[Paris] Souriez, vous êtes fliqués
8 novembre 2008

6 novembre 2008
L'égalitarisme dominant au sein de notre société démocratique tend à créer un ensemble uniforme où chaque profession, chaque valeur, chaque activité, chaque engagement a le même poids, la même importance, la même priorité. Il en est de même pour les différents groupes humains, ce qui mène à la détèrioration de l'autorité (politique, familiale ou dans [...]

L'égalitarisme dominant au sein de notre société démocratique tend à créer un ensemble uniforme où chaque profession, chaque valeur, chaque activité, chaque engagement a le même poids, la même importance, la même priorité. Il en est de même pour les différents groupes humains, ce qui mène à la détèrioration de l'autorité (politique, familiale ou dans le domaine de l'éducation), au relativisme le plus étendu : tout se vaut ! Cet égalitarisme est soutenu par la définition moderne et libérale de la liberté (et par extension, par l'individualisme) : « la sécurité dans les jouissances privées »*. La diversité du pays est donc enfermée dans un principe de similitude qui nie toute possibilité ou du moins légitimité hiérarchique : diversité et égalité se rejoignent, et même semblent se compléter. L'individu domine, est souverain, mais enfermé dans un rapport d'égalité avec autrui, qui lui-même est un individu souverain.
La France est « un composé »**, c'est un fait, mais il est nécessaire que ce composé ne soit pas égalitaire et qu'il ne repose pas sur une conception individualiste.. Il faut en faire un ensemble organisé, corporel, muni de diverses parties - de divers corps aux fonctions différentes, chacun ayant sa spécificité, sa place au sein de la société, son importance particulière. La politique est en partie l'art d'organiser ces différences, à partir d'une organisation non pas fixe mais changeante, s'adaptant de manière pragmatique.
L'on a coutume de dénoncer la fixité et le mécanisme de la société passée pour glorifier la diversité et l'émancipation moderne. Lecture incomplète de l'Histoire. À l'époque carolingienne, le gouvernement des hommes avait une visée eschatologique. Déjà la société, qui était donc fortement liée au christianisme, était organisée selon la notion d'ordo/ordines (notion apparue dés l'Antiquité), reposant sur la parole de Saint Paul qui décrit l'ensemble des fidèles comme constituant le corps du Christ, et affirmant qu'il existe une hiérarchie dans ce corps : celle des fidèles et des clercs. L'organisation évolue et au IXème siècle apparaît la théorie des ordines fonctionnelles, dans les écrits de clercs à Auxerre, distinguant alors trois fonctions : les sacerdotes (prêtres), les hommes d'armes et les producteurs...cette conception du corps social va perdurer.
De même, les historiens républicains présentent aujourd'hui l'Ancien Régime de manière caricaturale : une société de distinction entre noblesse et roture. Il suffit de lire les Mémoires de Louis XIV pour distinguer l'erreur d'une telle lecture de l'Histoire et la diversité organique présente à cette époque. François Bluche, dans Le grand règne, explique que « le tarif de l’impôt nouveau de la capitation (1695) [...] divise les contribuables français en 22 classes et 569 catégories particulières. Alors que la première classe compte déjà quelques roturiers huppés, les plus grands officiers comptables, les fermiers généraux, on voit des nobles ravalés presque derniers rangs de la société. En septième classe, les gentilshommes titulaires de fiefs de dignité – marquis, comtes, vicomtes, barons – voisinent avec les receveurs des tailles. Dans la dixième classe, les nobles seigneurs de paroisse se trouvent au même rang que les notaires parisiens »***...etc etc
La société était bien organique, disposant d'une tête, d'un corps, de membres...une diversité dans laquelle chacun avait un rôle, un devoir, une place spécifique, mais pas nécessairement fixe ! En effet, l'on sait aujourd'hui que des roturiers pouvaient se hisser au plus niveau de l'Etat, et assurer l'avenir de leur famille en devenant secrétaires d'état ou encore lieutenants généraux des armées.
