Pourquoi nous sommes définitivement contre les caméras de surveillance

19 novembre 2008 | 15 commentaires

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La prolifération des caméras dans nos villes, sous le fallacieux prétexte de surveillance et de protection des citoyens est un leurre. Non seulement, comme l’expérience de Londres le prouve, les caméras ne font pas baisser la criminalité (tout au plus augmentent-t-elles le taux de résolution des crimes et délits), mais elles tendent à accroître l’individualisme de la population : « Pourquoi réagirais-je si mon voisin est agressé ? La caméra l’a vu, et c’est maintenant le rôle de la police d’intervenir… ».

En se déchargeant ou en se faisant dépouiller de plus en plus de ses libertés par l’Etat, l’homme s’asservit, s’éloignant de plus en plus de son état physiologique, son essence même : son système « immunitaire » disparaît peu à peu le laissant sans défense lorsqu’il est seul. De fait, il devient dépendant d’une structure étatique, et seul et impuissant lorsque l’Etat n’est pas là.
L’Etat tel qu’il existe aujourd’hui est une tumeur étrangère au corps social. Les communautés naturelles sont des associations de personnes, plus ou moins consciemment consenties, pas des associations avec des institutions arbitraires, contre-natures et inhumaines.

La sécurité – si sécurité il y a besoin - doit d’abord se passer au niveau de l’entraide naturelle entre membres d’une même communauté – ne serait-ce que la communauté humaine - , par une philanthropie naturelle entre citoyens. L’individualisme contemporain rend les hommes lâches, jusqu’à rester spectateurs impuissants lors d’agressions spectaculaires (CPE, émeutes de banlieues), ou de viols en plein train ou pleine rue, dans l’indifférence générale. Quelle évolution de la société si lors des violences au moment des manifestations lycéennes ou du CPE par exemple, en pleine émeute, quelques dizaines de personnes s’étaient regroupées pour se défendre et défendre leurs camarades agressés ?

Lors des manifestations lycéennes de 2005, participant à la Coordination Autonome des Lycées, le simple fait de regrouper les quelques militants d’AF venus en curieux, et la mise en forme d’un carré relativement dissuasif quoique sommaire, permit de faire passer au large les hordes de casseurs, voir de sauver quelques lycéens de leur griffes. Les délinquants ne sont pas des courageux, le simple fait de se savoir face à des gens prêts à se défendre, ou à des communautés solidaires et fières, prêtent à se venir en aide en cas d’agression, sera plus dissuasif que toutes les caméras et les polices les mieux équipées du monde. Le salut et la paix civile sont dans la valorisation de l’homme, pas dans celle de la machine.

Adrien Charvet 

15 commentaires pour "Pourquoi nous sommes définitivement contre les caméras de surveillance"

  1. deker

    Le 19 novembre 2008 à 13:52

    Bel article! bravo!

  2. Pierre-Vincent

    Le 19 novembre 2008 à 14:39

    En somme: "face à la racaille tu n'es plus seul" :mrgreen:

  3. alex

    Le 19 novembre 2008 à 16:50

    La mise en place des caméras de surveillance est un leurre qui sert à montrer aux citoyens d'une ville que leur premier magistrat souhaite combattre l'insécurité. Ce n'est pas avec moins de liberté (car les caméras de surveillance font parties d'un processus qui vise à limiter les libertés) que le problème de la délinquance sera résolu ! Ce qu'il faut c'est une véritable politique répressive et dissuasive en totale rupture avec les idéologies bien-pensantes et droits de l'hommiste !

  4. K-doudal

    Le 20 novembre 2008 à 0:40

    Ce qu'il faut surtout c'est une rééducation à contre courant de l'éducation dite nationale qui pourri les jeunes plutôt qu'autre chose!

  5. OAF

    Le 20 novembre 2008 à 12:59

    Superbe! Bravo!

  6. Grégoire

    Le 20 novembre 2008 à 14:56

    Sur les chiffres et l'intérêt de la vidéosurveillance à court terme, l'article de Wikipedia se veut bien plus nuancé : en Suisse, dans les trains équipés, le vandalisme aurait diminué de 60 %. Les statistiques se prêtent parfois à des interprétations partiales, et je n'aurai pas la prétention de me lancer dans une bataille de chiffres sans rien connaître au sujet...

    L'argument de l'impact potentiel sur les mentalités m'a intéressé, mais le phénomène mériterait d'être évalué plus précisément ; peut-être des études ont-elles déjà tenté de le faire ?

    L'appel à la responsabilisation des citoyens est ambigu : peut-être repose-t-il sur une vision idéalisée de la nature humaine ; et surtout; il s'apparente à la volonté de constituer des milices civiles (exemple du carré d'AF), ce qui fait froid dans le dos.

  7. Charvet

    Le 20 novembre 2008 à 18:08

    Je ne pense pas que l'évolution des mentalités soient réellement quantifiables, sauf des années après son évolution, ce qui malheureusement risque d'être trop tard...En ce cas comme ailleurs, je pense que le principe de précaution devrait primer.

    Je crois justement avoir été clair dans mon article, parlant d'un état d'esprit général (qui existait, même sans idéaliser avant, on se faisait rarement rançonner en pleine rue passante, il y avait toujours, et il y a encore des gentilhommes pour s'interposer). Qand au "carré d'AF", je ne vois diantre pas de quoi vous voulez parler.

