[Colloque] Louis Dimier, l'Action française et la question de l'art national

26 avril 2009 | 1 commentaire

Louis Dimier (1865-1943) est un critique d'art connu notamment parce qu'il a écrit une thèse majeure pour l'art du XVIème siècle sur Le Primatice. Critiquant la deuxième moitié du XIXème siècle, il dénonce cette « manie moderne de rabaisser l'Italie », de déplacer l'origine géographique de la Renaissance : la France et non plus l'Italie, le réalisme et non plus l'imitation de l'Antiquité.

En 1903, du fait de sa croyance chrétienne, il sera écarte du milieu universitaire et c'est la religion qui le mènera à l'Action Française. Plus tard, il s'excluera définitivement des milieux universitaires, musées, expositions, etc...il y a souvent eu conflit entre l'Action française et l'université (mais pas avec les académies), démontrant ainsi l'illégitimité des historiens dans leur domaine.

Des expressions comme « art national », « génie national », etc...ne sont jamais utilisées par Louis Dimier alors que ses contemporaines les utilisent abondamment. Pourtant, Dimier suit les idées de l'Action française et critique la Révolution. Il s'agit néanmoins pour lui de défendre la Renaissance, menée à mal par la Révolution et le romantisme : la figure de cette décadence sera pour lui Lenoir. Il rejette en effet l'art du XIXème siècle et du début du XXème siècle : pour lui, en art, il faut une tradition, mais surtout un contrôle de l'art comme sous l'Ancien Régime et non pas une anarchie artistique. Il faut donc une autorité.

En 1920, Louis Dimier quitte l'Action française. S'il a eu la direction du journal pendant la guerre, il voulut néanmoins y introduire une discipline qui n'était pas conforme aux idées de Charles Maurras. Le conflit a donc précédé la séparation : cette dissidence est considérée comme une gande déception. Il se disait en effet être le seul, avec Maurras, à s'intéresser à l'ensemble de l'Action française (Bainville ne s'intéressant qu'aux articles, Daudet qu'aux espions et la plupart à rien du tout...).

Il fut un esprit libre, pratiquant un « maurrassisme limité » : il s'oppose à l'exposition des primitifs français et se pose ainsi contre le nationalisme. Il a d'ailleurs écrit Le nationalisme littéraire et ses méfaits chez les Français et rejette le positivisme que défendait Maurras. Suite à la rupture, il s'attachera à Valois qui éditera ses Souvenirs.

D'après Michela Passini

Un commentaire pour "[Colloque] Louis Dimier, l'Action française et la question de l'art national"

  1. A. de Contrepont

    Le 26 avril 2009 à 12:04

    Ah ! Le dernier chapitre de l'excellent 20 ans d'Action Française...