Chaque corporation disposait de ses propres privilèges (droits et devoirs), et si la Révolution Française a détruit ces corporations c'est justement par soucis d'égalité, cette égalité (du moins dans sa forme actuelle) qui nuit à la nécessité organique d'une société fondée sur la nature même de l'homme, et qu'il nous faut donc combattre. Car le territoire français n'est pas homogène : il est composé de différentes catégories de populations, aussi bien au niveau territorial (tournée vers le continent/vers la mer) qu'au niveau social ou professionnel, qui n'ont pas toujours les mêmes revendications et fonctionnements. Ces multiples sociétés d'individus se mélangent, s'imbriquent, échangent entre elles, au sein même de l'individu (Maurras disait : "Je suis de Martigues, je suis de Provence, je suis de France, je suis Romain, je suis humain"), la diversité ne signifiant donc pas l'exclusion. Sans doute une telle gestion organique serait facilitée par une politique de décentralisation, c'est à dire par la mise en place de plus grandes libertés.
*Benjamin Constant, De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes, 1819.
**Jacques Bainville, Histoire de France, 1924.
***François Bluche, Le grand règne, 2006.
Dimitri Julien
6 novembre 2008
Les résultats sont tombés mardi soir : Barack Obama est le 44ème président des Etats-Unis d’Amérique. Son programme ? Peu importe voyons, ce qui compte c’est qu’il soit - les médias français nous l’ont assez rabâché - le premier noir élu à un poste aussi important dans ce pays. Quel argument et quel motif de [...]

Les résultats sont tombés mardi soir : Barack Obama est le 44ème président des Etats-Unis d’Amérique. Son programme ? Peu importe voyons, ce qui compte c’est qu’il soit - les médias français nous l’ont assez rabâché - le premier noir élu à un poste aussi important dans ce pays. Quel argument et quel motif de réjouissance ! John McCain avait bien tenté de compenser l’avantage conséquent que prenaient les démocrates grâce à la couleur de peau de leur candidat en prenant pour colistière une femme mais, même si on ne peut pas nier un engouement certain à l’annonce de ce choix, il n’a pas réussi à rééquilibrer la balance comme il l’aurait voulu.
L’absurdité de la démocratie a encore frappé. John McCain a-t-il été discriminé ? Aurait-on voté en masse pour lui si sa peau avait été plus foncée ? Les 12,5% de noirs habitant sur le sol américain sont allés aux urnes, la grande majorité d’entre eux pour la première fois. Auparavant, ils ne se « sentaient pas concernés », comme on entend dans les interviews, par la politique de leur pays. L’élection à la présidence du sénateur de l’Illinois illusionne encore beaucoup de gens malgré la facilité de son slogan de campagne : « Change, we need ». Cette vaine bien que compréhensible espérance est en grande partie liée à un élan de romantisme mêlé de culpabilité issu d’une synthèse de l’Histoire des États-Unis d’Amérique.
En fait de changement vers une meilleure équité, ne va-t-on pas plutôt assister à une discrimination positive comme cela a été le cas en Afrique du Sud ? 1948-1991 : Apartheid. 1994 : élection de Nelson Mandela, premier président noir à la tête du pays. Après la fin du colonialisme, la démographie de l’Afrique du Sud s’est complètement inversée. Les noirs représentent aujourd’hui 79% de la population contre seulement 9,6% pour les blancs. Les premiers appliquent sans gêne la loi du Talion : œil pour œil, dent pour dent. En voulant promouvoir une meilleure représentation des noirs dans les différents secteurs de travail du pays, ils poussent les blancs vers la retraite ou sont prompts au licenciement. Vite, il faut montrer que la population noire n’est plus sous le joug de qui que ce soit. Ce faisant, ils ont entraîné dans l’appauvrissement cette minorité blanche. Les diplômés sont contraints de s’exiler à l’étranger pour trouver un travail à la hauteur de leur formation. A vouloir équilibrer la balance à tout prix, ils l’ont fait plongé de l’autre coté.
Le même scénario n’est-il pas à craindre pour l’avenir des Etats-Unis d’Amérique ?