  8. Anastasia

    Le 20 novembre 2008 à 18:11

    bravoo ! trés bel article!

  9. Saucourt

    Le 21 novembre 2008 à 0:30

    Le "Carré d'AF "?
    J'ai raté un chapitre ?

    Cher Grégoire, qu'est ce qui vous fait peur dans l'idée que les citoyens assument eux-mêmes leur protection ?
    C'est une des libertés individuelles les plus basique:
    "Le droit de disposer de son corps et le droit de le défendre".
    Vous êtes contre les libertés individuelles ?

  10. Hébert

    Le 21 novembre 2008 à 13:38

    Je ne pense pas qu'il ait vraiment peur du fait que les citoyens assument leur propre défense en lui-même, mais plutôt de ce que cela implique, c'est-à-dire un constat d'échec de l'état protecteur ; constat qui est certes d'autant moins facile à admettre pour quelqu'un aujourd'hui lorsqu'il constate qu'il ne peut que difficilement avoir accès à l'éducation et aux soutiens humains nécessaires pour pouvoir se défendre sans l'état.

    En d'autres termes, les stratagèmes de la république fonctionnent plutôt bien, elle rend les citoyens réellement dépendants de l'état en les privant de la plupart des possibilités qu'ils auraient de se défendre sans lui. Et après on se demandera si un état qui a besoin de faire cela pour asseoir son autorité peut encore être légitime ou bénéfique !

    Pour ce qui est du carré d'AF, Grégoire a vu le passage : "le simple fait de regrouper les quelques militants d’AF venus en curieux, et la mise en forme d’un carré relativement dissuasif quoique sommaire, permit de faire passer au large les hordes de casseurs, voire de sauver quelques lycéens de leur griffes", et a cru lire dans ce récit particulier une volonté d'institutionnalisation du procédé à l'échelle nationale comme seule réponse à la délinquance, ce qui est certes une lecture un peu excessive et un raccourci un peu trop rapide. Bien évidemment, que répondre à la délinquance ne se fait pas seulement en formant des carrés... Régler le problème passera bien sûr par une action politique, judiciare et éducative. Mais on ne se privera pas de la solidarité des citoyens et on ne va pas se laisser marcher dessus en attendant, et il est important aussi que les gens apprennent à se soutenir mutuellement, à s'entraider et à vivre ensemble, MÊME lorsqu'il n'y a pas de problèmes soit dit en passant.

  11. Grégoire

    Le 21 novembre 2008 à 14:26

    Hébert a fait une lecture plus attentive de l'article que son propre auteur on dirait. ;) Je pense effectivement que certaines missions doivent demeurer du ressort exclusif de la puissance publique. Cela n'a rien d'incompatible avec l'appel à la responsabilité individuelle, que j'encourage également. En revanche, je m'inquiète à l'idée de voir les citoyens se constituer en groupes pour assurer leur propre sécurité : la "guerre civile" s'en trouverait autrement plus palpable qu'à travers les querelles de partis... Saucourt dénoncera sans doute une atteinte aux "libertés individuelles". Mais « la liberté du fou s'appelle folie, celle du sot, sottise, celle du bandit, banditisme, celle du traître, trahison, et' ainsi de suite ». Certains slogans seraient plus à leur place sur le site de la Ligue des droits de l'homme !!!

  12. Charvet

    Le 21 novembre 2008 à 17:10

    Il n'y avait en effet, aucune volonté d'institutionnalisation. Il n'est pas question de faire disparaitre la police (qui est si je ne me trompe un des pilliers du pouvoir regelien) mais d'arrêter l'attentisme face à l'état. La situation actuel sur la sécurité, n'est que la suite logique de la destruction par la république des corporations en 1792, et la politique 'd'éducation nationale" des 150 dernières années. La police est un garant de la paix civile, mais la gestion quotidienne de la cité doit être laissé au soins des citoyens de manière empirique et pragmatique (l'auto défense, se limite à réagir en cas d'agression effectuée sous nos yeux, pas à créer des milices et sillonner les rues comme des cows boys).

  13. Saucourt

    Le 22 novembre 2008 à 22:46

    "Certains slogans seraient plus à leur place sur le site de la Ligue des droits de l’homme !!! "

    Cher Grégoire, je ne cache pas ma sensibilité libertarienne et estime qu'elle n'est en rien un monopole de la LDH et des démocrasseux.
    C'est d'ailleurs parce que je suis libertarien que je suis nationaliste.
    C'est parce que je suis nationaliste que je suis royaliste.

    D'autre part, j'estime que la "guerre civile" est un phénomène sain.
    Je suis attaché à la constitution des hommes en communauté de destin.
    Plutôt que de couver le ressentiment, d'entraver et brimer les envies d'en découdre entre deux communautés qui ne se sentent plus; j'estime qu'il est plus sain que, dès le premier différent, on les laisse "en venir aux mains".
    Après quelques hématomes, se rendront-elles compte que le différent n'est pas si grave.
    Sinon, le conflit se radicalise, les rancoeurs se font plus vives et lorsque ca pète -parce que ça pète toujours- les passions de haine sont déchainées et l'horreur est totale...

  14. Pierre-Vincent

    Le 23 novembre 2008 à 14:25

    Quelles sont donc les communautés qui devraient "en venir aux mains" aujourd'hui en France ? :D

  15. Saucourt

    Le 24 novembre 2008 à 0:31

    Cher PV, tu connais la réponse bien mieux que moi... 8)