Achèvement de la Présidence Française de l'UE. Quel bilan pour la nation ?
15 décembre 2008 | 4 commentaires

A Bruxelles s'achève dans un climat d'auto-satisfaction et d'euphorie hypocrite le mandat de la présidence française de l'Union Européenne. Nous sommes à l'heure du bilan, un bilan dont certains -Nicolas Sarkozy en tête- se rengorgent au nom du paquet énergie-climat ou du nouveau hold-up dont seront victime prochainement les Irlandais, oubliant que ce bilan doit avant tout être jugé sur la façon dont la France et l'Europe, ou plutôt les Français et les Européens, sont sortis de cet exercice.
La vision de très court terme que l'on veut nous imposer, limitant à ce sommet de Bruxelles les 6 mois de ce mandat pour en donner une vision moins négative, est désespérante, tout autant que l'interprétation partielle des faits et la malhonnêteté des discours.
Hold-Up
Les Irlandais devront voter à nouveau en référendum sur le traité de Lisbonne, et tout à été fait pour que cette fois la réponse soit positive. Des concessions toutes plus démagogiques les unes que les autres ont été faites, vidant de sa substance le texte pour le seul cas particulier Irlandais, dont certaines touchant à des points centraux de la contestation du traité de Lisbonne en France; par exemple, les Irlandais conserveront leur commissaire européen, privilège qui montre bien la mascarade qu'est la soit-disant démocratie européenne. On ne peut qu'être attristé à l'idée que la lâcheté de nos gouvernants -si empressés de plier les genoux au nom de la nation- fait des Français les grands perdants dans la grande braderie aux concessions qu'est la négociation des traités européens ! Quant aux Etats à qui ce traité à déjà été imposé, ils ne pourront pas demander à disposer des mêmes aménagements que les Irlandais; pour Monsieur Sarkozy, je cite "Si on a accepté de signer un texte à Bruxelles, il n'y a aucune raison de ne pas le faire à Varsovie". Ah... et pourtant il paraissait à ce même personnage tout à fait légitime qu'ayant refusé un texte en référendum, il nous soit imposé à l'identique quelques mois plus tard par voie parlementaire. les représentants du peuple Français sont décidément des champions du qui-perd-gagne.
Braderies.
Ayant évoqué la pathétique braderie aux concessions installée à Bruxelles pour mieux refourguer le Traité de Lisbonne à ceux qui n'en veulent pas, il est bon de rappeler que ce cas ne fait pas exception, la fébrilité de la présidence française de l'Union dans toutes ses réalisations, montre bien une volonté de "faire du volume" caractéristique des dérives de la démocratie médiatique et d'opinion que nous nous devons de refuser toujours. Que ce soit pour le paquet énergie-climat, pour les "plans de relance", les relations diplomatiques, la méthode Sarkozy est constante: on propose un texte "dur" que l'on signe en dépit de l'intérêt de la nation, et on accorde tout les aménagements souhaités à tout ceux qui montrent les dents. Ainsi l'Italie ou la Pologne ont obtenues sur le paquet énergie-climat des licences considérables, leur permettant de se reposer tranquillement au pied des centrales à charbon ou des usines sidérurgiques obsolètes, qu'ils se rassurent, les plus naïfs de leurs partenaires européens paieront pour eux.
La France humiliée.