Carole Nozière
5 novembre 2008
Nul n’ignore plus que de violentes inondations ont dévasté ce week-end les vallées de la Loire et du Rhône. Des maisons dévastées, des voitures inutilisables, des commerces impraticables… Contre toute attente, il y a quelque chose de pire que ces dégâts finalement matériels : le manque de solidarité manifesté entre les hommes après cette catastrophe. Une [...]
Nul n’ignore plus que de violentes inondations ont dévasté ce week-end les vallées de la Loire et du Rhône. Des maisons dévastées, des voitures inutilisables, des commerces impraticables… Contre toute attente, il y a quelque chose de pire que ces dégâts finalement matériels : le manque de solidarité manifesté entre les hommes après cette catastrophe. Une commerçante arbresloise dont le magasin a été englouti par la turbulente Brévenne témoigne :
_ « Je n’ai jamais vu autant de monde dans les rues un dimanche matin.
_ Oh, alors beaucoup de gens étaient venus pour aider ?
_ Tu plaisantes ? Ils venaient juste contempler le malheur des autres. »
Plus étrange encore, alors qu’une petite bande de jeunes arrivaient en ville seaux et balais en main pour proposer leur aide, ils furent accueillis par des regards soupçonneux. Combien demandaient-ils en échange ? Pourquoi faisaient-ils ça au lieu de jouer au jeu-vidéo sur leur ordinateur ? Quelles questions ! Ils venaient en parfaits bénévoles pour aider leurs compatriotes dans ce moment difficile. Il faut croire que cette perspective était trop improbable pour les sinistrés…
Carole Nozière
5 novembre 2008
Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne doivent pas connaître"... Ou peut-être faut-il avoir trois siècles au moins; c'était une époque où jeunesse brûlait, où l'enfant dressait le ton de façon péremptoire jusqu'à ce que l'adulte lui prouve l'inanité de ses déboires. Mais à cette époque, l'adulte se taisait : [...]
Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne doivent pas connaître"... Ou peut-être faut-il avoir trois siècles au moins; c'était une époque où jeunesse brûlait, où l'enfant dressait le ton de façon péremptoire jusqu'à ce que l'adulte lui prouve l'inanité de ses déboires. Mais à cette époque, l'adulte se taisait : plutôt que de brailler, il écrivait. À cette époque, l'écriture c'était le sang de la mémoire. Qui en maîtrisait les rouages imprimait les siècles à venir de sa substance; dans l'ère moderne, on a développé de nouvelles formes d'impression, permettant à la jeunesse de brailler dans les siècles.
Et maintenant? Rien, silence.
Je suis sidéré par le manque de fougue de notre "jeunesse"; loin des démagogiques lancées d'un Lang dont on soupçonna longtemps - et à juste titre ce me semble - les discrètes attirances envers les peaux juvéniles, je serais par nature beaucoup plus séduit par la vision d'un Desproges concernant le "Ver Blanc" de notre cafardeuse humanité... Je n'aime pas ce terme et, comme Desproges, je lui ai voué un certain mépris avant même que le temps ne fasse de moi un de ces êtres ennemi de la vieillesse.
Et pourtant je finis par avoir quelque scrupule; moi, je suis de la génération maudite, la mauvaise jeunesse. Je suis né à l'orée des années 80, mon modèle sub-parental, c'était l'insupportable génération née en 70 et qui avait eu pour modèle d'action la jeunesse de 68. On pavanait à tout va, on était fier; on avait plus besoin de revenir en arrière pour penser. La Seconde, c'était Pétain, la Première, l'ineffable sottise d'une France fière d'elle-même. La droite, une gauche affairiste et la gauche, une droite nantie.
La génération 80 est un feu éteint. Un feu obéissant à la flotte soixante-huitarde. Mais un feu qui est le premier à reprendre; et qui espère dans la chaleur de la génération succédante.
Mais où est-elle, cette suivante ? Piégée, comme nous, sur les bancs de la fac... Elle n'ose pas penser, elle n'ose pas crier. Fade et lasse, elle cherche la récupération d'un monde qu'elle déteste intérieurement, et retient la flamme dont on espère toujours le renouveau. Elle se tait et craint de brûler... Que ne me sens-je idiot à vouloir brûler quand je constate tant de mollesse dans le feu que je cherche à ranimer ! Combien de temps jouerai-je le rôle d'incendiaire dans cette mission prométhéenne ?
