous lui enlèvent ses dernières qualités !

  22. Catoneo

    Le 28 avril 2009 à 13:07

    La confédération des Etats est la seule organisation qui puisse tenir en respect la "fédération" économique contre laquelle vous ne pourrez rien.

    Si vous sortez de l'Europe institutionnelle et de l'Euroland, vous tomberez sous la coupe de la "fédération" économique pour devenir une grande république bananière et le roi sera un roi-nègre.

  23. Fricatelle

    Le 28 avril 2009 à 18:07

    Ne pensez-vous pas que - comme de Gaulle - Maurras gagnerait à entrer dans l'Histoire plutôt que d'être mis à toutes les sauces d'une société moderne qu'il n'a pas pu appréhender, ayant disparu en 1952 à l'âge de 84 ans ?

    Les royalistes pourraient ainsi se référer à lui tout en développant des thèses modernes et en élaborant des stratégies adaptées à la conjoncture.

    Ma question étant: faut-il couper le cordon pour entrer nous-mêmes dans la société moderne ?

    Puisque vous êtes étudiants, vous êtes sensés l'avoir déjà fait avec vos parents sans pour autant renier l'apport qu'ils vous ont transmis.

    Analyser l'Europe de 2009 avec des principes de 1930 ne revient-il pas à inviter sa mère dans son lit conjugal: on en retire que l'ivraie ?

    Désolé... je ne parviens pas à percevoir dans vos textes la réalité du monde que nous côtoyons et que vous serez - sans doute - amenés à côtoyer aussi à la fin de vos études.

  24. Reinelde Maes

    Le 28 avril 2009 à 19:29

    En fait, il s'agit de déterminer ce qui est fondamental dans la pensée maurrassienne et ce qui n'est fonction que des circonstances de l'époque, ce qu'il faut garder et jeter. Vous savez que le combat que nous menons, notamment au travers des travaux sur ce blog, sont le fruit d'une réflexion sans cesse renouvelée au cours de laquelle nous nous efforçons d'adapter nos penseurs, de tirer le meilleur de toutes nos influences. Nous avons déjà fait ce tri en bannissant l'antisémitisme. Pour autant, qu'on ne compte pas sur nous pour trahir le besoin d'enracinement inscrit dans l'homme, et embrasser les erreurs libérales qui au contraire l'avilissent - indépendemment de l'époque. Maintenant, si vous devez nous révéler en quoi le regard que nous portons sur l'Europe est faux, veuillez le faire mais en évitant soigneusement tout argument historiciste, type "sens de l'histoire" ou que sais-je... sur l'Europe ou quoi que ce soit d'autre. Cela ne nous touche pas.

    @ Catoneo: pas sûr que la fédération économique dont vous parlez ait encore le vent en poupe à l'heure où l'euro montre son incapacité contre la crise...