C'est bien le bilan principal de ces six mois, il serait trop facile d'écouter nos médias qui résument 6 mois aux deux dernières semaines, diplomatiquement, la position de la France sort plus amoindrie que jamais de cette présidence de l'Union qui devait en faire une puissance incontournable (de même on imagine mal qu'elle fasse maintenant de la république tchèque une puissance incontournable, mais il serait difficile qu'elle lui soit aussi nuisible qu'à nous). Du projet d'union méditerranéenne aux relations avec la Chine, en passant par l'activisme vain lors de la guerre géorgienne, chaque initiative n'a été que coup d'épée dans l'eau. L'union européenne, Allemagne en tête, a bloqué le projet d'union méditerranéenne et finit par y obtenir son propre intérêt, annihilant par la même une initiative exceptionnellement bienvenue. La diplomatie française, encombrée du boulet européen s'est ridiculisée en Libye, en Russie, en Afrique, en Chine, dans le monde Arabe... J'ai évoqué il y a quelques jours le tour ridicule pris par les relations entre Paris et Pékin, scène sur laquelle Nicolas Sarkozy se comporte de plus en plus en écolier, que ce soit par ses protestations ridicules sur le fait que les autres dirigeants européens aient aussi rencontré le dalaï-lama et qu'il ne comprend donc pas pourquoi on s'en prend à lui ( qu'il ne comprenne pas c'est bien le problème d'ailleurs ! ) ou par ses excuses surréalistes, protestant, en contradiction totale avec les principes traditionnels de la diplomatie française qu'il n'y a pour lui "qu'une seule Chine, incluant par là le Tibet et Taïwan".
Ceci ne serait rien, si dans les relations internes à l'Europe les manœuvres d'amateur de Nicolas Sarkozy ne nous rappelaient pas les erreurs commises il y a un siècle par ses prédécesseurs, En organisant un mini sommet à Londres pour tenter de mettre la pression sur Berlin au sujet du plan de relance et de la baisse de la tva sur la restauration, Nicolas Sarkozy n'a réussi qu'a mettre à mal les relations franco-allemandes, de plus en plus uni-latérales tant le déséquilibre au sein de l'union européenne est flagrant en faveur de l'Allemagne. Cette manœuvre ratée a évidemment nécessité des concessions envers l'Angleterre, et on attend déjà de voir ce que va céder Paris pour "rattraper" sa bourde et rétablir pleinement les apparences de l'entente franco-allemande. Cela rappelle tristement, sur une échelle bien moins grave heureusement (et encore... ) les tractations et alliances ayant balloté la France et ses gouvernements à la veille de la première guerre mondiale. Les lecteurs de Maurras, en particulier de la démonstration implacable qu'est "Kiel et Tanger" n'auront pas manqué le parallèle.
Une fois de plus alors, non les 6 mois de présidence Française de l'Union ne permettent qu'un bilan de déshonneur et d'humiliation pour les Français, renforcé par les directives imbéciles que la commission européenne nous pond quotidiennement et auxquelles le droit français se soumet sans discussion multipliant les avilissements... Plus que jamais, nous n'aimons pas les larmes, sur la France humiliée
V.Chalmel



4 commentaires pour "Achèvement de la Présidence Française de l'UE. Quel bilan pour la nation ?"
LEPAGE
Le 15 décembre 2008 à 19:12
encore trois ans et après?
alex
Le 15 décembre 2008 à 19:47
Que pouvait on attendre de Sarkozy ? L'échec total, et c'est ce qu'il est arrivé ! Echec synonyme d'ailleurs de république !
Titou
Le 16 décembre 2008 à 15:25
Les pontes de l'europe ont plutôt réussi leur coup, ils ont fait croire à Sarkozy qu'il serait important, que la France aussi et que ''patincoufin'' et avec un gland comme lui c'était du gâteau, final la France détruite par des années de République s'est prise à rêver d'un retour sur le devant de la scène internationale(ils étaient tout fier à l'Assemblée^^) .
Moi j'ai trouvé ça émouvant, c'était beau,on aurait presque verser la larmichette
Une sorte de Davos européen, vous savez la caricature vachement bien faite par les Guignols avec les stallone qui dirigent tout en réalité dans le cynisme le plus total
Le Blog de l’Action française étudiante » Archive du blog » Les réformes ratées de Nicolas Sarkozy
Le 20 mars 2009 à 17:13
[...] Ce n’est malheureusement pas une surprise, alors qu’au sortir de la présidence française de l’union européenne Mr Sarkozy et ses communicants, relayés fidèlement par les médias, chantaient les merveilles de son action européenne, nous rétablissions les faits : Ici [...]