Jeune, qu'as-tu fait de ta fougue ? D'où te vient ce silence d'écriture qui me porte au désespoir ? Bientôt je serai vieux, et toujours incapable de me faire reconnaître en ce monde comme écrivain de métier; et pour mon plus grand malheur, j'aurai écrit par espoir pour toi. Par espoir que mes mots misérables puissent t'animer, toi, et te donner l'envie de porter la flamme plus haut encore ! D'où viendra-t-elle, la déferlante de mots qui mettra à bas le babillage immonde de mon temps ?
Ecris, jeunesse ! Dénonce, complimente; dis vrai ou trompe-toi, mais inscris ta marque dans le temps. L'Histoire te le demande. Sois la Flamme, alimente le monde de ta petite chaleur et propage-la comme ta nature te l'exige car, pendant que tu te tais, les glaçons ne s'empêchent pas de déverser leur fluide... Et ils ont ton âge !
Alors fais ce que tu veux; mais n'oublies pas ce que le monde attend de toi.
Nils Leroy
3 novembre 2008
Demain le monde entier connaîtra le nouveau président des Etats-Unis après huit années de Bush junior. Cette élection passionne les médias français, pas un jour depuis 6 mois sans une couverture d’hebdomadaire mentionnant l’Obamania ou John McCain et sa colistière, qui il faut le dire est très peu rassurante : Sarah Pallin. Les médias consacrent [...]
Demain le monde entier connaîtra le nouveau président des Etats-Unis après huit années de Bush junior.
Cette élection passionne les médias français, pas un jour depuis 6 mois sans une couverture d’hebdomadaire mentionnant l’Obamania ou John McCain et sa colistière, qui il faut le dire est très peu rassurante : Sarah Pallin. Les médias consacrent d’or Obama, candidat du parti démocrate, et voient en lui un progrès considérable avec l’accession du premier afro-américain au bureau ovale de la Maison Blanche. Finie l’Amérique raciste du fin fond de l’Arkansas, finie la politique néo-conservatrice de Bush fils ; le progrès est en marche, le monde va changer !
Redescendons sur terre, rappelons nous 1989 avec la chute du mur de Berlin, les totalitarismes socialistes s’effondraient physiquement, le monde devait devenir un havre de paix, de sécurité et d’amour…Résultat ? Guerres dans les Balkans, en Irak, terrorisme et les tours jumelles par terre tel un château de sable piétiné par un enfant colérique…
Ce que la chute du mur de Berlin n’a pas réussi à faire il y a 20 ans, Barack Obama et ses frêles épaules humaines se heurteront certainement à la même impossibilité malgré toutes les bonnes intentions du présidentiable démocrate.
Nous proposons ici une lecture véritablement politique de la campagne et du fond de cette élection. Nous ne nous arrêterons pas sur l’aspect symbolique et sensationnel qui veut que la couleur de peau du candidat démocrate est le point le plus important pour l’avenir des Etats-Unis et du monde. Obama le gentil et McCain le méchant ? Sortons du manichéisme médiatique qui envahit malheureusement nos lectures pour analyser les programmes des tickets Obama/Biden et McCain/Pallin. Ensuite penchons nous sur les conséquences qu’aurait l’élection de l’un comme de l’autre pour les Etats-Unis et pour le Monde.
En ces temps de crise financière le plus urgent : La politique économique et financière. Les deux candidats sont au fond très proches, tous deux approuvent Warren Buffett : pour eux il est nécessaire de miser sur la reconstitution de l’industrie, y compris d'un secteur manufacturier laissé à l’abandon. Il est plus que jamais nécessaire d’investir dans les infrastructures en « panne ». Le protectionnisme va dans les deux cas ,de façon modérée, êtres brandi pour essayer de relever la situation.
La politique délibérée d'érosion monétaire va certainement être mis en place par les deux hommes, et ce afin de rendre plus attractives les exportations américaines. Un allègement des impôts est prescrit par les deux hommes, réduire les impôts sur les gains pour 2009 et 2010 pour le républicain et réduire les impôts de 3.000 dollars par emploi créé pour les entreprises pour le démocrate.
