Résistance Tchèque ! Chronique du totalitarisme ordinaire

19 décembre 2008 | 3 commentaires

A l'heure du passage de flambeau à la tête de l'UE entre la France et la République Tchèque, les heurts se multiplient entre Bruxelles et Prague. Plus précisément, c'est au château de Prague, ou siège le Président tchèque, que s'incarne la fronde contre le totalitarisme ordinaire de l'Union Européenne.

Le Président Vaclav Klaus, en effet, est pour le peuple tchèque l'icône de l'opposition à l'Union. On le sait, les Tchèques sont l'un des peuples les plus eurosceptiques des 25 et les 6 mois à venir, au cours desquels ce pays "dirigera" l'Europe, ne promettent aucun changement de ce coté-là, d'autant plus que les relations avec les instances françaises auprès de l'Union ont offensé gravement la République d'Europe centrale, et ce à plusieurs reprises.

Tout d'abord, et ça n'étonnera personne, une sortie de piste de Monsieur Sarkozy, qui a encore suggéré mardi l'idée d'un directoire des plus puissants pays du continents, qui pourrait contourner la présidence Tchèque, insulte envers l'ensemble des pays de l'Union qui en serait exclus, et que les Tchèques n'ont pas laissée passer. Les voix des principaux dirigeants du pays, du Président au ministre des affaires étrangères Karel Schwarzenberg ( d'une famille princière Austro-Hongroise ) se sont immédiatement élevées, pour rappeler en particulier que face aux tensions avec la Russie, l'Europe gagnerait à préférer à l'amateurisme sarkozien un réel savoir faire, leçon de real-politik de la part de ces Tchèques, qui s'affirment comme "fiers" et unis en tant que nation, et rappellent que les Russes, ils les connaissent pour les avoir supportés pendant près d'un demi siècle, et -chose tout-à-fait exacte- que l'Europe ferait bien de compter sur ses membres les plus orientaux pour mener les relations avec la Russie.

Même le premier Ministre Mirek Topolanek, figure pro-européenne sur la scène politique Tchèque, s'insurge: "La plupart des grands pays succombent à l'impression d'avoir une responsabilité plus importante que les autres. Mais les Tchèques sont un peuple fier et nous ne souffrons pas de complexe d'infériorité."

Pourtant issu du même parti que le président Klaus, Topolanek en est un adversaire affiché, en particulier sur la question européenne, amenant en particulier Monsieur Sarkozy à tenter d'en faire le maillon faible des interlocuteurs Tchèques dans ce dossier. La difficulté étant qu'il partage de façon assez floue l'exercice des affaires étrangères avec son Président (d'ordinaire plus un symbole moral de l'unité de la nation tchèque, et fort par son influence ) qui l'accompagnera certainement lors de ses déplacements européens pour ne pas laisser étouffer la flamme de l'indépendance tchèque.

Le deuxième affront infligé aux Tchèques vient précisément du député vert Cohn-Bendit, connu pour ses passes d'armes avec Monsieur Sarkozy, aux allures de sketchs répétés à l'avance par les deux larrons. En effet, le Président Klaus refuse que le drapeau de l'Union ait la primeur sur celui de son pays à la flèche du château de Prague. Alors que pour les institutions françaises, c'est un concours permanent à celui qui mettra le plus de drapeaux étoilés et le moins de drapeaux français, le président Tchèque en fait un symbole, et l'a fait retirer des bureaux de nombre de ses collaborateurs. Ce bras de fer s'est soldé par la double offense de l'infâme Cohn-Bendit à l'égard de ce chef d'Etat étranger, avec la remise d'un drapeau européen pour le "tester" et l'invective au Parlement de Strasbourg. En se comportant ainsi comme en pays conquis, Cohn-Bendit fait honte à la nation Française toute entière ! Les blagues de potaches et l'outrage à un chef d'Etat sont intolérables, et, comme le rappelle Monsieur Klaus, dénotent une insolence et un irrespect qui n'ont pas leur place dans l'Union entre égaux pour laquelle tente de se faire passer l'UE, et révèlent une relation entre les états avilissante que la République Tchèque à subi pendant 40 ans sous le joug soviétique.

Le président du Parlement, Hans-Gert Pöttering estime que "Comparer l'Union européenne à l'URSS est inadmissible !" Eh bien il faudrait veiller à ce que votre union cesse d'utiliser les même méthodes !

Les élus tchèques apparaissent tous bien plus conscients de leur devoir que notre Président, qui affirmait -au sujet d'Angela Merkel- contre tout les constats de son bilan européen, que lui aussi "avait été élu pour protéger les intérêts des Français". On pensait qu'il l'avait oublié, nous prenons bonne note, ce n'est donc pas affaire d'inconscience ou d'incompétence, mais bien de trahison !

On n'ose espérer pour 2009 un second printemps de Prague, mais continuons chaque jour en union avec la nation tchèque à rejeter le totalitarisme ordinaire.

V. Chalmel

3 commentaires pour "Résistance Tchèque ! Chronique du totalitarisme ordinaire"

  1. Soloviev

    Le 20 décembre 2008 à 14:58

    Je ne réagirai qu'à l'image, qui n'est absolument pas adaptée.
    Les couleurs du drapeau tchèque sont les couleurs de la Nation Panslave : Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Russie.
    Ces petits symboles que vous placez sur le rouge et sur le bleu du drapeau sont une véritable offense à la Nation slave.
    S'il vous plaît, on ne touche pas à la bannière fédératrice de l'Empire russe.

  2. Vincent.C

    Le 20 décembre 2008 à 15:09

    Ce n'est que pour la circonstance Soloviev.

  3. LEPAGE

    Le 25 décembre 2008 à 18:16

    J'ai honte pour tous ces guignols de révolutionnaires de chiottes tels que Cohn Bendit et ces préidents de cour d'école tels queSrkozy. ce donneur de leçon du JT de 20 h.
    si c'est cela la politique, autant doner du canon dans le tas.

    l'Europe, j'ai lu unpapier qui m'a bien fait sourire il y a quelque temps suite à la réunion de Poznan. Certains découvre que l'Allemagne tente de jouer un rôle impérial et quelAngleterre l'indépendance; et nous les Français plaidons bien seuls la cause de l'Europe parce que nous avosns tellement démidssioné de nos resposnabilités que celle ci nous parait etre notre porte de sortie;
    Sarko n'est qu'un sous préfet.