La différence ne se fait donc pas sur le volet économique mais sur des questions de société comme les armes à feu, l’avortement… L’immigration et la question énergétique divisent également les candidats. Pour le républicain, les armes à feu doivent continuer à être en libre-service, l’avortement ne doit plus être reconnu par la cour suprême. Obama quant à lui reconnaît le droit à l’avortement et est favorable à l’interdiction des armes à feu. Sur la question de l’immigration McCain veut consolider la frontière du Rio Grande avec le Mexique alors que Barack Obama veut régulariser 12 millions de clandestins.
L’Energie divise également les deux hommes, Mc Cain soutenu par les lobbys pétroliers soutient le forage en mer alors qu’Obama a des positions beaucoup plus « écologiques ».
Les deux hommes ne diffèrent-ils donc que sur ces questions ? La presse française tendrait à nous prouver que la politique étrangère est un véritable gouffre entre les deux candidats. Mc Cain le militariste et Obama le pacifiste ? Analysons la situation.
Obama et McCain vont sans aucun doute prolonger au Moyen-Orient la politique de Bush qui commence à redresser la situation : rétablissement d'un État irakien crédible et recul précaire mais certain de l'islamisme pakistanais face à une démocratie rétablie contre les militaires. Se retirer d'Irak, peut-être plus vite que prévu et tenter de sauver le Pakistan laïc et l'Afghanistan actuel, sera la politique américaine dans les 4 prochaines années avec l'un ou l''autre.
Des différences au fond assez moindre mais doit ont s’étonner ?
L’élection américaine n’aurait que deux candidats en lices ? Bien sûr que non, mais le système électoral fait en sorte que seuls les candidats démocrates et républicains puissent arriver au pouvoir, préservant ainsi certaines valeurs et offrant certaines garanties. Le peu de divergences entre McCain et Obama est en grande partie due à ce système. Sont présents à cette élection le parti vert de Cynthia McKinney, le parti constitutionnaliste de Chuck Baldwin, le parti socialiste de Brian Moore, le parti des travailleurs de Roger Calero, le parti libertarien de Bob Barr, et les indépendants : Nader, Gonzalez, Keyes, Drake. Le meilleur score espéré pour Ralph Nader ou le parti libertarien pourraient atteindre en cas de miracle 500 000 voix au maximum.
Le système condamne donc tout autre candidat que McCain ou Obama ; analysons donc les conséquences de l’avènement de l’un ou de l’autre.
McCain est un « maverick », un républicain indépendant, adversaire de longue date de Bush et opposé à la torture. Il est en cela assez centriste et éloigné de la base conservatrice de son parti. Il conduirait une politique quelque peu éloignée de celle de son prédécesseur mais en gardant la base républicaine notamment sur les questions économiques. Sarah Pallin, sa vice présidente, mènerait une politique bien plus conservatrice.
Obama est un tout autre cas. Sénateur afro-américain démocrate il provoque un vent de ferveur sans précédent dans la communauté afro-américaine et chez une partie de ses concitoyens. François d’Orcival dans Valeurs actuelles analyse fort bien l’engouement pour Obama :
« Cette ferveur irait-elle jusqu’à étouffer la crise financière au moment où celle-ci se transforme en récession mondiale ? La crédulité n’a pas de limites. On a besoin de lui pour sauver l’humanité et l’environnement, faire disparaître le chômage et les inégalités, le racisme et la pauvreté. Soeur Obama ! »
En effet, le côté pervers de cet engouement montre l’irrationalité et le manque de pragmatisme de ses partisans et des médias français en général.

Autre fantasme critiqué par d’Orcival, la politique étrangère évoquée plus haut :
« Quant à l’affaiblissement de la puissance des États-Unis, cette Amérique devenue gentille parce que présidée par un Noir voilà un autre fantasme. Obama a dû faire croire à sa différence, mais il n’y a qu’une politique étrangère américaine. L’autre jour, le ministre de la Défense, Hervé Morin, rencontrait son homologue saoudien. «Vous avez vu le discours d’Obama sur les relations entre les États-Unis et Israël ? » lui demandait celui-ci. C’était la réaffirmation de la diplomatie américaine de toujours : Israël restera l’allié privilégié. Et plus McCain aura attaqué son concurrent sur son inexpérience et sa faiblesse à l’égard de l’islamisme, plus Obama se livrera à de la surenchère en nationalisme américain. Il se retire d’Irak pour se renforcer en Afghanistan ? C’est exactement ce que Bush fait aujourd’hui. Mais si soeur Obama se déploie en Afghanistan, qui lui refusera les renforts qu’il demandera à ses alliés ? »
Le verni afro-américain d’Obama pourrait le faire accéder à la maison-Blanche, les sondages le prouvent, dans 24 heures, il pourrait être donné gagnant face à son adversaire républicain. À moins que… à moins que l’Amérique que nous vantent les médias hexagonaux ne soit pas la véritable Amérique, le pays réel américain. Ce pays légal tolérant, ouvert, cosmopolite et démocrate ne pourrait être qu’un effet d’optique que l’océan Atlantique projette aux yeux de nos concitoyens. Rappelons nous Bush face à Kerry, Bush face à Al Gore… l’Amérique devait triompher avec ces héros démocrates donnés archi favoris dans les sondages… le champagne attendait au frais dans les bureaux du Monde, de Libération et peut être même chez certains journalistes du Figaro qui sait… mais voilà l’Amérique n’est pas l’exemple que l’on veut nous montrer, Sarah Pallin colistière de Mc Cain en est l’exemple même. Du fin fond de l’Alaska elle n’a jamais lu un livre de sa vie depuis Tom Sawyer au CM2, elle pense pouvoir faire la guerre à la Russie et ne connaît pas les rouages de l’administration qu’elle entend diriger. Qu’importe, l’Amérique aime, l’Amérique est Sarah Pallin, cette « Hockey mom », fine cartouche chasseuse de Grizzli et prête à aller se battre en Russie alors que son fils s’embourbe en Irak.
Qui de l’Amérique comopolite dite "moderne" ou de l’Amérique profonde et insensée l'emportera demain ? Depuis plusieurs scrutins, l’Amérique profonde l’a emportée, elle pourrait renouveler sa performance demain à moins que cette fois ci la mutation que nous vendent nos journalistes n’ait enfin opéré…
3 novembre 2008
La débâcle du modèle social français, caractérisé par le centralisme et la bureaucratie les plus épaisses, la grande irresponsabilité qui en a résulté chez les salariés comme dans l’administration, et qui ont fait de l’abus et du gâchis une règle d’or, tout cela ne pouvait plus durer. La question était de savoir quelles mesures prendraient [...]
La débâcle du modèle social français, caractérisé par le centralisme et la bureaucratie les plus épaisses, la grande irresponsabilité qui en a résulté chez les salariés comme dans l’administration, et qui ont fait de l’abus et du gâchis une règle d’or, tout cela ne pouvait plus durer. La question était de savoir quelles mesures prendraient le gouvernement. Telle une épée de Damoclès, la réforme - suspendue à l’opportunité d’une crise économique - est tombée: nos députés ont adopté une disposition « permettant à tous les salariés de plus de 65 ans de poursuivre, s'ils le veulent, leur activité dans la limite de 5 années», c’est-à-dire jusqu’à 70 ans.
Or, là encore, comme pour l’ouverture le dimanche, l’esprit de la réforme n’a pas la noblesse qu’on lui prête: on donne un droit, on banalise la chose puis, une fois la société résolue, on fera du droit un devoir, de l’exception une règle, en un mot on imposera purement et simplement l’affaire.Ou bien plutôt, elle s’imposera d’elle-même. Les nécessités de la crise, la compétitivité des pays émergents, le manque de moyens poussent déjà nombre de compatriotes à réclamer, librement pensent-ils, ce non-droit, celui de ne plus avoir le temps de faire le vide, ou d’avoir une vie de famille, ou de penser: le totalitarisme pointe déjà.
Reinelde Maes